‹ Les Californies, l'Orégon, et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 23 sur 42 · CHASSES DES INDIENS DE L'ORÉGON; PARTICULARITÉS TOUCHANT LE CASTOR · texte numérisé non relu

CHASSES DES INDIENS DE L'ORÉGON; PARTICULARITÉS TOUCHANT LE CASTOR

En moins d’un demi-siècle, et rien que por l'introduction du cheval dans ces parages, les mœurs des Indiens se sont profondément modifiées. C’est au moyen du cheval que les Tétes-Plates, les Pandéras, les Kalispels, les Pieds-Noirs, ne craignent pas d'attaquer ces grands trou-

eaux de buffles qui errent dans les valées, et dont le nombre est si prodigieux que pour me servir d’une expression adoptée par le P. de Smet, « il semble u'on voye réunis tous les animaux des oires de l’Europe. » C’est en pareille circoustance qu'a lieu la grande chasse, dit-il. Au signal donné, les chasseurs, tous montés sur des coursiers rapides, se précipitent sur le troupeau quise disperse à l'instant. Chacun choisit des yeux sa victime ; c’est à qui l’abattra le premier; car, aux yeux du chasseur, avoir abattu le premier buffle, ou plutôt la première vache, plus estimée que le bœuf, c’est un coup de maître; mais pour l’abattre plus sûrement, il doit caracoler autour de l'animal jusqu’à ce qu'il soit à portée de le blesser à mort; maiheur à lui si la blessure qu'il lui fait n’est pas mortelle!

la crainte alors se changeant en fureur, le buffle se retourne brusquement et poursuit à outrance le chasseur... Les sauvages croient que chez les buffles, comme chez les abeilles, chaque troupeau a sa reine, et que lorsque la reine tombe tout le troupeau l’environne pour la secourir. » Le P. Point, l’un des zélés missionnaires actuels de l’Orégon, parle

d’une chasse à laquelle il assista et du laquellecentcinquante-trois bufflest abattus avant le coucher du soleil.

terrible ours gris, qui s'élève quelqu@

à une taille vraiment colossale , et un seul coup de griffe peut abattre ile cheval de l'indien, est aussi l' ‘une chasse presque toujours da reuse. Lewis et Clarke parlent d'un

mal de cette espèce qui luttait enk

res de part en part de sept balle juitième seule tirée dans la tête l’ar Les trois autros espèces d'ours qui e dans ces solitudes sont aussi fort re tables.

Chassés sur tous les grands fle du Canada et de. États de l’Union, aujourd’hui sur le territoire de l'Ort que les castors se sont réfugiés. Le

e la mission de Sainte Marie, qui observés, nous a donné des détails curieux sur leurs mœurs, pour que n'en reproduisions pas ici quel traits : « Nous avons vu les ouv des castors, dit le P. de Smet; le où nous sommes est leur pays pa cellence. Tout le monde sait l’e qu’ils font de leurs dents et de

queue; mais ce qu'on ignore peutf

et ce qui nous a été assuré par des LASER c’est que pour faire tomber re du côté où ils veulent const

leur digue, ils choisissent parmi

arbres du rivage celui plus sur l’eau, et s’il ne s'en trouvl qui ait une inclinaison suffisante attendent qu'un bon vent vien leur secours. Tous les trappiers assurent que les castors qui refuse travailler sont chassés de la rép

ue à l’unanimité des voix et à cou

ents; que ces proscrits sont oblig passer un hiver misérable à moiti famés dans quelque trou abandonnéi

qui penc

rivière où on les prend facilement}

trappiers les appellent castors p seux, et disent que leur peau ne pas a moitié de la peau de ceux ‘industrie persévérante et la prévoi ont munis d’abondantes provisio mis à l’abrides rigueursde l'hiver.

