RE TR
Nouvelle Aibion'; les raisons alléguées par le narrateur de l'expédition pour motiver cette espèce d’usurpation sont assez curieuses : « Il l’appela ainsi, dit-il, pour deux causes, la première parce qu'il est le premier qui en a fait la découverte; et la seconde parce qu’elle a beaucoup de ressemblance à nostre Angleterre, estant fort belle le long de Ja coste de la mer. A cest effect, et pour mémoire de ce passage, il a faict graver sur une lame de cuivre le nom, le pourtraict et les armes de notre dicte royne, et l’a fait attacher et clouer contre un pilier de pierre, pour ce spécialement basty et érigé dans nostre fort :
il y a aussi fait mettre son nom et le jour auquel nous y sommes arrivés, et dont le roy et ses subjets nous ont fait paroistre qu’ils faisoient grand estime (1). » Voilà bien, onle voit, une prise de possession en formes; cependant la vice-royauté de Mexico se sentait si peu disposée à admettre de telles prétentions, qu'en l’année 1581 elle renouvelait par terre l’aventureuse expédition de Coronado, afin de prendre ossession plus complète de la Caliornie, et que cette entreprise était confiée à un homme d’une tout autre énergie que son prédécesseur. D. Juan d’Oüate, noble chevalier biscayen, partit en compagnie de son fils D. Christoval, et du mestre de camp Vicente de Zaldiver ; il est juste d'accoler aux noms de ces trois héros celui d'un poëte, Juan de Villagra, l’auteur de cette curieuse chronique versifiée, où l’historien peut puiser de si utiles renseignements et quelquefois de si nobles des-v criptions (2). Les rêves touchant Cibola et Quivira s'étaient renouvelés; ils s’évanouirent de nouveau devant d’intrépides explorateurs. Cependant la géographie intérieure de la Californie y gagna ; car, après avoir bravé des luttes péri Ieues , ét qui eussent peut-être assé tout autre que lui, D. Juan d'Oñate « partit avec trente hommes pour explorer la mer du Sud du côté de la Californie ; il donna à un excellent port le nom de la Conversion de Saint-Paul, car pour d'aussi grandes âmes le repos
(1) Voyage de l'illustre seigneur François
rake, p. 6. « (2) Historia del nuevo Mexico. Alcala, 1610,
n’est que l'emploi de leur talent : led
maux qu’il souffrit pendant huit moi que dura cette expédition furent extré mes... Enfin il retourna à son camp et il fonda une ville avec le seul secou
des Esprnols (1). » Nous n’ajouteroni
u’un fait à ce passage , c'est qu'une in igne persécution fut l’unique récom pense de tant d'efforts.
On le voit incontestablement par ler cit de ces diverses tentatives, l’impor tance de cette position n'échappait pas l’administration coloniaie de l'Espagne L'un des marins les plus expérimenté qu’elle eût alors était un Grec; elle l’em ploya à de nouvelles recherches dans ce parages. Apostolos Valeriano, bien plu connu sous le nom de Juan de Fuca partit en 1592 d’Acapulco, commanda une caravelle et une pinasse. Il avai pour mission de découvrir un passag entre l’océan Atlantique et l’océan Pa cifique. On a acquis la certitude que s tout n’est pas apocryphe dans la rela tion qu’il publia à Venise en 1596 , le étranges exagérations dont il se rendi coupable devaient nécessairement jete du doute sur quelques vérités géogr phiques ; et depuis une célèbre expéd tion entreprise sur de vagues donnés prouva tout le tort qui peut résulte d’une odieuse supercherie (2).
