‹ Les caisses d'épargne de la Suisse considérées en ellesmêmes et comparées avee celles d'autres pays...Ouvrage présenté à la Société Suisse d'Utilité Publique, siégeant à Genève le zo aoùt 1837Chapitre 21 sur 37 · Nombre des créanciers · texte numérisé non relu

Nombre des créanciers

Lé nombre des ovéànciers ou déposants aux Caisses d'épargne est le meilleur moyen d'apprécier la ma*

nière dont chaque population profite de I^nstitetion. En effet, le procédé ordinaire d^estiiner d'après les sommes déposées a le grand inconvénient de dépendre beaucoup des statuts de chaque Caisse, qui fixent ou ne fixent pas des limites aux dép6ls de chaque in* dividu.

On doit observer, en outre, que la même somme n'a pas la même valeur partout : un louis économisé dans le canton des Grisons , à Uri , à Fraunfeld, n'a pas la même valeur qu'à Genève ou à Mie. Il supposé plus de zèle pour l'économie et pkis de travail. La même chose peut s'appliquer aux comparaisons entre la France et l'Angleterre. Je me suis donc attaché le plus possible au nombre des déposants et à son rapport 9vec la population de chaque pays.

Malheureusement le nombre des créanciers n'a pas été recueilli, en S^uisse, pour les époques antérieures, avec tout le soin qu'il mérite , et à présent, il est bien difficile de suppléer aux lacunes. M. Bemouilli a donné ce chiOte pour quelques cantons , à la fin de 1825. On voit par ta comparaison avec 1835, que le nombre a un peu plus que doublé en dix ans.

A la fin de 1835, on trouvait dans tpute la Confédération 60,028 déposants aux Caisses d'épargne , ce qui donne la proportion d'un déposant sur 36 habitants.

Le tableau N"" 3 présmte les caniens ayant des Caisses d'épargne , arrangés d-après le nombre proportionnel des déposants, à la fin de 1835. Si on TétiKiie avec soin, on remarquera Pinfinence de divers élém«itSi

l"" L^occnpatîon agricole ou industrielle de la majorité des habitants. Les cantons où les populations urbaines et industrielles dominent sont en tête du ta* bleau : Genève, Bàle-Vitle. Viennent ensuite Neucbâtel, Zurich , Appenzell ( £xtér. ), Claris, où Hndostrie occupe aussi une grande partie, à peu près la moitié, des habitants. Berne, Argovie, Schaffouse , sont dana la moyenne de Péchelle. Yaud , dont h population est prospère, intelligente^ se trouve assez au-dessous de la moyenne, évidemment à cause de la prédominence des habitudes rurales. La richesse la plus désTréey est encore de posséder un petit tertain, dAtron quelquefois emprunter pour Tacheter, ou pla« cer son capital à un intérêt minin^e. Les cantons du bas de TécheHe sont tous agricoles. En général c^est dans^ les villes et les districts industriels que , dans diaque canton, les Caisses d%>argne ont commencée Les exceptions tiennent à la présente fortuite de quelque pMIsoitrope zé|édans une ooffiftstane toute m^ raie. Dans le canton de Yaud, par exemple, la commune du Chenit a éié la seconde à posséder une Caisse d'é-

pargne* Daos le canioo deBeme, Sumiswald, etdàas celui d^Argpvie quelques villages ^ peuveut aussi élre sigialjis comme axce(Hicm$i.

2^ La* proximité dte Caisses d^épargae, es d'autres termes 9 leur dispersion à la surface de cfaftque caoton, a aussi iaBoé &ur leurs progrès. 0^ peut dire, il est vrai, que les Caisses d'épargne ite se soQt multipliées qu^ dans les caotons où Tesprît leur était favorable. C'est à la fois une cause et un effet. Neuchàtel, Claris, Tburgovie, doivent use partie de leurs succès à rétablissement de leurs bureaux de recette dans chaque commune. Appenzeil ( Extér. ) avec ses huit Caisses d'épargne pour 41,000 âmes, ArgovÎQ avec ses vingi-^ix Caisses différentes , ont.oovert de grandes facilités à leurs ressortissants. Saint^Gall, Fribourg, Soleure et Lucern^, sont restés en «arrière, prineipalement à cause du petii. nombre 4e points où les écoûOD|ies peuvent .^re apportées sans perie de temps.

