‹ Les Californies, l'Orégon, et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 10 sur 42 · GRETA · texte numérisé non relu

GRETA

plus digne d'occuper les écrivains éminents qui honorent la littérature naissante des deux Amériques.

RACES ABORIGÈNES. — Les premiers détails quelque peu circonstanciés qui nous aient été donnés sur les Indiens de la Californie nous viennent de la relation naïve écrite, vers 1549, par Hernando Alarcon. Si ce hardi navigateur se crut dans la nécessité indispensable de faire accroire aux misérables Indiens dont la foule l’environnait , que le soleil l'avait envoyé vers eux, rien ne dénote chez lui le moindre désir d’agrandir sa découverte aux yeux de Charles-Quint, et sa peinture, trop nue peut-être, nous prouve que les Californiens étaient dans un état de barbarie telle, qu’ils ont bien pu diminuer de nombre, mais qu’il ne leur a guère été possible de rétrograder dans la voie de la civilisation. Nous dirons plus, en indiquant dès lors d’abominables coutumes qui furent constatées plus tard, avec une juste horreur, le marin Alarcon prouve que ces sauvages pouvaient justifier dès le seizième siècle ce qu’en pense un des observateurs les plus consciencieux parmi ceux qui les ont dépeints de nos jours. Cet écrivain (1) n'hésite pas à affirmer qu'il faut mettre les habitants actuels de la Californie. sur la même ligne que les Hottentots, certains habitants de la Patagonie et les Australiens; races, comme tout le monde sait, placées au dernier rang des peuples dans l’échelle sociale. M. du Petit-Thouars trouva à ces Indiens « un air stupide que ne dément pas en général une intelligence à peine supérieure à l'instinct des animaux. » Il paraît bien prouvé aujourd’hui néanmoins que ces hommes si misérables vivaient dans le voisinage de peu-

lades infiniment plus avancées qu’ils ne ‘étaient en civilisation, et il suffit de lire attentivement la relation du hardi soldat auquel nous avons emprunté le récit des expéditions de Vasquez Coronado, pour étrebien convaincu de la supériorité relative des tribus du pays de Sonora. Les hordes misérables qui erraient le long de la mer Pacifique ont diminué graduellement ; mais, nous le répétons ,

(1) Robert Greenhow, Oregon and Califorhia; 1844, 1 vol, in-8°. avec Cartes.

cette loi de décroissance est la seui&u’elle s ue l'on puisse constater, la barbarigbservés tait la même: ce qu’il est permis déécouve supposer seulement, c’est que des peufant que ples plus avancés en civilisation passèfour q rent jadis dans ces contrées sans sfhigrati mêler aux autochthones. nérique Nul doute ne peut être admis aujourf 11 y a d'hui : ce ne sont pas ces peuples, d'undiait ‘da rudesse si abjecte, qui ont pu bâtir degÿ s’op villes considérables et creuser la terréllant à pour en tirer des métaux; ce ne son$elles, pas eux qui ont laissé des traces si imdndustri posantes dans des lieux déserts qu’ilfheur de parcourent avec indifférence , et cepen-Æu génie dant il y a peut-être aussi quelque témé4 amené rité à voir dans ces ruines l’une des pretife civi mières stations des armées qui allaient ndrel envahir le Mexique. Balbi l’a déjà faithation s remarquer d’après M. de Humboldt, lesk; on 1 bords du Rio Yaquesila, ceux du Riokjème d Gila offrent des traces d’édifices consi-kornius dérables : ces derniers portent le nomf/»#;qui fort vague et fort répandu touteiois del ht été Casa Grande. « Ce sont les restes d’une euples ancienne ville aztèque; ils occupent 1nËt nous terrain de près d’une lieue carrée. Lakoit end grande maison est exactement orientée {jsive et est construite en torchis ; les murs ont douze déecimètres d'épaisseur: Ce genre de construction est encore en usage dans tous les villages des Moqui.

Une muraille interrompue par de grosses tours ceint l'édifice principal , et paraît lui avoir servi de défense. Le P. Garces, qui les visita en 1773, découvrit les vestiges d’un canal artificiel qui conduisait les eaux du Gila à la ville. Toute la plaine environnante est couverte de cruches et de pots de terre cassés, joliment peints en blanc, en rouge et en bleu. On trouve aussi parmi ces débris de faïence mexicaine des pièces d’obsidienne (i/z{li). Plusieurs savants croient que cette ville ruinée à été la seconde station des Aztèques dans la supposition très-vague d’après laquelle on trace leur migration depuis Aztlan jusqu’à Tula et à la vallée de Tenochtitlan. Le même missionnaire trouva dans le pays des Moqui des villages peuplés de 2,000 à 3,000 âmes, et même une villetrès-régulièrement construite ayant des inaisons à plusieurs étages. » Nous l’avouerons, l'archéologie américaine a fait encore Éscience

trop peu de progrès, Jes monuments Agrands PP PF0B d , Rrendre

Issance est la seul@u’elle signale ont été trop rapidement nstater, la barbari$bservés , il reste sans doute trop de qu'il est permis dfécouvertes à constater (tout en accep- + C'est que des peuf;nt quelques suppositions ingénieuses), n civilisation passèbour que l’on puisse établir ainsi les RE sans Sfnigrations du plus grand peuple de l’Ak .. , érique.