‘Trois ans plus tard D. Luiz de Velas:
reçut encore l’ordre précis de faire ex:
miner les côtes de la Californie. On se tait dès lors l'immense avantage q présentait ce point important pour | commerce des Philippines. Cette fois le navire d'exploration partit des il mêmes qui devaient trouver un avantag réel dans cette reconnaissance géogr phique ; le pilote Sebastian Rodrigus Cermenon arriva bien au port de Su Francisco, maisson navire y périt : ur portion de l'équipage se sauva néa moins, et plustard Francisco de Bolanc
(1) Recueil de pièces relatives à la conqu du Mexique, publié par Ternaux-Comparÿ
pi (2) Le consciencieux Warden dit avec rai:
que tout n’est pas à rejeter dans les dét géographiques ournis par Fuca sur un p tendu détroit, « Cette entrée, située par latitu nord à48 degrés et demi, a été reconnue par capitaine anglais Duncan en 1787, l’année d se par le capitaine Meares, et enfin par capitaine Vancouver, Quant à la communicat entre les deux Océans, elle n’existe nulle part
i en fai:
nts ser second bre auq connais ht faite | ays. Nou ode vrai ces cor voit, 1 mystèr an des t x-septièt » saurait e des prquems ExPÉp!
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Idat et ables : i dition et demand a , alors pagne, € cial de À qu’en rtait à l’ S. Fra ès de ce igieux € ler les e lui ce Fray F de co 0, frè ,etenf le voit u’aux cle. Vis is nav hs le igea a atteir il fut S siens ; lfe il p
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ablement par ler entatives, l’impor n'échappait pas inie de l'Espagne plus expérimenté un Grec; elle l’e echerches dans ce aleriano, bien plu de Juan de Fuca bulco, commandan e pinasse. Il avai ouvrir Un passag que et l’océan Pa la certitude que s phe dans la rela enise en 1596 , le s dont il se rendi écessairement jete es vérités géogr ne célèbre expéd de vagues donnée qui peut résulte cherie (2).
| D. Luiz de Velasc précis de faire ex:
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relatives à La conqu ar Ternaux-Compary
Warden dit avec rais rejeter dans les dét par Fuca sur un p itrée, située par latil i, à été reconnue par an en 1787, l’année d
Meares, et enfin par p
uant à la communicat elle n’existe nulle par
i en faisait partie, put rendre d’impornts services ; il guida comme pilote seconde expédition du navigateur cébre auquel on dut à cette époque la kconnaissance la plus profitable qu'on it faite le long des côtesde cet immense ays. Nous touchons en effet à une péode vraiment décisive pour l'histoire ces contrées, dont la géographie, on voit, resta si longtemps enveloppée mystères. Ici nous laisserons parler an des historiens les plus célèbres du x-septième siècle, persuadé que rien » saurait remplacer la naïveté si prése des renseignements publiés par prquemada.
EXPÉDITION DE VISCAÏNO. — « En année 1596, sous le gouvernement du mte de Monterey, vint un ordre de M. pour que l’on allât à la découverte s terres et des ports des Californies , uchant lesquels nombre de renseigneents circulaient, annonçant qu'il y ait en ces mers grande quantité de res jee voyage , le marquis del Valle vait fait auparavant ). La commission t remise au capitaine Sébastien Visino, homme de bon jugement, bon Idat et chef pratique en choses semables : il réunit son monde pour l’exdition et sous l’autorité du vice-roi.
demanda aux pères pra Pedro de a , alors commissaire de la Nouvelleagne, et Fray Estevan de Alçua, procial de cette province du saint Évanè, qu’en raison de la dévotion qu’il rtait à l’ordre, et parce que les frères S. François étaient les premiers apô-
e lui concéda , et furent nommés le Fray Francisco de Balda, en quade commissaire, Froy Diego Per- 0, frère Nicolas de Saravia, pré- , et enfin Christoval Lopez, frère lai. »
le voit, l’idée des missions remonte
cle. Viscaïno partit d’Acapulco avec is navires; et après avoir pénétré hs le golfe de la Californie, se igea au nord-ouest jusqu’à ce qu'il atteint le port de San-Sébastien.
il fut abandonné par quelques-uns s siens; mais après avoir traversé le
Mife il prit possession des terres au
nom de la couronne d'Espagne, et ne rencontra aucune opposition de la part des Indiens. Viscaino arriva ensuite au port de la Vera-Cruz, où Cortez avait fait jadis ses premiers essais de colonisation ; il le nomma Bahia de la Paz, en raison de l'accueil bienveillant que lui firent les Indiens. Mais ayant quitté ce Mouillage, qui ne lui offrait pas des ressources suffisantes pour y maintenir sa colonie naissante, il alla reconnaître la côte septentrionale du golfe. Là il rencontra une peuplade belliqueuse, se composant d'environ cinq cent guerriers; l'attaque de ces sauvages ne pouvait être prévue : elle coûta dixneufhommes à l’expédition. Cruellement frappé d’une telle perte, peu satisfait d’ailleurs de l’aspect du pays, Viscaïno fit voile pour la Nouvelle-Espagne, et l’année 1596 le retrouve à Mexico.
