‹ Les caisses d'épargne de la Suisse considérées en ellesmêmes et comparées avee celles d'autres pays...Ouvrage présenté à la Société Suisse d'Utilité Publique, siégeant à Genève le zo aoùt 1837Chapitre 3 sur 37 · BERNE · texte numérisé non relu

BERNE

XatOàsse^iltdesdomestigues fut organisée en 1787, par Tancien gouvernement bernois, el garantie par lui au moyen d*une avance de 40^000 livres sans intérêts, pour un temps indéterminé. Il faut remarquer dans cette création , non-seulement Fépoque, mais encore )e soin avec lequel Tautorité souveraine assurait une bonne administration. Le règlement fut sanctionné par le Grand Conseil. Il instituait une direction dé trois membres nommés par le gouvernement et un admi-

nisirateur comptable. Grêlait au collège des Banneteis que les comptes annuels deyaîenl éire rendus ; plus tard 9 ce fut à la chambre administrative cantonale ; ensuite au conseil des finances. La somme avancée d^abord devint insuffisante, de 1799 à 1802, à cause des malheurs de Tépoque. On eut beaucoup de peine à faire rentrer des fonds pour solder des remboursements considérables. UÉiat continua des avances qui montèrent jusqu^à 75,000 livres de Suisse (*). Plus tard la Caisse lai en paya 3 pour 100 d'intérêts et elle finit par se libérer en 1828.

Dans Torigine, les dépôts devaient être de 50 livres au moins ex 750 au plus ; mais on réduisit successivemem le maxinmm à 150 livres par versement. L'intérêt a toujours été de 3 et demi.

On avait en en vue le bien de la classe des domestiques, celle de toutes à qui Tinsiilution des Caisses d'épargne convient le mieux. Graduellement d'autres personnes, et surtout des gens qui avaient été une fois domestiques, s'étaient mis à ep profiter sans que Tadministratiofl s'y oppqsât. Le montant de leurs dépôts s'élevait, en 1829, à 120,370 livres suisses ; celui des dépôts opérés. par les domestiques, à 417,480 li-

(I) La Lîvtc ^e Suisse dont il eii sôuVênt ^ettMtt dai» tt tiavjiU vaut %|>prouiii«ti?ment i 1;2 fcapc de France , «sactement 1 fr. 45 c. Elle se divise en 10 batzen et chaque batz eh 10 ràpptn.

Très suisses, apparieftanl à 856 individus diffé* renis.

Un règlement du 15 mai 1829, mis en vigueur le l**' mars 1830, limite cette Caisse aux domestiques de la ville , à ceux des bourgeois de Berne établis hors de la ville et à ceux des préfets et des pasteurs du canton. Les Caisses d^épargne instituées récemment à Berne auraient suffi aux domestiques , mais on a reconnu chez eux une préférence pour Tancienne Caisse qui leur était destinée, et on Ta conservée, très-sagement, afin de ne pas interrompre chez eux de bonnes habitudes d^économie. Les individus qui cessent d^étre domestiques conservent ce quMls ont déposé , mais ne peuvent plus Taugmenter. L'intérêt est toujours de 3 et demi. Les versements et remboursements ne peuvent avoir lieu que du 1^ au Ï5 mars. On ne reçoit pas de premier versement au-dessous de 40 L. S. , ni de versements subséquents au-dessous de 20 livres. Le maximum de chaque versement est de 200 livres ; le maximum absolu de 3000 livres.

Avant de terminer ce qui concerne la plus ancienne Caisse J'épargne de la Suisse , et Pnne des premières de l'Europe , je dois exprimer le regret que le fonda* leur soit demeuré inconnu. Certes, si des citoyens méritent la reconnaissance publique, s'ils doriiveni être honorés par des monuments et des statues, ce

soot ceux qui ont im^iué les premières Caisses d*épargne, et qui ont été assez beureux pour réussir. On ne peut se défendre aussi de payer un tribut d'admiration aux gouTernements qui , dans le siècle dernier, ont été assez supérieurs à leur époque pour créer et doter de pareilles institutions.

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