DIMITRI TT TT
deux cents cavaliers. Quelques-unes de ces tribus d’Indiens sont d'autant plus redoutables qu’elles savent se procurer facilement des armes à feu. Celles qui habitent le nord de Chihuahua par exemple se trouvent dans ce cas. Les Seris, ui se sont fixés aux portes d’Hermosillo, ormentune mission de six centslndiens, mais un millier d’entre eux errent encore indépendants. M. de Mofras n'évalue as à moins de quarante mille la popuation des Yaquis et des Mayos; ces Indiens, accoutumés à de perpétuelles relations avec les colons, ieur fournissent des bras pour l’agriculture et pour l'exploitation des mines. Grâce à leur habitude d’une indvstrie qui n’est pas sans périls, c’est suuvent parmi eux que l’on trouve ces intrépides plongeurs qui, bravant les requins de l’océan Pacifique, descendent parmi les rochers abruptes de la côte, pour s’y procurer les huîtres perlières. Les perles pêchées dans ces contrées, celles que fournit la côte de la Californie ont joué un trop grand rôle dans le commerce pour que nous n’en disions pas ici quelques mots.
LA PÊCHE DES PERLES. — Ona puremarquer que dès les premiers temps de la découverte la pêche des perles avait été signalée en Californie comme pouvant être unesource de richesses, et n’avait peut-être pas peu contribué à multiplier les expéditions vers ces contrées (1).
Contrairement à ce qui se passe pour les mines de diamants dans l'Amérique méridionale, cette source précieuse de richesse semble avoir diminué plutôt qu’elle ne s’est accrue. Le prix auquel les perles se maintiennent éans le pays même en est une preuve, et M. de Mofras ne craint pas d'affirmer qu’elles sont plus chères à Sonora qu’à Mexico , où les produits de l':: de et de Panama arrivent en assez grande abondance pour fäire une concurrence fâcheuse aux perles indigènes...
Les huîtres perlières ne forment pas précisément des bancs, et la manièredont elles sont disposées le long des roches
{1) Les Indiens de la côte possédaient tous dès l’origine une grande quantité de perles, mais pour la paper elles étaient brüjées; les pécheurs étant dans l’habitude de jeter l’huître au feu, afin d’en. faire rôtir la chair. Foy. Herrera, t. II.
ou au fonc des eaux rend quelquefohouars leur extraction fort pénible et fort dokq cen loureuse même pour les Indiens, endubnt 0d cis à toute espèce de fatigues ; des spi Esp culateurs qui avaient imprudemmegC'est compté sur les facilités que devait doke l'o ner la cloche à plongeur n’ont pas tardquilla à s’apercevoir qu’en fait d'entreprises &halio ce genre la connaissance des lieux eluse et chose indispensable avant tout. L’instréant u ment qu'ils avaient fait transporter kants d grands frais est restécomplétement in$t une tile, et la pêche a continué comme parkis les passé , c'est-à-dire avec toute la simphrté po cité qu'y mettent les nations indiennen.seul Il serait cependant à soubaiter que l’ak bort c trouvât quelque moyen de préservérdu pa des dangers qu’ils courent continuellk peug ment ces hommes intrépides et adroïit@ulière il n’y a pas d'années en effet où les fok four midables requins dont ces côtes sont i£ que e festées ne fassent payer cher à quelqubnce à plongeurs leur insouciante intrépiditfn-Mai Quoique les perles de la Californie prend puissent pas lutter de beauté avec If nom perles orientales, il y en a qui jouisseland rô d’une réelle faveur dans le commerce à Nou la joaillerie, et il en existe une espègrd-oue que sa teinte noire et ses chatoyemenkr les m variés font tenir en une estime particMœur lière dans le pays même, d'où l’on Suenc garde de les exporter, MES.
Si l’on s’en rapporte aux documenkns so:
d'Antoine Herrera {1), l'Amérique a& missi rait produit au seizième siècle des perl@n plu: d’une grosseur vraiment monstrueus® pres on en cite une qui ne pesait pas moins @t de vingt-cinq carats etqui Avait acquis la on l’ai mension d’une petite noix : c’est encoë Califo dans ce naïf écrivain que l’on peut voltinctif l'histoire d’une perle, moins grossŒnts de mais plus parfaite, qui, ayant été achfi naiss tée 1200 castillans, fut plus tard de donr ferte par doûa Isabelle de BovadillaS espac l'impératrice, qui ne crut pas la récomuitant penser trop magnifiquement en lui fs déser sant remettre 4,000 ducats. Les pŒns qui cheries de la Californie ne semble plus enrichir l4 commerce de la joaillerSlies q de pareilles merveilles. Cette industris err négligée, toutefois , a repris une favel inattendue; et lors du passage de Venus dans ces contrées M. du Petiss
ionale
(1) Histoire des Indes orientales, trad.
sieur de la Coste, t. 1I, p. 15, 1) Foy
LS RE a Fer LS
de bœuf, avec des roues très-basses et formées d’une seule pièce de bois ; d’autres fois ontrouve des caravanes entières de trente et quarante personnes de tout sexe et de tout âge, courant au galop, munies de violons , de guitares et d’autres instruments.