Ce premier voyage de l’habile marin n’est que le prélude de la grande expédition qui doit lui assigner dans l’histoire de ces contrées une renommée durable.
Philippe III songeait à inaugurer son règne par quelque entreprise remarquable, lorsqu'une relation oubliée fut trouvée, dit-on , par lui, au milieu des
apiers de son père. Elle contenait sur a Californie u” de ces documents erronés qui avaient déjà enflammé tant d’imaginations ; c'était toujours le fameux passage de la mer du nord conduisant dans la mer du sud; puis une grande ville peuplée d'habitants civilisés, que l’on avait eu le temps d’observer à peine, mais qui devait infailliblement fournir d'immenses richesses à la couronne. Le roi des Espagnes et des Indes résoiut de satisfaire tout à la fois un sentiment de curiosité géographique fort louable et d'établir sur des bases solides les idées politiques préconçues touchant le commerce des îles orientales avec une partie de ses vastes États d’outremer. C'était en 1600 : l'expédition une fuis combinée, Sébastien Viscaïno fut choisi pour en avoir la direction ; on embarqua des religieux zélés, des marins habiles, des troupes aguerries ; on fit plus, deux cosmographes expérimentés , le capitaine Gaspar de Alarcon et le capitaine Geronimo Martin, furent adjoints au commandant pour relever géographiquement les côtes. La flottille
mit à la voile le 5 mai 1602 du port d’Aca-
ulco. Nous craindrions de lasser l'esprit EM lecteur par les détails de cette longue et pénible exploration maritime ; il suffira de dire que neuf mois furent employés à parvenir au cap San-Sébastian , qui se projettederrière le cap Mendocino, ‘et que le port de los Pinos, mieux exploré, reçut pour la première fois le nom de Monte-Rey, en l'honneur du vicé-roi qui gouvernait alors le Mexique. Ainsi que a fait très bien observer M. Duflot
e Mofras, « un des lieutenants de Viscaïno, Martin d’Aguilar , s’avança jus-
u’au 43° degré et reconnut le cap
lanco , auquel le capitaine Cook ne se fit pas scrupule de substituer plus tard le nom de cap Gregory , de même que Vancouver donna le nom anglais de Oxford au cap Diligencias, découvert bien longtemps avant lui par Viscaïno. »
Il n’est peut-être pas hors de propos non plus de faire observer que l’illustre Hum-
oldt fut frappé, au bout de deux siècles, dela précision destravaux géographiques exécutés par les cosmographes attachés à cette expédition. Il dit positivement, et après l'examen sérieux des cartes cons. rvées alors à Mexico, que Viscaïno releva les côtes de la Californie « avec
lus de soin et plus d'intelligence que Jamais pilote ne l'avait fait avant lui. »
Ce soin conscieucieux que nous nous plaisons à constater chez le marin espagnol doit faire assez pressentir que Philippe IL n’obtint pas de l'expédition les résultats merveilleux qu’il en attendait. La Californie même tomba dans un oubli tel que Sébastien Viscaïno passa vainement en Espagne pour obtenir la permission d’entreprendre une nouvelle expédition : le conseil des Indes se montra sourd à ses supplications. Plus tard sans doute on comprit l'avantage d’une position telle que celle de Monterey et de quelques autres ports. Un ordre de colonisation fut signé ; l’ancien explorateur de ces déserts put se flatter un
moment de pouvoir accomplir ses travaux ; iln’en fut rien. Viscaïno doit gros-
sir la liste des hommes éminents qui n’atteignirent jamais le but qu’ils s'étaient proposé, durant une vie de labeurs et d'épreuves. 1] mourut comme il faisait les préparatifs d’une troisième expédition.