peau, si recherchée, se paye sur les de neuf à dix piastres, mais en mar dise, ce qui ne revient pas à une pi en argent; car une seuie pinte de £ vre par exemple, qui ne coûte pi

alla bmat d'occ es nt di r S0

de q

et la Russie, comme cela devait être, protesta, en cequi la concernait. Il était évident, et deux publicistes l'ont fait remarquer, qu’on était entré dans une voie maladroite ou tout au moins impolitique, en proclamant ainsi d’une manière solennelle des droits si longtemps contestés. Il était évident aussi, dans l’état de la question, que legénéral Jésup, consulté sur ce pointdiflicile, avait trouvé l’unique moyen de donner quelque autorité aux paroles prématurées du président ; il voulait que deux cents hommes, traversant Fmimédialément le continent, aliassent s'établir à l'embouchure de la Colombia, tandis que des navires américa'ns transporteraient par mer les approvisionnements nécessaires à la nouvelle colonie. Cet avis énergiquen'eut pas de suite; on reprit les négociations.

L'année 1824 trouva la discussion posée sur une base aussi incertaine qu’ele l’était plusieurs années auparavant ; le ministre chargé de maintenir les droits des États-Unis, sentant qu'il ne pouvait appuyer de raisons incontestables les paroles prononcées naguère par le présicens pri le parti de reculer un arrangement définitif. Il renouvela la proposition

déjà faite à l'Angleterre. Les deux nations devaient jouir en commun du terri-

toire contesté pendantdix ans en partant du 51° parallèle. La diplomatie anglaise réclamait au contraire une solution sur laquelle il n’y eût pas à revenir, et pro-

osait pour limite la ligne de la Coombia. On ne put s'entendre sur ce point, et la discussion elle-même fut ajournée. Les contestations diplomatiques des États-Unis et de la Russie trouvèrent au contraire une solution. Le 5 avril 1824 un traité fut signé à Saint- Pétersbourg ; il contenait cinq articles : le troisième, le seul dont nous ferons ici mention, spécifiait qu'aucun établissement ne pourrait être fondé par les États-Unis ou par les citoyens de la république sur la côte ou sur les îles au nord du 54° deg. 40", tandis que les Russes s’interdisaient tout le sud à partir de cette latitude, réserve étant faite par le quatrième article aux deux puissances de fréquenter pendant dix années les parages où des établissements fixes ne pouvaient être maintenus (1). En 1825 un autre

(1 Voyez, pour l'analyse de ce traité‘ important, Greenhow, History of Oregon, p. 312,

traité fut conclu entre la Russie et Grande-Bretagne, qui fixait ainsi la dé mitation du tetritoire dé cette dernis puissance en Amérique. Elte dev commencer dorénavant au point le p sud de l'île du prince de Galles, par 54°40' vers l’est, jusqu’àla grande ent sur le continent appelée Portland Cha nel, en se prolongeant par le milieu ce passage jusqu'au 56° de latitude.

partir de là on lui faisait suivre lesoinn des montagnes bordant la côte à ( lieues de profondeur nord-ouest jusqu mont Saint-Éiias ; puis on la prolong au nord, en la dirigeant jusqu’à l’'int section des montagnes avec le 141° lougitude ( mérid. ouest de Greenwil jusqu’à la mer Glaciale (1).

Quant au débat pendant entre l’ gleterre et les États Unis, nous rét graderons de quelques mois, et n( verrons M. Monroë renouvelant di son messase annuel au congrès sa claration de l’annéé précédente, q voulait appuyer d’une démonstrat positive. Le président qui lui succé M. Adam, s’empressa d’adhérer à principe; mais rien ne fut fait jusqu 1826, et à cette époque M. Gallat dont nous avons invoqué déjà la ha autorité, fut chargé de conduire les gociations pour les États-Unis. Ai qu'on l'a très-bien fait observer, la sit tion des choses n’était plus la même l'Angleterre avait su mettre à pr

dans ces parages un temps dont @%ke.

comprenait la valeur pour le succès u rieur des débats: l'honorable Compas de la baie d'Hudson était devenue corps puissant, sagement adiministi disposant de ressources considérables pouvañt au besoin user d’une force n tairesuffisante pour se faire respecte s’en fallait bien alors que les États-U eussent pris des mesures aussi efil ces ; c'était tout au plus, dit-on, si| cunipiait uné centaine de citoyens à ricains sur le territoire contesté, l’on dut regretter la non-exécution

mesures énergiques proposées « ques années auparavant. Ouoi qu'il soit, le début de la discussion ran d’un commun accord les parties

