VIII INTRODUCTION
besoins! Et si lui-même vient à manquer, rien ne remplacera l'ancienne organisation protectrice des orphelins ; son fils, plus tard, connaîtra la même lutte cruelle. Il est libre, dites-vous, indépendant? Peut-être préférerait-il être plus enchaîné et savoir que son fils trouvera un jour un travail certain et un pain assuré.
Maladie, accidents, invalidité, vieillesse, mort: ce sont là autant de terribles risques dont, au lendemain de la Révolution, l'ouvrier fut seul à supporter l'atteinte et sous le poids desquels il ne put que succomber : son salaire trop modique ne pouvant faire face à des charges imprévues. Il se forma alors une classe d'hommes sans protection, lassés, aigris par la souffrance et qui s'appela elle-même le « Quatrième État », se demandant souvent la veille ce qu'elle deviendrait le lendemain.
L'ouvrier ainsi éprouvé, souffrant, victime, cherchant un remède à ses maux, par un acte louable d'initiative individuelle, essaie de se garantir de ses nombreux risques par l'épargne. Mais l'épargne du pauvre, que pouvait-elle, insuffisante et presque irréalisable, devant de si rudes ennemis? D'ailleurs les sommes dont l’ouvrier dispose ne sont-elles pas trop minimes pour qu'il persévère à les capitaliser ? — I fit alors un effort collectif, mais à peine parvint-il à se garantir en partie de la maladie par des sociétés de secours mutuels.
Faible et ignorant, ne sachant pas économiser et prévoir l'avenir, il échoua généralement dans ses tentatives,
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