‹ Les Californies, l'Orégon, et l'Amérique russe [microforme]Chapitre 30 sur 42 · SE PTS · texte numérisé non relu

SE PTS

Me v-

es

vahissement. Ce n'était pas à un homme tel qu’Alexandre Baranoff que de tels détails pouvaient être fournis vainement ; il détacha de Sitkha cent Russes, sous le commandement de M. de Kuskof.

Ceux-ci furent renforcés par une centaine d’Indiens kadiak , et, il faut insister sur ce point, avec la permission des Espagnols, une petite colonie de chasseurs s’éleva tout à coup dans ces solitudes qu’on se croyait trop heureux alors de voir sillonnées par des êtres vivants.

Les bénéfices obtenus par la Compagnie sur ce point furent, dit-on, immenses.

Les établissementsse multiplièrent. Dès l’année 1815 quelques fermes russes s’élevaient déjà dans l’intérieur ; mais alors vinrent les réclamations, et, comme l’a très-bien fait observer M. Duflot de Mofras, elles furent sans effet : « les troubles qui agitaient la vice-royauté du tenue permirent aux Russes de devenir les possesseurs définitifs du terrain qu’ils occupaient. » Le port de la Bodega prit même le nom de Romanzoff (1).

Ainsi que l’a consigné dans sa relation le même voyageur, « le terrain occupé par les Russes n’a jamais eu de limites bien fixes, puisqu’à l’époque de leur établissement en 1812 il n’existait aucune ferme espagnole au nord du port de San-Francisco, et qu'ils commirent alors la faute de ne pas y fonder quelques maisons. Cependant , d’après les renseignements les plus précis, on peut dire que la ligne de démarcation commençait au sud du port

(I) Greenhow raconte ainsi l'établissement des Russes dans ces régions. « Baranoff, l'agent en chef de la Compagnie russo-américaine, obtint du gouverneur espagnol de la Californie la permission d'élever quelques maisons et de laisser quelques hommes sur les rives de la baie de Bodega , un peu au nord du Port de San-Francisco, où ils furent employés à la chasse des troupeaux sauvages, seulement pour approvisionner de vivres S tkha et les autres établissements. Deux ou trois ans s'étaient à peine écoulés depuis que cette permission avait été accordée, lorsque le nombre des individus employés ainsi devint assez grand et leur habitation assez semblable à un fort, pour que le gouverneur jugeât à propos d'adresser des remontrances à ce sujet. » L’historien continue en disant que ces observations furent reçues fort mal ; et-que lorsque le commandement de quitter les lieux fut réitéré, agent russe Kus- Kof nia froidement le droit des Espagno’: sur ce territoire, qu’il affirma être ouvert à à :'cupation de toute nation civilisée. Voy. History of Oregon, p. 327.

de la Bodega, à la lagune nommée E] Fstero Americano, et qu’elle se prolon au vers l’est-nord-est à la rencontre e la petite rivière de San-Ignacio, Avatcha des cartes russes. » IL y a uns identité parfaite entre la topographie de cette portion de la côte et celle de autres partie ds la haute Californie c'est d’abord une chaîne de collines cou rant parallèlement à la côte, et derrière ces éminences vers l’orient de belle prairies. — Malheureusement on n rencontre pas un seul cours d’eau navi gable sur un espace de vingt lieues.

Rio-Ignacio ou Avatcha, qui se jett dans le port de Romanzoff, le San-Se bastian ou Slawianska , qui se dessèch durant l’été, le ruisseau désigné sous | nom de Ross et le Kostromitinoff son dans ce cas. Le climat de cette partie d la colonie est magnifique; la chaleu moyenne de l’anuée est de 12° centigra des; et M. de Mofras affirme qu'il n gèle jamais : aussi les arbres fruitie de l’Europe prospèrent-ils le long del côte, sans en excepter la vigne. Les cé réales, le tabac, certains légumes de zones tempérées viennent bien. Ave des soins les bestieux pourront se mu tiplier d’une façon prodigieuse comn ils l’ont fait sur d’autres points de l’A mérique. L'établissement russe foni dans l’excellent"port que l’on désign sous le nom de la Bodega gît par le 38° 18’ 30” de latitude nord et I 1250 24 20” de longitude ouest. Il y cinq à six ans on n’y avait élevé aucur espèce de fortification, et la Compagni se contentait d'y posséder une pièce bronze. Ses vastes magasins seuls | donnent de l’importance; il y a deux 0 trois maisons d'habitation seulement ; est probable que les choses ne restero pas longtemps dans cette situatio surtout en présence des nouveaux év nements que vient d'amener la guer du Mexique.

