TRAITEMENT MÉDICAL
C’est par le traitement médical que l’on doit toujours débuter, pour essayer d’évacuer le calcul par les voies normales. Mais on ne s’y attardera pas longuement cependant, particulièrement pour les calculs de volume important. Il donne d’ailleurs d’excellents résultats
pour les petits graviers. Nous distinguerons successive: ment : |
a) Le régime qui est fonction de la nature de la gra. velle ;
b) Les cures hydrominérales ;
c) La glycérinothérapie ;
d) Les injections de Prostigmine et de Post-Hypophyse.
A) Régime * |
Le nourrisson allaité au sein maternel est rarement atteint de lithiase urétérale. C’est dans l’allaitement artificiel que l’on compte la presque totalité des petits graveleux. Le lait de vache contient en effet une proportion d’albuminoïdes et de graisses supérieures à celle du lait maternel. Cet excès de beurre et de caséine, d’une part, la suralimentation fréquente et enfin la stirilisation défectueuse du lait et du biberon doivent être sévèrement combattus. Comby y voit une cause évidente de lithiase et n’a observé que très rarement des lithiasiques parmi les nourrissons nourris au sein.
Dans la seconde enfance, le régime de la lithiase est analogue à celui de l’adulte puisque l’alimentation est la même; il varie done avec chaque espèce de lithiase.
1) Lithiase urique:
Le petit malade doit éviter les aliments riches en purines: viscères, viandes jeunes, lentilles, pois, haricots secs, gibier faisandé, charcuterie, crustacés, condiments. Le régime lacto-fructo-végétarien est particulièrement indiqué car il est à peu près dépourvu de nucléo-albu-
mines nécessaires à la formation de l’acide urique exo-
Cp
gène. La dissolution de l’acide urique dans les urines sera facilitée par des boissons en dehors des repas, des fruits ou par les dissolvants de l’acide urique: Benzoate de soude, Benzoate de Lithine, Pipérazine. Enfin, pour ne pas tomber dans l’écueil du régime lacto-fructovégétarien trop strict, on tolérera un peu de viande grillée, les laitages, les œufs, les fromages non fermentés.
2) Lithiase oxalique :
On excluera ici formellement les aliments riches en acide oxalique et plus particulièrement: chocolat, thé, épinards, oseille, rhubarbe, poivre, haricots, prunes: on restreindra: sucre, pâtes, patisserie, confiture, miei, bonbons. On autorisera en revanche les légumes sees : pois, haricots, lentilles, riz; on tolérera enfin les viandes grillées.
Les sels de soude favorisant la solution de l’acide oxalique seront utilisés, ainsi que les cures hydro-minérales, à l’instar de la lithiase urique.
3) Lithiase phosphatique où phospho-calcique: On y remédie par un régime alimentaire acide: viandes et graisses, surtout par les albuminoïdes qui n’apportent pas de purines: blancs d’œufs, farines de céréales, lait, fromages. Enfin, acidification des urines par l’acide phosphorique.
B) Cures hydro-minérales :
Même si l’enfant ne présente aucun symptôme de lithiase, il doit, pendant plusieurs années, faire un séjour dans des stations telles que : Vittel, Evian, Contrexeville, Martigny, La Preste, Thonon, Capvern. Ces cures ont généralement les plus heureux effets chez les
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enfants, et les statistiques publiées chaque année sur l’expulsion spontanée de caleuls sont particulièrement remarquables mais n’entrent pas dans le cadre de ce travail. Malheureusement, toutes les familles ne peuvent faire les frais de ces stations coûteuses; on prescrit alors, de préférence, l’ingestion de ces mêmes eaux en dehors des repas ouù la glycérinothérapie.
C) Glycérinothérapie :
C’est le traitement de la lithiase par ingestion de glycérine neutre à haute dose.
