‹ Les Caisses de Secours & de Retraites: Des Ouvriers MineursChapitre 5 sur 85 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

fut pas toujours ainsi. À la fin du moyen-âge, le commerce prenant un développement considérable, les petits maîtres d'autrefois ne sont plus assez riches pour suffire aux nouvelles exigences; ils sont remplacés par de riches chefs d'industrie ; les compagnons ne peuvent plus aspirer à la maîtrise, et sentant le besoin de se soutenir, ils inaugurent, sous le nom de Compagnonnages, les premières associations d'ouvriers.

Loin de nous est assurément le regret du passé. On sait combien les corporations nuisaient au développement de l'industrie en prohibant la concurrence ; leurs prescriptions, souvent des plus anti-économiques, et le monopole de chaque corporation étaient évidemment contraires à l'intérêt du public consommateur. Les restrictions et réglementations du régime corporatif devaient être supprimées dans l'intérêt même de tous. Ce fut véritablement la liberté complète du travail que réalisèrent en partie les édits de Turgot et surtout ceux de la Révolution. La loi du 17 mars 1791 décréta la liberté du travail en « conférant à tout Français le droit d'exercer toute industrie, sous la condition de payer une patente ». La loi du 1% juin 1791 prohiba toute association formée d'individus de la même profession.

Le commerce et l'industrie prirent alors un nouvel essor, et chacun put admirer les résultats de cette œuvre de liberté. — Mais attachons-nous à l'ouvrier, centre de nos préoccupations. Que devint-il sous ce nouveau

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