CONTINUATION DES EXPLORATIONsBIléS avaie AÛ DIX-SEPTIÈME SIÈCLE; PAEMIÈè-Europe, 0t RES MISSIONS; PROP:::2'TIONS FAITESBbsolumen A Louis XIV £T RE‘ïrÉÉS PAR Coz-Rtaicnt. à BERT.— Il n’est pasjusté de dire,commekappeié, q l'a fait un écrivain dont nous aimons àkleur qu’ait reproduire le témoignage, que durantkpoque, x. un espace de cent soixanté ans aprèshait à l’afft la mort de Viscaïno les Espagnolskations, il s'abstinrent de former des établisse-Rement cel ments le long des côtes de la Californielle la Calif ou simplement d'explorer ces régions.Rartograph Pour ne mentionner que les principaleskette vaste expéditions, nous citerons rapidementkous le no celle de Juan de Iturbi, qui eut lieuPersonne : en 1615, et qui eut pour résultat ces ar-Blacé son mements destinés à la pêche des perleskieu où l dont le nombre se multiplia au delà debraindre d toute prévision. Au retour d’Iturbi lekins, tous quint du roi prélevé sur la pêche deskeuse. Il # perles s'était élevé à 900 pesos (1). Cefait généra merveilleux résultat tenta plusieurs Mexi-Be connais cains; on se porta sur divers points de lle renseig Californie; mais de déplorables cruautéskes raisont commises envers les Indiens souillentfrance dan cette période. Fränciscs de Ortega, du-hin comte rant trois expéditions entreprises delenait à la 1632 à 1634, multiplia au contraire sesui avait vc explorations nacifiquement, en s’enriftant venu chissant par la pêche dés perles. Six anébour ÿ fui plus tard Barthelemy de Fuentes s’enbftice, prof alla à la recherche du prétendu détroitf'une bien qui devait joindre les mers d'Europe äBrojets cos celled’Asie, et il s’en faut que ses recon-u seizièm naissances aient été complétement inu-ouvenit d tiles pour les progrès de la géographie.Be Niza, En 1642 D. Luis Cestin de Canas vakilité d’all reconnaître une partie de la côte, enbe Quivira compagnie du P. Jacintho Cortès, au-eur du b quel appartient la gloité d’avoir tenték’eut pas les premières missions régülières, tan-Fion du dis que la péche des perles semblait étréhines de l'unique but qui attirât vers ces régions.fésultat 1 Nous passerons tout aussi rapidementBer de la sur les entreprises de Pedro Porter yft malheu Casanate, de D. Bernardo Bernal du Texas ; Piñadero, de Francisco Luzenilla. Sansl Expép aucun doute, ces expéditions n’avaietito y AN pas un but purement scientifique, cofifhŒ@anr 2 celles qui ont lieu dè nos jours, maiske P. E elles u’étaient pas infructueuses au pointe temp de vue géographique. Ce qu'il y a d plus vrai, c’ést qu'exécutées par des Es (r)Je dois pagnols qui en cachäient les résultats, argry, do
r les exp eaUCOUp 4 ocuments
(1) Foy. Venégas, t, 1‘,
ÉÉS PAR COL- | de dire, comme nous aimons à ké, que durant anté ans après les Espagnols
des établissede la Californie rer ces régions.
e les principales oûs rapidement
taint, à ee point, nous l'avons déjà appeié, que l'esprit le plus investigaeur qu’ait possédé l'Angleterre à cette poque , que l'illustre Bacon, qui se teait à l'affût de toutes les grandes exploations, sq lui-même compléteement celles qui avaient lieu le long e la Californie; renchérissant sur les artographes du moyen âge, il désignait ette vaste portion du nouveau monde ous le nom de ferra incognitissima.
