‹ Les Californies, l'Orégon, et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 24 sur 42 · OGRAPHIE; NATURE DU CLIMAT; PRODUCTIONS · texte numérisé non relu

OGRAPHIE; NATURE DU CLIMAT; PRODUCTIONS

La plupart des géographes nous disent en que les Russes possèdent sur le ntinent américain, ou sur l’un de ses hipels, environ 66,000 lieues carrées; his après avoir nommé Novo-Arkansk, après avoir donné quelques détails atifs à son commerce de fourrures, laissent leur lecteur dans une ignoce complète sur ce vaste territoire :

pourrait dire cependant de l’Améue Russe ce qué nous avons dit à pros d’un pays voisin. C’est une de ces tions ignorées pendant des siècles que r situation géographique appelle in- Iliblement à sortir de l'oubli, à jouer rôle d’une réeile importance dans nouvelles relations que les grands ples réparent entre eux.

Amérique Russe comprend la partie plus reculée de la côte nord-ouest; étendue est ainsi fixée géographiquent par M. Yermoloff : « L'extrémité d de ces possessions commence dans e nommée du prince de Galles, au 54° +. 40’ de latitude nord; puis la limite tinue vers le nord-nord-ouest, le long la côte continentale comprenant te cette côte elle-même et les îles adentes. A partir du mont Élie la frone intérieure tourne brusquement au d-est, et court àtravers les terres vers éan Arctique. » L'archipel des îles outiennes fait partie de cet immense itoire; le savant Eyriès, qui adopte si ces limites, dans un travail estiellement remarquable, fait obser- , avec juste raison, que, malgré le bre aspect de ces régions, vouées e perpétuelles frimats, « les côtes identales sont, dans ie nouveau nde comme dans l’ancien, plus chauque les orientales (1). » Il ne s’en-

) Recherches sur la population du globe 25° Livraison. (AMÉRIQUE RUSSE.)

suit pas de l'indication de cette grande loi générale qu’on puisse leur assigner un climat favorable aux produits agricoles, ainsi que le fait très-bien observer le géographe dont nous suivons ici l’autorité. En 1816 on vit dans la baie de Kotzbue (1) le thermomètre s'élever au mois d'août jusqu’à 9° 2'; « mais la présence des bancs énormes de glace sur la côte prouvait que cette température élevée n’était pas assez puissante pour contre-balancer les effets d’un hiver rigoureux et prolongé. »

.Il faut donc convenir que si la patience européenne peut à force de travail élever dans ces parages certains végétaux utiles, ou multiplier certaines ressources industrielles, la nature a fait peu de chose pour en rendre le séjour attrayant. L'un des voyageurs qui l'ont observé avec plus de soin, le capitaine Lutké, fait connaître en peu de mots son climat en disant que l’on ycomptetoutau pu quarante jours de beau temps dans ’année (2). C’est à peine si lon y jouit durant trois mois d’une atmosphère supportable. Habituellement sombre, humide, chargée de petites pluies, elle n’est cependant jamais d’un froid trop rigoureux; vers la mi-janvier, époque d’un temps plus serein, le thermomètre de Réaumur s'élève jusqu’à 10°; « quelquefois aussi iltombe jusqu’à 10° etmême jusqu’à 14° au-dessous de zéro. La neigedure parfois également depuis novembre jusqu’en février. Le printemps commence de bonne heure : le framboisier fleurit en février et son fruit murit en mai. Les sui-

terrestre; Paris, 1833, p. 40. Voy. pour le détail de la délimitation fixée par letraité de1825, les renseignements spécifiés plus haut, p. 62.

{D Par 66° 14",

2) Frédésic Lutké, Voyage autour du monde, exéc''{é par ordre de S. M. l’empereur Nicolas I°*, sur la corvette la Seniavine, pendant les années 1826, 1827,:1828 et 1829 ; trad, du russe sur le manuscrit original par le conseiller d’État Boyé; Paris, F. Didot, 1836, 2 vol, in-8°,

sons en général diffèrent moins entre elles que dans les contrées qui jouissent d’un meilleur climat, et l’année entière ressemble plutôt à l’automne qu'à toute autre chose. » Après avoir établi ces curieuses généralités, le savant navigateur fait observer que cet état de l’atmosphère est plus désagréable qu’il n’est nuisible. Les personnes qui s’occupent de météorologie trouveront à la findesonlivre une série d'observations destinées à éclairer sur ce point, jusqu’à présent peu débattu (1). La flore de l’ Amérique Russe est assez peu variée; celle du moins qui contribue à adoucir pour l’homme un séjour prolongé sous ce climat ingrat. Quelques herbes potagères, parmi lesquelles figurent l’oseille, le persil, la canneberge, une sorte d’ortie; la pomme deterre, qui paraît destinée à fournir même aux populations indiennes une ressource abondante ; quelques baies, au premier rang desquelles il faut mettre la framboise, la groseille et la myrtille, forment la nomenclature assez bornée des humbles végétaux que le colon peut cultiver (2).1l n’en est pas de même de la végétation vigoureuse des forêts, et après avoir contemplé les grands eftets de la nature sous les tropiques on peut trouver encore quelques paroles d'admiration dès qu'ii s'agit de faire comprendre quel est l'aspect réel de ce coin presque ignoré du globe.

Nous invoquerons encore ici les souvenirs du capitaine Lutké.

« Le navigateur qui voit pour la première fois les côtes nord-ouest de l’Amérique est frappé de leur aspect sauvage et pittoresque. De hautes montagnes escarpées,couvertes de forêts viergesde la base au soinmet, s’avancent à pie dans la mer; à gauche, à l'entrée du large geife de Sithka, la montagne d'Edgecumbe, volcan éteint de 2,800 pieds au-dessus du niveau de la mer, diversifie le tableau; à droite et en avant, une chaîne d’iles entoure de près le continent. Tout est calme et sauvage; rien ne lui annonce

(1) L’excellent livre de M. Lutké(aujourd’hui contre-amiral), quoique imprimé en France, y est fort rare,

(2) On trouvera des détails précieux sur la botanique de l’Amérique Russe dans un savant mémoire de M. Richard Brinsley, qui a été inséré à la suite du f’oyage de sir Edward Belcher ; il est intitulé : The regions of vegetalion, etc,

l'approche d'un port. L'apparition entr les îles des chaloupes et des canots q viennent en hâte à sa rencontre est premier indice qu'il en a. Après avoir d passé ce labyrinthe d'îles, la scène s’ nime tout à coup à ses yeux : il aperct le pavillon russe flottant sur la forteres bâtie sur un rocher élevé; des pali sades et des tours entourent plusieu grandes constructions ; ou voit une égli à droite ; plus loin, le long du rivag une rangée de maisons et de jardins:

gauche un chantier et un grand villa d’Américains : dans le port et dans la ral quelques bâtiments armés ou désarmés, souvent dans le nombre quelques navi étrangers. Tout cet ensemble présen un tableau d’ordre, de vie et de pros]

rité, qui contraste agréablement aveck

rudesse de la nature environnante. »

L'histoire du pays ne compte encore un siècle, et l’Europe ne s’atte pas sans doute à trouver des incidet bien dramatiques dans la succession divers événements auxquels on doit fondation de cette colonie, si longtem oubliée. La prospérité des faibles popu tions disséminées sur ces vastes espad est cependant incontestable : dès lor:

devient intéressant pour l'observateur connaître par quelle suite non interro pue d’efforts les hommes s£nt parven à combatre les rigueurs de la nature souvent à en tricinpher.

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