INTRODUCTION XI
lesse d'hommes usés au service du patron, dussent retomber à la charge de ce dernier. Ajoutons que le patron put voir en la lutte des classes un réel danger, et dut se garder de l'envenimer par son indifférence. Devant le désaccord évident, l'antagonisme redoutable qui troublent les relations du patron et de l'ouvrier, plus d'un pensa avec Le Play que « les institutions patronales sont un des meilleurs moyens de rétablir l'harmonie sociale ». |
Cette sollicitude envers l'ouvrier, cet intérêt que lui porta le patron, cet efjort pour l'amélioration de sa situation, cet essai de lui être utile constituèrent le Patronage.
Le patronage ainsi conçu s'était d'ailleurs réalisé par étapes successives, les patrons s'étant de bonne heure rendu compte de la nécessité de leur action. Au lendemain de la Révolution, en effet, malgré le changement de régime, les maîtres durent continuer en partie leur œuvre protectrice envers l'ouvrier libre et qui venait d'être proclamé leur égal. — Une image du patronage, tel qu'il fut un peu plus tard, nous est fournie par Le Play : « Les patrons placés dans d'heureuses conditions de stabilité se croyaient obligés de maintenir eux-mêmes leurs ouvriers dans un certain état de sécurité et de bienêtre déterminé par la coutume. Ils ne concevaient pas en général qu'il leur fût permis de faire dépendre exclusivement du salaire accordé au chef de famille l'existence