‹ Les Californies, l'Orégon, et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 12 sur 42 · IDÉES RELIGIEUSES DE QUELQUES ABORIGÈNES DE LA CALIFORNIE · texte numérisé non relu

IDÉES RELIGIEUSES DE QUELQUES ABORIGÈNES DE LA CALIFORNIE

Tous les observateurs sérieux, nous l'avons déjà dit, nous représentent cette région comme étant dominée à l’époque des premières conquêtes par des peupiades indépendantes parlant deslangues particulières, ce qui semblerait indiquer une grande variété dans les croyances religieuses. Il paraît néanmoins que depuis le nord du Sacramento, jusqu’au cap San-Lucas, il existe parmi les Californiens une grande conformité de mœurs, de coutumes, d'idées, malgré la variété des idiomes, et que les chants traditionnels y conservent d'âge en âge les faits principaux d’une théogonie sauvage. Un voyageur, cité déjà plusieurs fois, dit même, « que ces chants sont rédigés dans une langue dont les chefs et les sorciers seuls ont l'intelligence et qui n’a point le moindre rapport avec le dialecte en usage de nos jours. » Ce fait est d’autant plus facile à accepter qu’il se reproduit chez plusieurs peuplades de la mer du Sud et inême de l'Amérique.

S'il faut en croire la tradition reproduite par M. de Mofras, le monde aurait eu deux âges bien distincts ; dans le premier deux êtres préexistants, le frère et la sœur, auraient vécu dans une obscurité complète ; la découverte de lalumière serait devenue le signal de leur union; un étre mystérieux nommé Oiof, procédant de ce couple divin, aurait peuplé la terre d’êtres différents par leur nature de celle des Indiens , et la terre se serait agrandie du nord au sud avec cette population nouvelle; puis Oïot aurait été mis à mort par ceux-là mêmes qu’il avait créés. Dans la seconde période l’esprit divin, Chinigchinig, apparaît au-dessus du bûcher de la victime, déclare à ces êtres vivants quelle est sa puissance, crée plusieurs hommes et plusieurs femmes avec un peu de fange et leur donne des lois en leur faisant craindre son châtiment, Alorsla création d’Oîot seconfond

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avec la création nouvelle, grâce à une transformation merveilleuse, et la race des Indiens peuple la terre. Tels sont les traits les moins vagues de cette théogonie sauvage , qui doit varier singulièrement. Ilest difficile, nous l’avouerons, de ne pas croire à l'influence d’un peuple

plus avancéen civilisation dans la définition des attributs du gränd Etre qui uous est offerte par le même voyageur :

« Ce grand Être n’a eu ni père ni mère; son origine est entièrement ignorée; ils croient qu’il est présent partout, qu’il voit tout, même au milieu des nuits obscures, qu’ilest invisible à tous les yeux, qu’il est l’ami des bons et qu’il châtie les méchants. »:

Une sorte de lycanthropie semble présider. à l’idée terrible que le peuple se fait des sorciers, qui remplissent chez les Californiens à peu près l’office que les piayes remplissaient chez les Tupis.

Ces êtres redoutés se prétendent issus du loup des prairies ; et ils expliquent ainsi la nécessité de ces, repas abominables, en horreur aux autres Indiens et qu’ils renouvellent sans doute pour se revêtir d’un caractère plus terrible aux yeux de la tribu ou bien seulement en commémoration de quelques mythes sanglants dont l’origine échappe à nos investigations. Nous le répétons néanmoins, la théogonie d’un peuple de la Californie peut être complétement opposée à celle d’une nation voisine, et il peut même avoir autant de croyances diverses qu’il y a d’idiomes différents; on sait par exemple aujourd'hui que ces terribles Apach°- qui ont désolé jadis la Basse-Californic, et qui se font redouter encore sous le nom de Papagos dans le Sonora, obéissaient et obéissent encore, selon toute probabilité , à une sorte de sabéisme. Le soleil, la lune , les étoiles , sont pour eux l’objet d’un culte fervent. Dans l'impossibilité où nous sommes d’indiquer, même sommairement, ces diverses croyances, nous renvoyons aux récits des voyageurs et aux écrits des missionnaires, en faisant observer cependant que quelques-unes des idées fondamentales de ces peuples, aussi bien que plusieurs de leurs cérémonies solennelles, ont été profondément modifiées depuis la découverte ; ne fût-ce que par l’introduction de bestiaux nombreux et surtout

par l'usage du cheval. Chez quelquäe(1).La tribus, par exemple, la cérémonie drini ces p funérailles emprunte pour les chefs 1j. Hâtons caractère terrible de l’usage où l’on e@hs la Cal d’attacher le cadavre sur la croupe-d's de l'A

animal indompté et de le contraind$n du bé par des cris effrayants (1) à se préoipit cessaire

dans un abîme, il y trouve la morthiiens, et et la tribu offre ainsi une sorte d’hol&ksources causte à la mémoire du guerrier qu'elEUn fait cd veut honorer. st le go