t étre admis aujourf jl , a longtemps que de Guignes plas ces peuples, d'undiait dans ces régions le lieu où avait qui ont pu bâtir de@g s’opérer le passage des Chinois s et creuser la terr$liant à la recherche de contrées nouhi ce ne Sonbelles , qu’ils devaient fertiliser par leur fr ni Si ue ndustrie (1). Plus tard on a fait honitférence A eur de cette émigration conquérante auct se} on pu génie belliqueux des Japonais , et l’on An pe FH th amené de ces contrées un grand ponaptrid es Hat allaletr ife civilisateur, Bochica , destiné à ré- Balbi la déià fard pandre les bienfaits d’une antique civili-

1. de Humbolit je sation sur le plateau de Cundinamarca, nil 08 EI dE Pa on le regardait jadis comme l’em- Les d'édifices pet blème du soleil. Mais depuis le docte rs portent le nomiornius jusqu'au célèbre éditeur des épan du toutétoieite Antiquités du Mexique (2) les systèmes sont les restes d’uneP"t té Presque aussi nombreux que les FT ne hr euples navigateurs de l’ancien monde, dla Er [Apt.nous ne croyons pas que le temps snétehantiorièn ie soit encore arrivé d'en adopter un extorchiss les mure lusivement. Toutefois, si un jour l’Eué d'épaisseur. Geope savante tente de nouveaux efforts nest encore en Et constater des faits jusqu’à présent villages des Moqui estés douteux ; si, mettant à part le mpue par ds proies steme incertain des étymologies hasarprincipal , et parait ées, les archéologues vont étudier les se Le-D: Gares nonuments de l'Amérique sur les lieux; 113, découvrit les ils vont faire des pèlerinages féconds artificiel qui con-B°u' l’histoire des origines à Palenqué, ila à la ville. TouteE. Uxmal, si bien décrits, naguère par tetest-couverte de infatigable Waldeck, il n’y a nul doute » terre cassés joli- ue les rives du Gila et d’autres réc, en rouge et en Hi0ns encore moins connues de la Calii parmi ces débris H9'nie ne doivent être l’objet d’une ex- * fploration attentive et dégagée d'idées

> des pièces d'obsi- F°: À urs savants croient AP'ÉCOnçues. Alors peut-être le grand

e a été la seconde

AA (1) On sait qu’un écrivain récent n’a pas dans la supposition Aeraint d'établir dans un livre prétendu sérieux quelle on trace leur Bla suite non interrompue des souverains montlan jusqu’à Tula gols, qui fondèrent jadis leur empire dans l’Achtitlan. I é mérique. La parole spontanée et naïve du jeune n. Le méme EBotocudo, qui regardait les Chinois établis à dans le pays des Rio de Janeiro comme ses oncles, en dit plus euplés de 2,000 à à ce sujet, peut-être, que les dissertations des une villetrè Ps savants ( Joy. Aug. de Saint-Hilaire, J’oyage ES-TÉBU- Lau Brésil) ; mais il est difficile de baser un sysavant des maisons Ftème historique sur de pareilles indications. Nous l’avouerons, ine à fait encore fscience, M. Aglio, est le véritable auteur des

(2) Lord Kingsborough, Antiquilies of

Mexico , 7 vol. in-fol, Un artiste dévoué à la

les monuments grands travaux d'iconographie, qui peuvent 4 rendre utile ce vaste ouvrage.

problème s’éclairera-t-il d’un jour tout nouveau et pourra-t-on agrandir sans danger le cercle des conjectures (1).

Cependant il faut se hâter, ces antiques monuments peuvent disparaître evant la civilisation importée d'Europe, comme ont déjà disparu tant de tribus indiennes, que rencontrèrent les anciens conquistadores. Les traditions des aborigènes se modifient ; elles s’éteindront insensiblement devant les efforts si louables des missionnaires, qui substituent les idées chrétiennes aux légendes primitives nées d’un état de barbarie. Qui nous dira aujourd’hui ce que sont devenusles souvenirs traditionnels de tant de peuplades anéanties que rencontra durant ses travaux évangéliques l’infatigable Ugarte? qui a pris soin de relier entre elles les idées confuses de ces tribus, laissant périr insensiblement les notions historiques de leurs pères, en mémetemps qu’elles abandonnaient leurs usages ? Les Bernardino de Sahagun, les Heckewelder, les Moerenhout, tous

‘ces voyageurs, qui savent recueillir les

récits des nations expirantes sont rares dans tous les temps; bientôt même ceux qui les égaleraient en zèle et en charité ardente ne trouveront personne à interroger parini ces peuples errants, qui n’ont plus ni la volonté ni le désir d’instituer quelques-uns d’entre eux, pour conserver des traditions , sujet de honte ou de douleur. Dispersés ou vaincus, ils n’ont rien à faire de ces souvenirs.

(1) Peut-être serat-on bien aise de voir ici avec quelle circonspection le voyageur le plus éminent de notre époque a cru devoir traiter de pareilles questions. « Une idole découverte à Natchez, dit M. de Humboldt, a été comparée avec raison par M. Malte-Brun aux images des esprits célestes que Pallas a rencontrées chez les peuples mongols. Si les tribus dui habitaient des villes sur les bords du Mississipi sont sorties de ce mème pays d’Aztlan qu'ont habité les Toltèques, les Chichimèques et les Aztèques, il faut admettre, du moins d’après l'inspection de leurs idoles et leurs essais de scuiplure, qu’ils étaient beaucoup moins avancés dans les arts que les tribus mexicaines, qui, sans dévier vers est, ont suivi la grande route des peuples du nouveau monde dirigée du nord au sud, des rives du Gila vers le lac de Nicaragua, »D'une autre part, un voyageur récent et

ui fait autorité, M. Siebold, admet l’immigration des peuples du Japon dans l'Amérique vers le point que nous indiquons. Foy. le Nippon, ou Matériaux pour servir à la description du Japon et des contrées voisines (en allemand ), grand in-4°.

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