Le fort de Ross, qui s’élève dans ui petite anse où les Russes ont déjà con truit des navires, a excité naguère, l’ensemble de sa position et par la Ê tilité de ses jardins, l'admiration d’ voyageur dont nous aimons à recueil les impressions: « Il n’existe rien de plié

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AMÉRIQUE RUSSE. gt

tourent. Ross présente un quadrilatère Jde og ya mate de front, Fr cen- : : Etre duquel se trouvent la maison du goupe pe at verneur, celle des officiers, l'arsenal, la “e topographi caserne, des magasins et une chapelle côte et celle degg"ecque surmontée de croix et de clocheaute Californiel0"s le l'effet le plus agréable.L’enceinte, h formée par d’épais madriers, avait quatre mètres de haut; elle était percée d’embrasures garnies de caronades, et aux angles opposés s’élevaient deux bastions exagones à deux étages et garnis de six pièces. Dans les autres étublisse- Buents principaux, tels que Kostromi- Binoff, Vasili, Klebnikuff, D. Jorge Lo dessèct schernick, les bâtiments d'exploitation, né sous IféS fermes, les corps de garde et les maiau désign TE sc ons des officiers sont entourés de jarstromitino Papin et bâtis en bois, avec ée fort jolis de cette PARUS rnements. Ces maisons, nommées isba fique; la chaleuh. L Russes, ressemblent à celles des st de 12 a illages moscovites. » Ainsi donc, grâce affirme La 1 NEx résultats merveilleux amenés par la es arbres pa avigation , grâce à l’expansion de faits nt-ils le long de E és qui en résuite, l’ethnographie r la vigne. Les d ra à constater un jour, non-seulement tains légumes dE Lélinges de races les plus étranges, nnent bien. AVE aussi les oppositions d’instincts arpourront se MUEtiques les plusextraordinaires : sur ces rodigieuse COMME. Les, déserts encore il y a moins de arante ans, le chant slave commence retentir à côté des campagnes fertiles \le pâtre redit quelques vieilles roances espagnoles; l’architecture qui isa ses inspirations dans l'antique ovogorod reparaît non loin des villes Bissantes où fleurit encore le génie des errera.

Un changement notable s’est opéré pendant dans cette portion de l’Améque Russe, il n’y a pas encore septans; b n’y trouverait peut-être plus la soété élégante et choisie qu'y sut apprékr un de nos compatriotes. La Cumgnie a pensé que la culture des terres vait être abandonnée en partie , ainsi e l’élève des bestiaux, et qu’elle trouit un intérêt réel à acheter des agriteurs répandus dans le pays ce que

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osition et par la ff cnce un officier distingué, qui avait

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chasse que convoite la Compagnie et qui lui font regarder comme secondaires les résultats de l’agriculture. C’est à ce point de vue qu’il v a une dizaine d’annéeselle avait jeté son dévolu sur un vaste territoire voisin, dont elle méditait de faire régulariser la cession. Il ÿ a dix ans M. l'amiral du Petit-Thouars disait :

: Les Russes, resserrés dans leur éta- L'ssement agricole de la Bodega (établissement aujourd’hui dans l’état le plus flurissant), convoitent, si l’on en peut juger par des paroles échappées à quel- Je officiers placés dans une position

levée, la possession du beau port de San- Francisco, celle des rives fertiles de ses deux bassins, comme aussi celle de la magnifique rivière del Sacramento, qui est navigable pour des bâtiments de deux à trois cents tonneaux jusqu’à einquante lieues deson embouchure.:{l serait peut-être difficile de dire aujourd’hui à quelle nation appartiendra un jour cet excellent port; mais dans l’état politique actuel de l’Europe et du Nouveau Monde ilest très-vraisemblable que la puissance qui aura la heureuse hardiesse de s’en emparer par une nccupativn de fait ne sera pas troublée dans sa possession (1). »

On le comprendra »'sement, les événements qui viennent d’avoir lieu à la suite des guerres du Mexique changent complétement la question , et il est bien certain que la haute Californie, étant tombée entre les mains d'une nation dont la sagacité ne saurait étre mise en défaut, les prétentions des possesseurs de la Bodega seront examinées sérieusement. La baiede San-Franciscooftre l’un desplus beaux ports du monde, et il n’est guère probable que les États de l'Union s’en dessaisissent en faveur d’une puissance dont la concurrence peut devenir à craindre dans ces paruges. et dont les Américains ne seront certes pas les derniers à deviner les empiétements.

Le Rio del Sacramento (2), quise jette

(1) Du Petit-Thouars, Voyage de la Vénus , 1837.

(2) Le Rio del Sacramento a pris une telle im portance pendant l'impression de ces notices, qu’on nous saura bon gré sans doute de donner ici quelques détails sur son cours et sur le pays

u'il arrose. Au moment de mettre sous presse ‘ailleurs, le message du président des États- Unis adressé au congrès, et le rapport da M. Mason, font évanouir tous les doutes que

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