‹ Les Caisses de Secours & de Retraites: Des Ouvriers MineursChapitre 4 sur 85 · INTRODUCTION M · texte numérisé non relu

INTRODUCTION M

de nombreux jours de fête, — trop nombreux, au dire du savetier de La Fontaine :

« Le mal est que dans l'an s’entremélent des jours « Qu'il faut chômer, on nous ruine en fétes, « L’une fait tort à l'autre, et Monsieur le curé « De quelque nouveau saint charge toujours son prône ; »

le travail était réglé suivant les saisons, et celui de la nuit était interdit. Ajoutons à cet heureux état de choses que les employés ne pouvaient être congédiés au gré du patron ni s'en aller à leur fantaisie, et que les pères étaient heureux d'assurer à leurs fils une place qui les avait fait vivre, lorsque ceux-ci avaient été pourvus par les soins de la communauté d'une instruction professionnelle suffisante.

Enfin, et c'est là un point essentiel, le maître, sans cesse en rapport avec son ouvrier, n'oubliait pas l'existence des besoins moraux et spirituels de ce dernier et cherchait à les satisfaire. I existait entre le maître et son « compagnon » : ce terme en est l'image : — des obligations réciproques, des rapports de vie commune et d'aide mutuelle. D'ailleurs, le compagnon d'aujourd'hui pouvait aspirer à devenir le maître de demain. Il n'y avait pas en présence deux classes sociales dressées l'une contre l'autre en perpétuel conflit, ne voulant pas comprendre combien elles sont nécessaires l'une à l'autre ; mais « deux étapes successives de l'existence professionnelle ».

L'ouvrier des corporations était donc infiniment plus heureux que l’ouvrier actuel. Malheureusement, il ren

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