MM. les Professeurs Jeanbrau et E. Truc proposent la posologie suivante pour l’adulte:
Glycérine neutre à 30° .. 150 grammes Alcoolature de citron ...... 5 grammes
À boire pure, en trois fois, dans la journée: au réveil, à 11 heures et à 5 heures. Si cette dose est bien supportée, on recommence le lendemain et le surlendemain, de facon à fair absorber au malade 450 grammes de glycérine en trois Jours. Pour l’enfant, selon l’âge, on réduit cette dose au tiers ou même au quart.
Enfin, d’autres auteurs y surajoutent la distension vésicale de Pasteau.
D) Injections de Prostigmine:
O’Connor a obtenu l’expulsion de calculs urétéraux à la suite de quatre injections de Prostigmine à trois heures d'intervalle. Pour les enfants, il y a lieu, bien entendu, de réduire les doses selon l’âge. L’injection de Post-hypophyse semble donner des résultats analogues,
TRAITEMENT UROLOGIQUE
Le traitement urologique est du domaine du spécialiste, il donne d’excellents résultats chez l’adulte, mais ce n’est qu’exceptionnellement qu’on est appelé à l’utiliser chez l’enfant. Il est indiqué dans les calculs de petit volume, de forme régulière, situés dans le tiers inférieur de l’uretère et surtout de la portion intramurale.
Les moyens utilisés sont:
a) Cathétérisme urétéral simple ou à demeure, à l’aide de petits cystoscopes pour enfants. Il a pour but de mobiliser le calcul, ou de dilater le conduit sous-jacent. On peut même injecter par la sonde de l’huile goménolée chaude, dans un but lubréfiant. Maïs, avant tout, on s’efforce d’observer l’asepsie la plus rigoureuse pour éviter l’infection.
b) Méthodes de dilatation:
Très nombreuses, mais surtout par tige de laminaire et par bougies de calibre croissant, pratiquement inutilisables chez l’enfant,.
c) Extraction du calcul:
A l’aide d’instruments préhenseurs (pinces spéciales).
d) Débridement de l’uretère intra-mural
par les courants de haute fréquence.
Ces procédés sont d’un haut intérêt pratique chez l’adulte; malheureusement, en dehors de quelques cas
très restreints, ils sont inutilisables chez l’enfant. En dehors des difficultés organiques, auxquelles on £e heurte, ces méthodes nécessitent toujours l’anesthésie générale et entraînent fréquemment des élévations de température, quelquefois même de l’infection.
TRAITEMENT CHIRURGICAT,
Il tire ses indications de l’échec du traitement médical essayé pendant un certain temps, mais il peut être également indiqué d’urgence dans les cas d’infections on l’intervention ne donne pas toutes les garanties, car il est malgré tout nécessaire d’extraire le corps du délit qui entretient la suppuration et menace de mort le rein correspondant.
L’art du médecin consiste à savoir conseiller l’intervention après échec du traitement médical, avant que l’hydronéphrose ou l’infection ne viennent aggraver le pronostic.
Et les suites opératoires guéries, on n’oubliera jamais que le traitement médical reprend tous ses droits pendant des années, si l’on ne veut pas assiter à une récidive toujours possible.
Nous éliminons d’emblée, comme nous l’avons fait au cours de cette étude, les calculs, en « clou ou en champienon » qui appartiennent plutôt au bassinet, et qui ne sont qu’engagés dans l’uretère en véritable « clapets ». L'opération de choix est ici la pyélotomie.
Nous ferons enfin une classe à part pour les calculs intra-muraux qui bombent dans la cavité vésicale par le méat urétéral, et on conçoit aisément qu'ici les méthodes endoscopiques soient souvent préférables.
Dans tous les autres cas, on fait appel à l’urétérolithotomie. C’est l’opération de choix pour les enfants. Albaret, dans sa thèse de 1910, donne une statistique tout à fait satisfaisante pour l’urétéro-lithotomie extrapéritonéale chez l’enfant : sur dix cas, où le petit malade n’avait qu’un uretère obstrué, l’opération a donné dix cuérisons sans fistules. Ajoutons cependant qu’il n’en est pas de même en cas de bilatéralité qui aggrave notablement le pronostic.