Voyez également une note de M. Yermo dans les Nouv, Ann. des Voyages, année (à

(1) Voyez Fédix, L’Orégon et les côtes de céan Pacifique du nord,

De modéré et de conciliateur qu’il est d'abord, le langage du président devient plus positit. On n’est qu'en 1844; mais bientôt, et dès l’année 1845, l'affaire prend un caractère de gravité

u’elle n’avait pas eu encore : l'opinion es provinces se manifeste de la manière la plus vive. Le succès obtenu en 1846 à ropos de l'annexion du Texas excite es esprits, et les discours deviennent menaçants : la guerre éclaterait infailliblement si le fameux bill adopté le 3 février par la chambre des représentants de Washington n'était rejeté par le sénat, à une majorité de deux voix seulement, 23 contre 21. La majorité dans l’autre chambre avait été de 140 voix contre 54.

Ce vieillard énergique, que l’on a vu naguère l’objet d’une ovation populaire, le président Poik, eut à son tour à s'exprimer sur la grande question pour laquelle le peuple se passionnait depuis quelques années. Organe enthousiaste et résolu à la fois de l'opinion publique, non-seulement il s’associa pleinement aux conclusions de Monroë; mais il le fit dans un langage qui exigeait une réponse si catégorique de l'Angleterre, que sir Robert Peel en regretta publiquement la fière apreté (1).

Durantune seance mémorable du parlement américain, où cette grande question était traitée par les hommes les plus compétents, l'un des prateurs, M. Wiuthrop, s’est prononcé pour le statu quo, en rappelant que l’occupation combinée avait duré déja trente ans sans inconvénients. Dans l'absence de documents authentiques, nous supposons que cette opinion, plus modérée que ne l’eût voulu M. Gedding, est précisément celle qui doit prévaloir. Hâtous-nous de le dire d’uilieurs, depuis l'occupation de la Californie par les Américains, la question nous paraît s'être beaucoup simplifiée. La vaste baie de San-Francisco et les rives des beaux fleuves qui sejettent dans son sein offrent aux Américains un

(D Voyez un exposé très-substantiiel et trèsclair de la discussion, dans un ouvrage dejà cité. Fédix, {’Orégon, etc., p. 180.

port magnifique et des centres inép sables d exploitations agricoles. Des:

sements considérables de houille, bea coup moins problématiques que l'ex

tence des lavages d'or, y font comprend

dès à présent ce que peut devenir l' dustrie commerciale. Une région qui se trouve pas à plus de trois semaines navigation des côtes de la Chine, grà aux bateaux à vapeur, n’a rienàe vier sous ce rapport aux autres co trées.

Ceci ne veut pas dire cependant q le beau territoire de l’Orégon drive ët abandonné ou seulement négligé 1h les Américains ; tout nous prouve, contraire, que l’émigration au delà i montagnes Rocheuses se continue qu'elle peut avair d'immenses résulta De son côté, et dans un but différe l'honorable Compagnie de la baie d’'H son n’en continue pas moins ses effo intelligents pour multiplier les centi de population; sans aucun doute hommes actifs qu’ellerépand sur ce va territoire, après avoir épuisé les resso ces offertes par la chasse et par la pél à l’industrie, exploiteront d’une manil plus sûre encore celles que présente | griculture, Une chose notable pou France , c’est que la plupart des tr peurs employés par la Coinpagnieapp tiennent au Canada, et descendent dei anciennes possessions vers l’océan cifique. Pour la plupart aussi ceshom appartiennent à la religion catholiq etils apportent dans cesrégions recul de sentiments profondément sympa ques pour un pays dont ils partagent souvenirs glorieux. Ces émigrants mê aux Anglais sont dejà nombreux; forment le noyau d’une populat active : si l’'Orégon ne peut être un indépendant et se régissant lui-mê comine le souhaitait naguère un pu ciste; S'il ne doit pas rester out à l'émigration libre de tous les peu européens, il offre dès à présent hospitaiité qui peut devenir fructue à des hommes intelligents et laborie dans lesquels les Canadiens aimer à retrouver des frères.

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