ARMES DES INDIENS. — cHAsse. -Bur la mus

GOUT POUR LA MUSIQUE. dr R … ei Les armes des Indiens de la Californ ma ués

sont celles de la plupart des peuplades dttre à p l'Amérique, elles en diffèrent néanmoinlje : dans sous quelquesrapports : ainsi, l’arcest els chants n usage parmi eux ; mais au lieu d’avoir le rayant dimensions admises par les tribus dfiis frapp sud il ne conserve qu’un mètre enviro® l'autre, de longueur, et pour conserver plus dé .ceaux force se trouve recourbé dans la parti horribli rage lacorde.Cettecordeelle-méme it de la filée de chanvre sylvestre, est garnie d ompagn eau afin d'éviter lesifflement qu'elle pro uirait en envoyant le trait; la fléchhNSES C n’est armée ni d’un roseau affilé comm DANSE au Brésil, ni d'un fer comme cela a lied LES CAL dans certaines localités : elle est garni Nulle c à sou extrémité d’un silex aigu et tranb présent chant. Telle est, du reste, la force dedrieté de archers californiens, qu’à une quaran&ornie et taine de pas ils peuvent traverser d& côte :

art en part un cheval lancé au galopBnservent omme cela avait lieu jadis sur les bordä&itive. du Mississipi, les Californiens savenfonnaires préparer adroitement des peaux de cerfskeusemen ont la tête est préservée soigneusemenQli ce ge de toute altération visible, et recouvert@téchumé de ce déguisement trompeur, ilsimiten® franci le eri de l’animal qu’ils veulent attireMnses in avec un tel degré de vérité, que celui-cilais néce: croyant bientôt reconnaître une voiModifier.

fanilière, s’élance pour ainsi dire auênt esse devant du trait qui Patteint, et fournibrfois at aisément aux premiers besoins du sauence. L | nt à r iportan tigre Durs. Ce s sont mmes.

(1) Foy. une scène d’un caractère vraimen dramatique dans laquélle M. dé Mofras dé crit les obsèques d’un chef, Un autre voyageur moins connu, mais dont les récits sont égale ment pt d'intérêt, raconte un fait analogue qui eut lieu dans les solitudes voisines des ré gions dont nous nous occupons. Joy. le R. P

met, /’oyage aux montagnes Rocheuses et une année de séjour chez les tribus indiennes du Fu à 1 vi de l’Orégc , Malines, 1844

vol. UP e ë

1) Poy.

onde. Cet r les cha

al. Chez quelqu la cérémonie d e pour les chefs > l'usage où l’on es sur la croupe-d’ de le contraind s (1) à se précipite y. trouve la mort si une sorte d’holc du guerrier qu’el

ve (1).La chasse de l'ours présente aussi mi ces peuples plus d’un trait origi- 1, Hâtons-nous de le dire néanmoins, ns la Californie, comme dans les pams de l'Amérique du Sud, l’introducn du bétail et des chevaux a modifié cessairement le régime intérieur des diens, et a singulièrement accru les sources de leur vie nomade.

Unfaitconstaté par tousles voyageurs, st le goût in de ces Américains ur la musique, c’est la faculté extraoraire qu’ils possèdent de répéter avec Je justesse singulière des chants assez mpliqués. Les missionnaires ont su ettre à profit cette propension musile; dans certaines occasions toutefois, schants prennent un caractère, presque rayant pour une oreille européenne.

Ils frappent alors les mains l’une cone l’autre, dit Choris; ils agitent des reeaux de bois fendus et poussent un horrible qui ressemble beaucoup au uit de la toux. » Un sifflement sinistre ompagne ce chœur étrange.

ANSES CARACTÉRISTIQUES. — LA DANSE MACABRE EN ACTION CHEZ LES CALIFORNIENS.

Nulle contrée du Nouveau Monde présente peut-être une aussi grande riété de danses que la Nouvelle Caornie et en général les régions de côte nord-ouest, où les nations nservent encore leur originalité priitive. Moins sévères que les misonnaires méthodistes, qui ont impéeusement interdit dans la mer du d ce genre de divertissement à leurs téchumènes , les jésuites, et plus tard s franciscains, firent servir ici les anses indiennes aux pompes du culte ; ais nécessairement aussi ils durent les odifier. Dans les forêts, elles demeunt essentiellement dramatiques, et arfois aussi elles sont d’une extrême ‘ence. La plupart du tèmps elles serent à rappeler quelque circonstance iportante de la vie sauvage ; la chasse tigre par exemple, la rencontre de burs. Ce qu’il y a d’étrange, c’est qu'els sont exécutées uniquement par les mmes. On trouvera des descriptions

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