INTRODUCTION VII
régime? Il est libre en effet, libre de débattre le prix de son travail, libre de le refuser, libre de s'en aller où et quand bon lui semble. L'ouvrier change de type et devient le « salarié » qui cherche à vendre son travail aussi cher que possible et qui souvent ne parvient à l'engager qu'à vil prix. Les salariés, écrasés dans le contrat de louage d'ouvrage, isolés, désorganisés par cette Révolution qui avait fait de la « poussière d'hommes », ne tardèrent pas à reconnaître les désavantages du nouveau régime ; ils les reconnurent parce qu'ils en souffrirent. Plus d'un peut-être regretta l'ancien en se voyant dans la nécessité de supporter lui-même, sans pouvoir y parvenir, les risques que couvrait le maître d'autrefois : la corporation le liait sans doute, mais elle le protégeait ; aux heures difficiles l'ouvrier pensa que la sécurité passée valait bien quelque sacrifice. Malade, il songe en vain à la « boîte de secours » qui lui assurait l'assistance médicale ainsi que les remèdes; ou si, bien portant luimême, la maladie atteint sa femme ou ses enfants, à regrette davantage encore l'assistance d'autrefois. Et les accidents auxquels est exposé le travailleur, le régime nouveau n'y à pas songé; autrefois l'invalide était certain du secours du patron; aujourd hui il est abandonné. Même à l'heure si triste de la vieillesse, après avoir donné toute sa pénible vie, lorsque ses forces font défaut, aucune organisation ne lui vient en aide : il tombe à la charge de ses enfants comme ses parents âgés ont été à la sienne. Que devenir? L' « aumône » autrefois veillait à tous les