CHAPITRE II
L'existence de la symplomatologie de la calculose, est fonction du calcul et de la vessie qui le contient. Aussi, allons-nous étudier lun et lautre, dans ce Chapitre.
1° Le Calcul.
Le calcul agit, pour la production des symptômes, et par son volume, el par sa situation et par sa constitution.
A. Volume.
Ce
On comprend aisément que le volume du calcul à son importance, En effet, suivant qu'il sera gros, où qu'il sera petit, il sera plus où moins pesant, et par suite, plus ou moins mobile,
Les calculs des enfants sont, d'ordinaire, de faible dimension ; ceux des vieillards sont parfois de fort volume.
Ar, SA
Les uns, suivant l'expression du Professeur Guyon, commencent à bâtir, les autres, ont bâti. Les grains de sable du jeunc garçon sont excessivement mobiles, presque en suspension dans le réservoir vésical. Qu'il fasse un mouvement, ces particules s’agiteront, se déplaceront et viendront converger vers le col. Car, dans la vessie jeune, les contraclions tendent à diriger leurs efforts en ce point, partie excessivement sensible, la plus sensible de la muqueuse. Aussi, les hémorragies seront-elles fréquentes ; après une course, une promenade un peu longue, les urines apparaîtront franchement rouges. Les douleurs se produiront souvent, et s’exacerberont à l’occasion de tout mouvement, Enfin, fréquemment, on notera une interruption du jet d'urine, car, les petits graviers, poussés par la force de la contraclion, auront une tendance à s'engager dans l'orifice de lurèthre. Les envies d’uriner seront nombreuses, car, par leurs multiples déplacements, les calculs exciteront la contractilité de ce réservoir neuf.
D'ailleurs, qu'il nous soit permis de citer la thèse de M. d’Arbois de Jubainville (Paris 1897-98), qui a mis en lumière la netteté des symptômes des calculs vésicaux de lenfant: « Supposons, par exemple, dit l’auteur, qu'il s’agisse d’un malade de 4 à 7 ans ; il est le plus souvent amené à lhôpital. pour des mictions très fréquentes et très douloureuses. | |
Si on recherche d’abord dans ses antécédents, on s’apercevra que, en général, il a depuis le jeune âge une inconstinence d'urine, de laquelle, malgré les efforts des parents, ila été impossible de le corriger.
Actuellement, s’il ne présente aucun phénomène de cystite, il urine toutes les heures le jour, et rarement la nuil ; mais, ses mictions sont très douloureuses et s’accompagnent d’une sensation de déchirement qui se propage jusqu’à l’extrémité du gland. Aussi, afin de tâcher de calmer ses douleurs, il se tiraille la verge, et il ne tarde pas, grâce à cette
habitude très fréquente, à augmenter considérablement les
dimensions de son prépuce. Les dernières gouttes d’urines stagnent entre le prépuce et le gland, de sorte que le petit malade se présente souvent avec des phénomènes de balanite assez caractérisée. C’est même cette douleur qui arrive à être continuelle au niveau du gland et dont l'enfant se plaint sans cesse, qui attire particulièrement l'attention des parents.
Si l’on fait uriner l'enfant devant soi, on constate qu'au moment de l'émission des premiers jets d'urine, il donne des signes non douteux de sa douleur, pousse des cris, trépigne, quelquefois même, peut être pris de syncope. L’urine expulsée est claire, non teintée de sang. Au moment de la miction, on note souvent un peu de prolapsus momentané du rectum, fait qui est rapporté par la plupart des auteurs.
Si on interroge cet enfant sur l'existence de la douleur en dehors de la miction, on apprend le plus souvent qu'il a, de temps à autre, des épreintes douloureuses, surtout au milieu de ses jeux, au moment des mouvements intenses, épreintes qui lui font suspendre ses amusements et donnent brusquement à sa physionomie l'expression d'une vive souffrance.
Enfin, il n'est pas tout à fait rare que l'enfant ou ses parents vous racontent, qu'à un certain moment, ils ont observé, soil l'émission des pelits calculs, soit même une interruption du jet de l'urine.
La symplomatologie de la calculose de l'enfant nous semble suffisamment établie par la citation précédente, pour que nous ne croyions pas devoir y revenir. Mais combien différente est celle du vieillard !
À la mise en scène, bruyante, de la thèse de M. d’Arbois de Jubainville, nous opposerons cette remarque d'un hoinme dont la parole fait poids en matière urinaire. Nous voulons parler du Professeur Guyon: + Les gros calculs, écritil dans son traité des maladies des voies urinaires, en vertu même de leur volume et de leur poids, jouissent d’une mobilité beaucoup moindre que les petits, sous l'influence de
la locomotion du malade, soit qu’ils s’arc-boutent par leurs extrémités sur deux parois opposées, soit qu’ils se constituent, au niveau du bas fond, une sorte de loge, dont ils ont grand peine à sortir. Au contraire, les petits et les moyens calculs se meuvent avec plus de facilité ei peuveni devenir beaucoup plus offensants. » Plus loin, il ajoute: « Vous aurez fréquemment la surprise de trouver un très gros calcul chez un malade qui n'aura que très peu soufferl. »
La vessie sénile, en effet, diffère {otalement de la vessie de l'enfant. Le réservoir neuf du second est profondément modifié chez le vieillard. Chez celui-ci, ce n’est plus la cavité régulière, sensible ; c’est, au contraire, une poche déformée, irrégulière qui, sous l'influence des contractions, s’est développée dans une portion, atrophiée dans une autre. L'ovoide n’est plus parfait. La boule est devenue un sac, dont les contours s’étalent en des points, poussant des prolongements, des diverticules ici ou là. L'exemple ordinaire de ces déformations est donnée par l'existence du bas-fond. On nomme ainsi une cavité, plus ou moins profonde, qui est située en arrière de la prostate. Le plancher vésical est alors divisé en deux parties par -la saillie saillante, transversale, qui relie les orifices dés uretères. La partie antérieure représente le triangle de Lieulaud, la partie postérieure, ie bas-fond. Il,se trouve ainsi constitué par la paroi inférieure et une partie de la paroi postérieure de la ‘vessie et est en rapport intime avec la deuxième portion du rectum. Ses dimensions sont fort variables. Nous pouvons donner l'idée de ces dépressions, en indiquant les mesures prises par le Professeur Guyon, sur deux pièces de sa collection. Sur lune (n° 113), le bas-fond mesure 5 cm. de diamètre antéro-postérieur ; 5 1/2 transversalement, et 3 en profondeur ; dans la deuxième (N° 114), pour les mêmes diamètres 6 em., 7 em. 1/2 et 4. Ces mesures, prises, d’ailleurs, sur des vessies vides, sont, certainement, au-dessous de celles que lon rencontrerait, sur le vivant, alors que la vessie