‹ Les Calculs de l'urètre chez l'enfantChapitre 21 sur 29 · PAS · texte numérisé non relu

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Lautman classe ainsi les procédés utilisés chez le nourrisson en dehors de l’urographie intraveineuse dans le sinus longitudinal par substances opaques :

1) Ingestion. — Swick, de New-York, fait ingérer un biberon de 20 cc. d’Urosélectan dans du sirop de sucre et fait prendre le cliché à la 15° minute;

. 2) Lavement. — Carigiani, de Vienne, recommande à ce sujet la formule suivante:

ADO EME RATE Ne 20: cc:

Hauvdistiléen re MP RER OCT:

Tétnture d'ODIMANT ER six gouttes

3) Injections sous-cutanées, mais elles sont douloureuses et donnent de mauvais résultats.

D. — DrAGNoSTIC DIFFÉRENTIEL

Nous envisagerons ici successivement les affections extra-urinaires et celles des voies urinaires. À. — Affections extra-urinaires Lithase et Appendicite :

Ce diagnostic est souvent difficile, dans le cas d’un calcul urétéral se manifestant par un point douloureux au point de Mac Burney, ou également si l’uretère est comprimé à ce niveau dans une gangue de péri-appendicite.

D’après P. Delbet, dans la colique néphrétique les vomissements surviennent d’emblée en même temps que

s Q p 4 ?e toit : les douleurs. Dans l’appendicite, au contraire, les vo-

missements n’apparaissent que deux à trois heüres après la douleur. De plus, la colique néphrétique est apyrétique. En tous cas, on recherchera avec soin l’hématurie microscopique :

— Occlusion intestinale: on observe assez fréquemment dans la lithiase urétérale du ballonement et l’arrêt des matières et des gaz.

— Colique hépatique, rare chez l’enfant.

— Entérocolite.

— Invagination intestinale du nourrisson: mais ici, en plus des cris et douleurs, on constate l’émission de sang par l’anus. Diagnostic radiologique par lavement opaque.

Mal de Pott lombaire au début: douleurs sourdes, diagnostic par radiographie.

— Lumbago.

B. — Affections des voies urinaires

— Crise d’'hydronéphrose ou de rétention rénale au cours des pyélonéphrites ou de la tuberculose rénale: à la palpation on sent un gros rein.

— Néphrite hématurique: à l’examen microscopique on trouve, en plus de globules rouges et de globules de pus, des cylindres dont la présence à elle seule est la signature d’un processus de néphrite. Egalement la néphrite rhino-pharyngée.

— Tuberculose rénale: recherche du bacille de Koch dans les urines ; inoculation au cobaye. Cystite bacillaire rare chez l’enfant.

— Cancer du rein: tumeur rénale, assez volumineuseé, indolore et surtout varicocèle symptomatique. — Lithiase rénale ou vésicale.

— Obstruction urétérale par caillot sanguin, pagillome, vésicule hydatique.

— Douleur croisée: dans certains cas, en effet, le petit malade accuse des douleurs unilatérales correspondant à un uretère sain, alors que c’est l’uretère opposé qui est calculeux. L’anesthésie des splanchniques interrompant l’arc réflexe permet d’éviter cette cause d’erreur.

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Évolution et Pronostic

Le calcul formé par le rein et engagé dans l’uretère peut avoir diverses fins. Petit, il peut être expulsé spontanément au cours d’une crise de coliques néphrétiaues ; on à vu des enfants rendre pendañht des années du sable à l’occasion d’une fatigue, jusqu’au jour où, par migration d’un gravier plus important, une crise de colique néphrétique se déclanche. Dans le service de M. le Professeur André, à Nancy, une fillette de neuf ans a éliminé spontanément un calcul de la grosseur d’une noïsette.

Plus gros, il s’enclave dans l’uretère, où sa présence est néfaste et dangereuse pour le rein correspondant, car 1 va s’accroître jusqu’au jour où 1l déclanchera des accidents graves qui, si l’on attend trop, pourront aller jusqu’à la destruction complète du rein.

Tout calcul arrêté dans l’uretère doit donc être enlevé au plus tôt, car, dans son accroissement progressif par cristallisation à sa surface des urates, des oxalates, des phosphates, il détermine une des éventualités suivantes :

1) Destruction du rein par uronéphrose si il n’y a pas d’infection ;

2) Destruction du rein par pyonéphrose s’il y a infection ;

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3) Sclérose et atrophie rénales; 4) Plus rarement le calcul uleère et même perfore le conduit avec péri-urétérite phlegmoneuse.

Ce dernier cas est d’ailleurs bien rare puisqu’en en compte trois à quatre observations seulement, et on a pu voir ainsi le rein indemne grâce à la dérivation de l’urine et du pus vers l’extérieur par la fistule. L’opération étant à l'heure actuelle très précoce dans les calculs de l’uretère ne permet heureusement plus de constater d’atteinte rénale vraiment grave. On observe, en effet, plus fréquemment de la distension et même l’infection qui commence son œuvre.

Seul, dans les cas silencieux qui aboutissent à cette véritable sidération du rein, qui fait souvent penser à la guérison, le pronostic est beaucoup plus grave. Cette « mise en sommeil » du rein, qu’on a volontiers comparée à l’hivernage de certains mammifères et qui ne s’accompagne souvent d’aucun symptôme douloureux, ne fait que traduire l’arrêt de la sécrétion. Et Rafin a pu dire, à juste titre : «Ce silence sera la mort du rein ». Le pronostic de la lithiase urétérale chez l’enfant opéré rapidement est excellent, mais il ne met pas le sujet à l’abri d’une récidive. La lithiase étant pour une grosse part question de diathèse, la récidive est toujours possible: soit dans l’enfance, et ces cas existent, tel la petite malade de Rafin qui avait subi trois extractions de calculs de l’uretère gauche et une de l’uretère droit et qui continuait à présenter des urines troubles; soit à l’âge adulte, et beaucoup de lithiases de l’adulte ont leur origine dans l’enfance.

Ce pronostic est cependant moins sévère que chez

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l’adulte, car, heureusement, l’enfant est moins sujet à l’infection.

Si l’on a affaire à un enfant mal alimenté (mets toxiques) ou à un nourrisson suralimenté et par là même sujet aux accidents gastro-intestinaux, un régime normal, plüs hygiénique et mieux surveillé, rendra plus improbable une récidive.

Mais dans le cas d’hérédité arthritique, le jeune sujet sera toujours menacé de voir un nouveau calcul <’enclaver dans son uretère.

De sorte que le pronostic est et demeure sérieux, et l’on peut conclure, avec M. le Professeur Jeanbrau : « Tout calcul arrêté dans l’uretère poursuit fatalement la destruction du rein qui l’a formé; en même temps, il prépare l’anurie pour le jour où surviendra l’oblitération de l’uretère opposé ».

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