.« Le premier soin des Californiens en vous abordant est de vous tendre la main, de vous offrir de l’eau-de-vie, et de vous demander votre nom, votre profession et le but de votre voyage.
Quant à eux , répondant d’avance à tuutes les questions qu’on pourrait leur faire à ce sujet, ils vous engageront à les accompagner soit a/ rodeo de mi señor tio (au ferrage des bestiaux de monsieur mon oncle ), soit à {a boda de mi prima (à la noce de ma cousine). Si l'on accepte, on est sûr d’être parfaitement reçu ; mais souvent ces estimables parents demeurent à cent ou cent cinquante lieues de l'endroit où la pro-
osition nous est faite ! — Presque tous es colons de race espagnole étant unis par des liens de parenté, ces excursions se renouvellent fréquemment ; les habitants semblent regarder ccire la chose du monde la plis siuuyle de fare deux ou trois cents liexes pour danser quelques jours. »
« Au mois d’août 1841 , une caravane de ce genre, composée d’une trentaine de personnes, hommes et femmes, se rendit à la mission de San-Francisco Solano, aux établissements russes, pour célébrer la fête de madame Hélène de Rotschetf, femme du gouverneur.
Partis le matin, ils arrivèrent le soir à la ferme de Klebnikoff , dansèrent toute la nuit, la journée du lendemain et toute la nuit suivante : puis le troisième jour, à cinq heures du matin, après avoir été sous la fenêtre de madame de Rotscheff, qui s’était retirée de bonne heure, la saluer d’un vivat général, ia troupe retourna chez elle au galop sans avoir pris un seul instant de repos. »
Les femmes capables de supporter de telles fatigues par amour pour le plaisir en affrontent bien d'autres dès qu’il s’agit d’un labeur productif ou bien de quelques travaux importants. L'écrivain que nous avons déjà cité a retrouvé du reste eu Californie le plus beau type de
la race espagnole ; la vie que ces femmes
mènent habituellement développe ch elles une telle force musculaire, une te activité, que plusieurs d'entre Mr.
vent se servir du laço tout aussi bi que leur mari, et que presque tou savent déployer à cheval les qualités lus intrépide écuyer. Il ne faut à de telles femmes, on le pense bie des spectacles tels que les nôtres; |
courses, où le taureador montre. s adresse, des combats dans lesquels |
taureau et un ours gris se dispute la victoire, les luttes animées de de coqs, sur l'issue desquelles repose
des enjeux considérables, voilà que
sont leurs divertissements habitue Tout cela ne les empêche pas d’être « épouses recommandables à titre, et surtout d’excellentes mères famille. Les Californiennes sont, à qu’il paraît, d’une fécondité comparat à celle que l’on remarque dans diver contrées peu peuplées du nouve monde; mais u:1 fait curieux , et qui
doit pas échapper à l'observateur, c'e la supériorité des naissances masc
lines sur celles des femmes. M. de N fras 2it même dans cette disproporti notable une cause future de pertur tion.
On ne saurait se le dissimuler, changement radical se prépare dans population californienne. L’arrivée i cessante d'étrangers laborieux, la pa férence que les Californiennes leur 4 cordent fréquemment sur les nationa dont l’indolence est un perpétuel $ jet de reproches, les colonies partiel qui ne peuvent manquer de se for sur des points divers, l'impulsion q doit recevoir le pays des efforts l'Amérique, tendant à accroître commerce avec l’Asie, tout doit cont buer à la modification du type primit Tout aussi dans cette partie du nd veau monde convie à une imme émigration. Quel rôle la France joue t-elle dans cet appel fait aux peup par une nature féconde? nous ligr rons encore. Ce qu’il y a de probab c'est qu'un certain nombre de colo appartenant à la race industrieuse ( Canadiens ne tardera pas à se rend sur les bords de l’océan Pacifique po les fertiliser ou pour exploiter ses
rêts. Une sympathie qui ne s’est jan® Nous 1
plus di
einte, u inirs his ient êtr termina brties di jourd’h:
ERNIER, ARRIVÉ NIE. — RITOIR LE MEX
Lorsqu arche po rant ci appé de ider cet e ses Opé À démarc e dût p s genres dévelo pnt la ral e parmi eusemer puchés.
arte de mpren( treprisi exas, le buteux d domma as ici la ment di oyens | . Gall ec sas i pouv r les dé bille dis in,et il i donne e. Ce q:
ersévéra ans cett ecrets , ondres ont il a ais qu’i lutte s nion e rons do ent lesf i com qui fin
nent développe ch musculaire, une te urs d'entre see laço tout aussi bi que presque tou cheval les qualités iyer. Il ne faut p s, on le pense bie que les nôtres; | lreador montre. s( ats dans lesquels | rs gris se dispute ttes animées de de desquelles repose érables, voilà que jssements habitue npêche pas d’être d ndables à plus d' excellentes mères prniennes sont, à fécondité comparal narque dans divers uplées du nouvel
einte, une identité bien réelle de souinirs historiques et de langage, pourient être alors parmi nous une cause éterminante d’émigration vers une des arties du nouveau monde qui offrent jourd’hui le plus d’avenir.