bi, qui eut lieuPersonne n’ignore qu’il y avait même r résultat ces ar-Blacé son Ælantis, comme étant un pêche des perleskieu où l'on pouvait fonder, sans ‘y iplia au delà debraindre d’être contredit par les matour d’Iturbi leins, tous les rêves d’une utopie génésur la pêche desfeuse. Il ÿ a mieux encore, et c’est un 00 pesos (1). Cefait généralement ignoré, cette absence taplusieursMexi-Re connaissances positives, ou plutôt ivers points de lle renseignements pue à des sourlorables cruautéskes raisonnables, eût pu entraîner la Indiens souillenrance dans une folle expédition. Un cern de Ortega, du-hin comte de Peña Lossa, qui apparentreprises delenait à la famille des Arias d’Avila , et au contraire sesui avait voyagé en Californie vers 1661, ment, en s’enriÆtant venu chercher un réfuge en France és perles. Six ansBour y fuir les persécutions du saintde Fuentes s’enkftice, proposa à Louis XIV, en échange prétendu détroitf'une bienveillante hospitalité, un de ces mers d'Europe àäBrojets comme on en formait surtout ut que ses recon-u seizième sièclé. Séduit par un vague )mplétement inu-bouvenir de l’expédition de Fray Marcos de la géographie.Be Niza, il établit nettement la possitin de Canas vabilité d’aller à la conquête de Cibora et e de la côte, enke Quivira. Nous le disons ici à l’honntho Cortès, au-Beur du bon sens de Colbert, ce projet jité d’avoir tentéeut pas de suite, Une autre proposirégulières, tan-Hion du même personnage touchant les rles semblait étrhines de la Nouvelle-Biscaye eut joe) L vers ces régions-fésultat la célèbre expédition de Caveaussi rapidement$er de la Salle, qui anena cet illustre 8 Pedro Porter ÿ£t malheureux explorateur sur les côtes nardo Bernal du Texas (1).
> Luzenilla. Sans} ExPÉpiTIoN DE D. IstDRO DE ATONditions n’avaietitko y ANTILLON , MISSIONNAIRE ALentifique, COMINABANT EXPLORER LA CALIFORNIE ; nos Jours, MmalS$e P. EuseBIoO Francisco KiNo. — ictueuses au point£e temps allait arriver cependant où , Ce qu'il y a d utées par des ES4 (1) redoiscecarieux renseignement à M. Pierre ent les résultats argry, dont lestravaux DÉPENS EIeUs r les explorateurs âe l'Amérique réformeront
eaucoup d'erreurs, Ils doivent faire partie des ocuments inédits relatifs à l'histoire de France.
LES CALIFORNIES. 16 EXPLORATIONSBIIéS avaient peu de retentissement en deshommesd’action, soutenus par la fer- Le: PREMIS-Kurope, ou mémnequ’elles y demeuraient veur de leur courage religieux , sauraient ifIONS rAttTEesBbsolument inconnues. Les choses en combiner leurs efforts avee ceux des
navigateurs espagnols, pour gina d à leur misère ces peuples que la cupidité laissait dans l’état sauvage. Cet événement notable eut lieu en 1678; à cette époque le conseil des Indes se détermina à former un établissement sur les côtes de la Californie; et pour effectuer son projet il s’entendit avec l’autorité religieuse et politique de Mexico, représentée par D. Francisco Payo Enrique de Rivera, qui réunissait dans ses attributionsle pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, puisqu’il était à la fois archevêque et vice-roi de la Nouvelle-Espagne. Après qu’on eut écarté quelques obstacles dont le détail importe peu à lintérét de ce rapide coup d’œil, il fut déeidé dans la capitale du Mexique que D. Isidro de Atondo y Antillon s’engagerait, par un acte officiel, à entreprendre une nouvelle expédition à ses frais, mais cependant en recevant quelques subsides de l'État. Guidée alors par une sorte d’instinet politique qui lui avait fait comprendre quel était le véritable mode d'organisation applicable aux nations indiennes , la cour de Madrid avait choisi trois religieux. appartenant à un ordre célèbre, pour commencer les travaux d’une mission que l’on songeait depuis plusieurs années à organiser. Le P. Eusebio Francisco Kunth, plus connu sous le nom de P. Kino; lés P. Juan Bautista Copart et Pedro Mathias Goûi, avaient été choisis pour accomplir ces grands travaux apostoliques dans des régions désertes à peu près inconnues au reste du monde (1).
