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avantages purement gratuits ; or, tel n'est pas le cas pour les avantages que la Caisse est destinée à procurer aux ouvriers ou à leurs familles : les prélèvements sur. leurs gains journaliers représentent les sacrifices que les mineurs s'imposent pour recevoir des secours ; dans la fixation du salaire, le travailleur considère, sans doute, surtout ce qu'il reçoit réellement, mais le mot retenue, seul, exprime clairement qu'il y a abandon de la part de celui à qui le salaire est dû et non de la part de la Compagnie, qui le doit. La Cour de cassation a pleinement confirmé cette manière de voir par arrêt du 18 juin 1872.
Au point de vue pratique, si, dans les institutions auxquelles participe le personnel, on trouve qu'il y a peu de place pour la prévoyance de l’ouvrier, il faut reconnaître que dans le système inverse cette prévoyance est entièrement exclue !. Dans le premier cas, elle ne se développe, peut-être, pas dans toute son ampleur ; mais, dans le second, elle est complètement étouffée. — L'ouvrier n'apprécie peut-être que le
1 Cela est si vrai qu’à Anzin, où depuis longtemps la Compagnie s’est chargée largement des secours et retraites, pour éviter que le sentiment de prévoyance des ouvriers ne vienne à être émoussé par un patronage aussi généreux, la Compagnie a employé trois moyens qui mettent en jeu l'effort individuel : 1° Elle encourage la fondation de Sociétés de secours mutuels. — 2° Elle a institué, pour ses ouvriers, une caisse de dépôt des économies à 5 0/0 et elle sollicite par des primes les dépôts à cette caisse d’épargne spéciale. — 3° Enfin, elle facilite à l'ouvrier l’acquisition de sa propre maison.
salaire qui lui est remis en mains ; mais il sait fort bien s’il est censé fournir sa part à la Caisse de secours ou non.
Il ne va pas au fond des choses, n’analyse pas les rouages des systèmes et il se rend parfaitement compte si l'institution existe par lui ou hors de lui.
Apparence, soit! mais apparence qui suffit et qui est tout dans l'espèce. °
Fiction, peut-être! mais fiction, qu'à tout prix, il faut conserver.
Pour être purement formelle, la prévoyance ne s’en trouve pas moins ici et c’est là l'essentiel. Or, il y a un abîme entre la prévoyance et la bienfaisance; il y va de la dignité même de l'homme.
Secouru par une Caisse qu'il n’alimente pas, même nominalement, l’ouvrier souffrant ne reçoit plus un salaire, le salaire des jours d’infortune ; mais véritablement une aumône. L'argent qu'on lui remet, il ne l’a pas gagné, il ne le mérite pas.
De ce droit à indemnité que la jurisprudence a si justement reconnu, il n’est plus question en pratique : tout ce qu'on donne, pure faveur, pure charité 1.
1 Ce que nous disons s'applique de toute évidence et dans toute la force du terme, lorsque les avantages faits par l'exploitant à l’ouvrier sont de pures libéralités ; en ce sens qu’ils ne résultent d'aucune convention, d'aucun engagement, d’aucune promesse intervenue entre eux.
Notre pensée va plus loin : nous ne méconnaissons certainement pas que si, au moment où le contrat de louage s’est formé, l’état de choses
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Le blessé, le malade, la veuve ne peuvent plus aller au-devant du secours; ils doivent attendre que le secours vienne à eux. Si l'attente est trop longue, le besoin trop pressant, il faut frapper, comme en mendiant, à la porte de la Caisse. Que la charité tende la main à ceux que la misère terrasse, que l'assistance: offre son généreux concours à l'homme dénué d'ouvrage et de ressources, quoi de plus juste, de plus naturel ? Mais, pour entrer dans la maison du travailleur, un instant arrêté par la maladie, ou de la veuve, dont le mari gagnait chaque jour le pain quotidien, l’aide doit se présenter autrement. € Il ne faut pas, dit Jules Simon, parler d’orgueil déplacé; l’ouvrier, qui vit de son travail, sans rien devoir à personne, et qui élève honorablement sa famille à la sueur de son front, éprouve au fond de son cœur une fierté légitime, à laquelle tout honnête homme doit rendre hommage. En recevant un secours purement gratuit, il est impossible qu’il ne reste pas diminué à ses propres yeux. Qui sait s’il ne s’y accoutumera pas plus tard. » La charité même a ses bornes ; «l'assistance doit être maniée avec prudence et discrétion, sous peine d'aller contre son
a été communiqué à l’ouvrier, sous forme de statuts, par exemple, il y ait un contrat accessoire qui s’est formé avec toutes ses conséquences. Mais nous nous plaçons au point de vue pratique, et à ce point de vue nous estimons que la dignité et la fierté ne sont pas suffisamment respectées.
1 Jules Simon, L’Assistance et les institutions de prévoyance [Revue des Deux-Mondes, 17 mars 1861).