ERNIERS ÉVÉNEMENTS POLITIQUES ARRIVÉS DANS LA HAUTE CALIFOR- NIE. — CESSION DE CE VASTE TER- RITOIRE FAITE AUX ÉTATS-UNIS PAR LE MEXIQUE. — CONCLUSION.
Lorsqu'on examine attentivement la arche politique suivie par les Etats-Unis rant cette dernière période, on est appé de la sagesse prévoyante qui a dû ider cette république dans l'exécution ses opérations. Quelque vaste que fût démarcation en effet, quelqueimmense e dût paraître un territoire où tous s genres de culture peuvent prospérer,
développement agricole et industriel bnt la rapidité est peut-être sans exemit curieux , et qui Se parmi les nations commandait impéà l'observateur, c'Æeusement la création de nouveaux dés naissances mascuchés. Un simple coup d’œil sur la ; femmes. M. de Mbrte de l’Amérique suftit pour faire is cette disproporti@mprendre comment la guerre une fois future de perturlhtreprise à propos des événements du exas, le choix du sénat ne pouvait être buteux dès qu’il s'agirait d'obtenir des dommagements. Nous n’examinerons as ici la question de droit, si courageument discutée naguère par l’un des oyens les plus éminents des États-Unis . Gallatin ); nous n’essayerons pas, ec d’autres publicistes , d'examiner ce i pouvait être fait peut-être pour évier les désastres de la guerre. une paille discussion nous conduirait trop in, et il faudrait un volume entier pour i donner le degré de clarté convenae. Ce qui reste hors de doute, c’est la ersévérance apportée par les Anglais ans cette affaire, ce sont les efforts ecrets, mais effectifs, du cabinet de ondres pour détourner un événement ont il a prévu toutes les conséquences, ais qu’il n’a pu éviter. Ostensiblement, lutte s’est passée entre les Etats de nion et le Mexique ; nousnousconten.
rons donc de spécifier chronologiqueent les faits principaux de cette guerre, océan Pacifique pui commence à l’adjonction du Texas our exploiter ses & qui finit par la cession de la Californie. ie qui ne s’est jan ® Nous ne reviendrons pas ici sur les
se le dissimuler,
il se prépare dans nienne. L'arrivée i s laborieux, la pi liforniennes leur :
ent sur les nationa 2 un perpétuel $ es colonies partiel anquer de se for
ers, l'impulsion q pays des efforts ant à accroître
sie, tout doit cont ion du type primit cette partie du ni ie à une imme ôle la France joue pel fait aux peup éconde? nous ligt u’il y a de probab n nombre de colo ace industrieuse 4 lera pas à se rent
événements de 1836 et sur la bataille de San-Jacintho, à la suite de laquelle Santa- Anna fut battu. Ainsi que l’a fait remarquer un publiciste distingué (1), il est présumable qu'en secouant le joug du
. Mexique les habitants du Texas avaient
l'intention des'incorporer à l’Union américaine. Quelques mois après la bataille de San-Jacintho une proposition formelle fut faite dans ce sens aux États-Unis, mais elle ne fut point agréée; et l'indépendance absolue du Texas fut reconnue pac la république dont il voulait faire d’abord partie. On n'a point oublié que Ja France, l'Angleterre et la plupart des États européens suivirent successivement l’exemple qui leur était donné par la puissance dont l'intérêt était le plus réellement engagé dans cette lutte diplomatique. En 1842 de nouvelles avances furent faites par le Texas, et l’on y répondit par un nouveau refus.
En 1843 un revirement subit a lieu dans la politique des États-Unis. Le président revient sur une décision qui s’est manifestée à deux reprises différentes, et au commencement de 1845 l’adjonction du Texas aux États de l’Union est décidée : cet événement politique toutefois n’a pas lieu sans d'assez longues négociations ;et, chose remarquable, il n’est consommé qu'après un premier refus du congrès américain.
S'il était permis d’accepter comme vrais des bruits politiques dans une question qui a cette gravité, nous rappellerions qu'on reprocha au président Tyler de n'avoir pris cette mesure qu’à la suggestion des spéculateurs sur les valeurs texiennes : il eût obéi, dit-onencore à cette époque, à l’espoir d'illustrer son administration et de faire renouveler son élection à la présidence. Selon cet homme d’État, une préoccupation d’une tout autre importance l'aurait dirigé, et il n'aurait songé à un accroissement de territoire qu’en raison de la certitude acquise par lui que l’Angleterre songeoit à se faire céder le Texas par le Mexique.
Quoi qu'il en soit, l’incorporation trouva une opposition fort vire au sein du congrès américain; d’une part, on prévoyait la guerre ; de l’autre, quelques
(1) M. Magne, à l’obligeance duquel nous de-
vons plusieurs documents historiques reproduits ici.
ee > LE A Er lune x sl témnmrimtotttils
er