S*" U semblerait que la r^igjqn dooiiu^mte ar aussi ioflaé swr le succès des Caisses d'épargne» Elles sont nées dans les villes protestantes et ellçs y prospèrent de plus en phis. Les sept cantons en léie du ^tableau sout exclusivement ou principalement protestants. Lorsqu'ils sont mixtes, l'impulsion est partie des districts prolestants. Soleure. Fribourg et Schwytz sont

au bas de Fécheile 9 parmi les cantons qui ont des Caisses d'épargoe. Omx qai s'en avaient pas encore en 1835 , sont tons exclusivemeni catholiques. Il est vrai de dire que lès cantons catholiques sobt principalement s^lcoles, en sorte que deux causes c^mbi-^ nées ont peut-être agi sur eux. Pour apprécier Pinflnence du clergé protestant en faveur des Caisses d^épargne , il faut la voir de près dans chaqne coromune ei examiner dans les cantons mixtes quels sont les ecclésiastiques les plus zélés pour Fextension de ce genre d'institution. Il faut aussi comparer deux cantons également industriels bu agricoles , également rebelles ou favorables à la culture, également menacés ou exempts dlnondations et d^aotres fléaux, ayant enfin une organisation politique analogue ; mais l^tn catholique, l'autre plus ou moins protestant : le Valais, par exemple, et les Grisons, Soleurë et Vàud , Tessin ou Thurgovie et Argovie. On voit alors une différence qu*îi est impossible de nier. Je ne remonte pas à dès causes historiques eu théologiques pourTexplIquer; cela m'entraînerait trop loiudemon sujet. D'ailleurs, il faut espérer que le bon esprit des populations catholiques et l'exemple de Rome , qui vient d'ouvrir une Caisse d'épargne, feront disparaître peu à peij^ ces différences.

»4 3. Smmes placées.

Les sommes placées dans leç Caisses, d'épargne de la Suisse à la fia de 1825 s'élevaiem, ea complétaDi le lableau de M, Beraoulli, h 4^524^386 liv. deSuisse« A la fin de 1835 je les trouve plu» que doublées. Elles montent à 11,513,712 liv. de Suisse. L'aecroissemeot s^ été = 100 : 254. Peut être doit-on Testimer un peu moindre à cause de quelques omissions dans le tableaa de 1 825, mais il ne doit pas être inférieur à 230 pour 100. Il est plus fort que l'accroissement des eréanciers, et cela doit être, puisque tes mêmes individus continuent à placer jusqu'à ce qu'ils aient atteint le maximum, dans les Caisses où il y a une limite, et indéfittinient dans les autres.

L'accroissement a été plus rapide au milieu, des populations ou les Caisses d'épurgne sont nouvelles. Ailleurs cependant on ne peut l'attribuer qu'à une augmentation de prévoyance ou d'aisauce.

Les cantons qui avaient des Caisses d'épargne en 1825 et oii l'acçroissenient a été le plus fort depuis dix ans, sont:

Lucerne^ou la Caisse d'épargne, qui date de 1819, a augmenté = 100 : 931.

Grisons, où lu Caisse, fondée en 1808, a été long-

tempsilaiigaissaiite ela augineRté brusquement = 100 : 711-

Argovie^ où plusieurs Caisses se sont formées,

Schwytz =100 : 500.

Soleure = 100 : 445.

Thurgovie= 100 ; 425.

Les cantons le plus stationnaires ont été : Saint-Gail (100 : 150), h cause de la non réussite d'une Caisse administrée par un simple particulier, et du petit nombre des Caisses d^épargne qui existent pour un canton aussi vaste.

Bàle-Yille (100 : 171), à cause de Tancienneté des Caisses d'épargne.

Zurich (100 ; 171 ), par le même imoilf à l'égard de la ville , et parce qiie beaucoup de communes rurales manquent encore de Caisses d^épargne.

Les autres cantons sont dans la moyenne.

En divisant la population de la Suisse par le chiffre des dépôts aux Caisses d'épargne, on trouve :

En 1825. . . . LS. 2 29 r. par tête.

' En 1835. ... — 5 28 —

Mais il convient de distinguer les cantons, puisque, d'après l'organisation de la Suisse, aucun d'eux ne peut influer dans l'intérieur des autres cantons, si ce n^est par l'exemple qu'il donne. En comparant les sommes

Digiti

h la population, on arrive à peu près aux mémos ré> sultats que par la proportion des créanciers. Somme placée par habitant :

Genève. , • . . LS. 28 1 rapp.

Bâle-Ville. ... — 25 62 —

Ainsi Genève remporte sur Baie-Ville^ par la somme, tandis que tous deux ont 1 créancier sur 8 habitants.

Neuçhâtel se rapproche d'eux par la somme (18 lîv. 6 r.) plus que par le nombre des créanciers (V»?)? à cause peut-être de la circonstance qu'il n'a point de maximum bien rigoureux .pour les sommes déposées.

Au-dessous d'eux, ou tombe au tiers, de cette

somme^ savoir : à Zurich L& 6 37 r.

Berne. . . . • — 5 35 r.

Glarîs est beaucoup plus bas sur celte échelle que sur celle des déposants. La valeur moyenne de chaque dépdi n'esl que de il I. et pour la sonune par habitant (1 1. 29 r.)^ ce canton se trouve rayant-dernier de ceux qui ont des Caisses d'épargofe, quoique le sixième d'après Féchelle des déposants. On doit l'attribuer à ce que la principale de ces Caisses venait de s'établir en 1Ç35, en sorte que les dépôts n'avaient pas encore eu le temps de grossir.

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