‹ Les Caisses de Secours & de Retraites: Des Ouvriers MineursChapitre 9 sur 85 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

L'obligation de l'assurance, dirent les collectivistes, réclame sa gratuité. Rendre l'assurance à la fois obligatoire et gratuite, ce fut donc là un second moyen d'intervention qu'on réclama de l'État. Mais comment pourvoir ä une charge aussi colossale ? Ce projet était irréalisable — dangereux même, pourrions-nous ajouter, — car il aurait pour effet immédiat de désintéresser la majorité de la population du souci de la prévoyance et de la responsabilité.

L'État se contenta donc de faciliter l'assurance, de lui permettre de se faire dans les meilleures conditions possibles. Il soûlagea ainsi en partie la classe ouvrière en augmentant un peu sa charge propre. Là s'est bornée son action.

Ce que l'ouvrier ni l'État ne pouvaient faire d'une façon pratique et efficace, une troisième personne l'entreprit : ce fut le patron. S’apercevant que l'ouvrier seul et l'État sont impuissants, il comprit son devoir d'intervention et se servit en faveur du travailleur de l'instruction et des ressources dont il avait le privilège. Il veilla aux habitations ouvrières et à l'instruction des enfants, fonda des crèches, des salles d'asile et des orphelinats, ouvrit des caisses d'assurances et de retraites afin de secourir la maladie et la vieillesse; de son plein gré, il alimenta en grande partie ces fondations diverses.

A côté de cette initiative généreuse se plaça sans doute une considération de simple justice. Il sembla équitable que les risques des accidents professionnels et de la vieil-

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