Nous ne saurions donner ici le détail des premiers essais d'exploration accomplis sous les ordres de l'amiral D. Isidro de Atondo y Antillon. Ils commencèrent vers le milieu de mai 1683 ; mais dès le début l'attitude de certaines tribus californiennes prouva qu’on ne pourrait réussir qu’en employant la persuasion; les moyens coércitifs manquant presque complétement. Antillon n’avait sous ses ordres qu’une
(1) L'acte fut signé au mois de décembre 1678; Voy. l’Art'de vérifier les dates. Le deuxième acte, qui conférait le pouvoir spirituel aux tésuites, est daté du 29 dloambre 1679. [bid.
SRE LE EE
7 pere gr ar ST +
centaine d'hommes et quelques pierriers : cela suffisait pour mettre en fuite les sauvages de la côte, quelque bellige qu'ils fussent; cela était insuf-
sant pour les soumettre. Les missionnaires comprirent dès l’origine la seule marche qu'il y eût à suivre: ils apprirent les deux langues qui étaient parlées par les tribus les plus importantes de la côte; ils reconnurent géographiquemeut une partie de ces contrées ; et lorsque après trois ans d'essais à peu près infructueux, puisqu'on n'avait pu élever
u'un misérable village sur la côte (1), il fallut renoncer à des espérances exagérées; lorsqu'en un mot on eut dépensé à peu près inutilement 250,000 pesos, il resta pour unique capital à queue hommes la puissance de leur pavole et l'énergie d’une volonté persévérante ; la civilisation cependant allait bientôt se montrer sur les côtes de la Californie!
Lorsqu'on a lu patiemment les chrouiques souvent diffuses qui se rattachent à l’histoire des deux premiers siècles qui auccèdent à la découverte de l'Amérique, on est surpris de l'oubli complet où sont restés certains noms et de la grandeur de certains efforts demeurés inaperçus. Accomplis sur un autre point du monde, mêélés à l’action politique qui nous préoccupe habituellement, ces faits eussent certainement sufli pour illustrer des hommes aujourd’hui sans gloire. Qu'ils appartiennent à la phalange des aventuriers infatigables par lesquels le nouveau monde a été sillonné, qu'ils rappellent le dévouement plus obscur encore de quelques pauvres religieux, qu’on les nomme la Salle, Bartholomeu Buenno, Sagard ou Varennes de la Veranderye , il y en a bien peu qui sachent aujourd'hui leurs glorieux travaux, et qui leur payent une dette de reconnaissance. Disons rapidement les travaux de quelques-uns de ces hommes infatigables qui se sont endormis sans entrevoir le fruit de leur Jabeur (2).
* (1) Saint-Bruno, fondé le 6 octobre 1643, dans une grande baie qui est située sous le 26e degré 30 minutes.
(2) Le dernier des hommes énergiques nom-
més ici, par exemple Varennes de la Veranderye,
se rallache essentiellement à notre sujet, car le premier ce fut lui qui indiqua aux Canadiens
Le premier qui se présente v'est courageux comp non d’'Antillon, c'e ce P. cisco Kino, que l’on nous présente comme un habile cosmogra et qui était bien certainement un inff tigable explorateur; né en Allemagnf quoique plus tard on ait donné une t minaison espagnole à son nom, il éta entré dans l'ordre des jésuites, et av:
uitté une chaire de mathématiques ngoldstadt en Bavière pour se rend dans les missions; en agissant ainsi, obéissait, dit-on, à un vœu qu'il av:
fait jadis à l'apôtredes Indes, saint Fra çois Xavier. On a déjà vu qu'il fais:
partie de la mission en 1688, et q durant cette première expédition il ava jeté des semences pes l'avenir; bier tôt il s’associa au P. Juan Maria Salv Tierra ; nous le voyons d'abord dire teur des missions de Sonora, provin contiguë à la Californie : là il fonde d villages , il engage les Indiens à se livr à l’agriculture, il se fait adorer des t bus sauvages, parce qu’il sait les pe suader. Nouveau Los-Casas, il comb auprès de Charles 11 pour l’indépendand des Indiens. En 1694, la mission de Caborca est fondée par lui. Plus tard lorsqu'il s'associe au P. visiteur do nous avons rappelé le nom, d'immens voyages sont entrepris inutilement ve Mexico; mais la persévérance de c hommes vraiment extraordinaires sau triompher de tous les obstacles ; et lo qu'en 1697 le P, Salva-Tierra se se associé le P. Juan Uguarte, professe de philosophie au collége de Mexicc le sort des missions de la Californie se assuré. En 1697, Nuestra Senora « Loreto sera fondée, les agressions d Indiens seront repoussées courageus ment. Tous ces travaux ne seront appr ciés pendant longtemps que de l'Éspagr sans doute ; mais ce sera à l'infatiga
persévérance du P. Kino que la géogr phie sera redevable des Connaissanc positives qu'elle aura enfin. sur la forn de la Californie. En 1698 il part po s’assurer de la jonction de cette co trée avec la Nouvelle-Espagne , pénèt dans les régions que baigne le golfe | ne s'arrête que quand il a fait près &
pparten élèbres
nutilemé roblème oulait s la Nou ’abord p ant plu er dus t formai aient pré utemps Malgré bas au € tait rés éograpl yant rec es Indie +, après int au ’où l’on mers; la fornie s:
Tous c ant ave roupes, és le lon Jans l'in esprit « bbtenus
ous ne!
