TOM CE
remplacera par un ouvrier qui n’exigera qu’un versement de 2 0/0 de son salaire sur son livret individuel.
Mais jadis le résultat eût été encore plus profitable, puisqu'on remplaçait le vieil ouvrier renvoyé opportunément par un ouvrier qui n’entraiînait à aucune charge actuelle et auquel onse bornait à faire, pour l'avenir, une promesse dont on pouvait se décharger à temps par le même et commode moyen.
Ces pratiques ne se sont jamais établies dans les mines, non pas seulement par des raisons de morale et d'équité auxquelles il ne faut pas croire que les exploitants de mines soient plus insensibles que toutes les autres personnes, mais aussi par des raisons d'intérêt que d’aucuns peuvent croire plus déterminantes. L'exploitant de mines a généralement beaucoup de peine à recruter le personnel toujours croissant dont il a besoin. Aussi ne le renvoie-t-il pas systématiquement pour éviter de payer une retraite.
Il n’a pas été non plus possible d'établir, par l'étude de la mobilité comparée, que des déplacements anormaux se soient produits par les différences de charges ou d'avantages entre concessions voisines. Le rapprochement des mobilités d'entreprises contiguës montre au contraire, de la façon la plus topique, que les différences entre ces charges et avantages accessoires ne jouent absolument aucun rôle dans la mobilité des ouvriers.
On ne saurait en trouver un exemple plus frappant
que celui fourni par les mines du Creusot, en Saône-et- Loire. — L'exploitant y a assumé toutes les charges de maladies, d'accidents et de versements sur les livrets individuels, sans qu’il soit exercé aucune retenue de ce chef sur les salaires, tandis que dans les mines voisines les retenues, variables suivant les entreprises, s'élèvent jusqu'à 5 0/0 ; de plus, les avantages faits aux ouvriers malades et retraités du Creusot sont supérieurs à ceux d’autres entreprises de la région, et cependant il ressort de la statistique des mouvements que les mines du Creusot sont les exploitations de Saône-et-Loire où la mobilité est la plus forte. — De même, dans le département de la Loire, où les retenues sur les salaires varient de 1 0/0 à 5 1/2 0/0 suivant les Compagnies, il ressort aussi des statistiques que ces différences ne constituent pas une cause d’émigration spéciale ; et, en effet, il existe entre les mines d'une même région, pour des causes variables, des différences entre les salaires nets qui sont bien plus sensibles, sans parler des multiples autres causes qui déterminent les déplacements d'ouvriers.