IV INTRODUCTION
quotidien, parfois exploité, fréquemment malheureux, l'ouvrier ne peut que ployer sous la dure servitude de la misère s'il reste isolé et sans protection. Notre siècle a eu conscience de cet état et s’est efforcé de restituer au travailleur les garanties anciennes que la Révolution lui avait enlevées en proclamant son indépendance.
A l'époque déjà si ancienne de l'organisation corporative, l'ouvrier, en effet, était très fréquemment heureux et dans un état d'aisance relative qui le rendait satisfait de son sort. — De nombreuses obligations envers leurs inférieurs avaient été léguées par la coutume, plus forte que la loi, à la catégorie privilégiée des hommes qui possédaient le droit d'exercer une profession. Les ouvriers étaient logés et nourris soigneusement par leurs maîtres, qui se considéraient comme tenus de leur garantir une bonne existence matérielle. La sollicitude bienveillante du patron ne considérait pas la justice comme satisfaite dès qu'il avait strictement payé le salaire établi. Si, par malheur, une maladie survenait, on pouvait recourir à la « boîte », « l'aumône », attenant à chaque métier alimentée de divers moyens. Cette caisse de secours primitive était destinée aux malades, aux victimes d'accidents, à l'entretien des veuves, des vieillards, des orphelins, des pauvres de la Communauté.
A côté de ces secours, dont la certitude était pour l'ouvrier une source de grande sécurité, il y avait dans sa vie moins de travail et plus de loisirs que n'en présente celle de notre ouvrier; le dimanche était respecté, il existait
PR AN Et, t