urait ur on espa bremièr'e i on l’él naine d’ omptait ndiens ois d’ rouvaie ent liel ondés.
Nous
précise
uivre p issiont
la route des grandes régions situées au delà d
montagnes Rocheuses, (1) War
an
pis cents lieues à travers un pays héissé de montagnes. Salva-Tierra et Picolo recoiventle rapport détaillé de cette rande exploration.
Le P. Kino s'était associé un hardi apitaine que réclame la France; il se ommait Jean-Mathieu Mangé ; il pénéra avec lui au milieu de tribus sauvages ppartenant à la race des Apaches, si tièbres par leur férocité ; mais ce fut nutilement pour les missions. Un grand roblème le préoccupait; avant tout il oulait savoir « si la Californie tenait la Nouvelle-Espagne, comme on l'avait ’abord présumé, ou si le golfe, s’étenant plus au nord, s’ouvrait dans la er du sud au-dessus du cap Mendocino t formait une grande île , ainsi que l’aaient prétendu quelques marins, même u tempsducapitaine Francis Drake(1). »
Malgré ses généreux efforts ce n’était bas au cosmographe d’Ingolstadt quil tait réservé de lever ce grand doute éographique. En 1699 le P. Piccolo, yant reçu de nouveaux renseignements es Indiens, marcha au sud de Loreto, it, après des travaux sans nombre, parint au sommet d'une haute montagne ’où l’on pouvait contempler les deux mers; la configuration des rives de la Cafornie se déployait dans sa majesté.
Tous ces travaux s’exécutaient cepenant avec un nombre si restreint de roupes, les établissements partiels fonés le long des côtes ou à quelques lieues alva-Tierra se sens l'intérieur étaient si faibles, que Uguarte , professeil esprit demeure étonné des résultats collége de Mexicdpbtenus au bout de si peu d'années. de la Californie seMNous ne craignons pas de l’affirmer, on Nuestra Senora @urait une idée exagérée de la popula- , les agressions dŒion espagnole de la Californie dans la DUSSÉES COUrAgEUS première année du dix-huitième siècle aux ne seront apor i on l’élevait au-dessus d’une soixanaps que de l'Espa, aine d'individus, parmi lesquels on à sera à lnfatigab omptait plusieurs métis et plusieurs Kino que la géogr ndiens du Mexique. Cependant, dès le » des connaissanc@n0is d'août 1701, les aborigènes se ra enfin sur la forng'ouvaient soumis sur un espace de n 1698 il part polfent lieues; deux villages avaient été ction de cétte coMondés. 5x js le-Espagne , pénèt Nous indiquons ici d’une manière je baigne le golfe À précise le début; nous ne saurions nd il a fait près Œuivre pas à pas l'œuvre immense des issionnaires. La (Californie cepen-
se présente c'est 1on d’Antillon, c'e no, l’on nous habile cosmogra rtainement un inf +; né en Allemagn n ait donné une t à son nom, il ét:
les jésuites, et av:
de mathématiques ière pour se rend en agissant ainsi, | un vœu qu'il av:
les Indes, saint Fra déjà vu qu'il fais:
on en 1683, et q re expédition il av pour l'avenir; bies >, Juan Maria Salv yons d'abord dire e Sonora, provin rnie : 1à il fonde de es Indiens à se livr e fait adorer des t e qu'il sait les pe as-Casas, il comb, pour l'indépendand 34, la mission de par lui. Plus tard au P. visiteur do le nom, d'immense ris inutilement ve ersévérance de c xtraordinaires sau es obstacles ; et lo
Ituées au delà d di (1) Warden et Michel de Venegas.
dant était encore si peu connue, les ressources ques pouvait offrir étaient appréciées d’une manière si vague, que l'infatigable P. Kino n'abandonnait pas ses projets d'exploration, afin de stimuler le zele du cabinet de Madrid et l’intérêt du vice-roi de Mexico. Tout était à constater au point de vue topographique, puisque l’on avait perdu la trace des beaux travaux de Viscaïno et que l'on ignorait encore , malgré les découvertes du P. Picolo,si cette contrée tenait définitivement au continent. Durant deux expéditions qui eurent lieu de 1700 à 1701 , le courageux missionnaire obtint la solution de ce grand problème groun hique. Toujours accompagné de son fidèle compaguon, il s’avança, par des chemins presque impraticables, jusqu'au fond du golfe, et il put voir au sommet d’une montagne, et à l’aide d’un télescope, le Colorado décrivant ses méandres et se jetant dans la mer. 1l repartit plus tard, et, secondé par le P. Salva-Tierra, il se dirigea vers lenord. Le 19 mars 1701, ayantgraviune haute montagne, il découvrit à l’œil nu la mer, la rive opposée du golfe et les montagnes de la Californie; la certitude était pour ainsi dire acquise : les hardis explorateurs voulaient qu'elle fût plus grande. « Ils franchirent encore une montagne par 32° 35 , d'où ils aperçurent la Cordillera de la Californie, et enfin les Serranias de Mescal et d’Azul.
Ils reconnurent à n’en'pas douter la jonction de la Californie à la Pimeria Alta, et le golfe qui aboutit à l'embouchure du Colorado. » Les voyageurs firent plus encore ; ils remontèrent ce fleuve important l’espace de vingt lieues, après avoir visité le Gila; ils cherchèrent enfin une solution à toutes les querons qui pouvaient leur être posées, et leur intrépidité sut triompher de tous les obstacles. Rappelons ici, à la gloire de la France, que le digne compagnon du missionnaire ne le quitta pas durant cette mémorable expédition. IL serait précieux pour l’histoire des découvertes de retrouver les lettres du capitaine Mangé, qui furent publiées alors en France, mais que Venegas ne put se procurer; elles compléteraient cette im-
‘ mense série de travaux sur l’Amérique
dont les Français peuvent réclamer avec juste raison une part si glorieuse.
2mC Livraison, ( LES CALIFORNIES. ) 2
La configuration du pays est défini- ne présentent plus qu'une populatiodréti tivement reconnue; les travaux évangé- de Rois mille sept, cent soixante-s Per liques se multiplient en dépit de bien habitants (1), et il n’est pas bien sûr quêes non des obstables, les missions se fondent, ce chiffre n'aille point en décroissant. bient a et l'on voit se former successivement aricots, dans la basse Californie les vingt et un (1) Nous donnons ici le relevé de la popuidle faneg: établissements où tant d'Indiens peuvent tion qui a été fourni par M. Dutlot de Mofrd à) àn
trouver pendant plus d'un siècle tous S°,1#44. La diminution des Indiens soumi : les éléments de la civilisation. La basse dauns ne étnit alors. Ce voyageur offre à ile : un Californie a son temps de prospérité, te le table: ;énéral des missions, et nous jipe ; to
‘ 9 ulsons ici obse X puissontempsde décadence;aujourd'hui, pros gaonnic eg lalsal obssrver Qu on tro
À eurs tra il faut bien èn faire l’aveu, les missions dans Venegas et dans l'Art de vérifier les date
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TABLEAU DES MISSIONS DE LA BASSE CALIFORNIE, EXTRAIT DE L'OUVRAGE DE M. DUFLOT DE MOFRAS.
MISSIONS .__. DU NORD-EST en allant du nord au sud,