‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 11 sur 128 · ESPINOSA · texte numérisé non relu

ESPINOSA

Mesdames, je continue. Je ne crois pas qu'il faudrait un calculateur à cette place ; cependant, celui qui l'obtient est un danseur, — nommé Espinosa. De petits yeux de feu , un nez violent , fastueux et fou, qui, d'un grand entrechat furieux, s'élance aux étoiles. Dans l'homme, exilé du ciel, quelque chose toujours veut revoler à la patrie : chez le fantoche Espi-

nosa, ce quelque chose est le nez ! O nez chevaleresque, chimérique, insolent, avide d'espace ! Ah ! ce n'est pas là un nez bourgeois, vaincu , résigné à la terre , comme le nez colosse d'Hyacinthe! Non, celui-là, plein de vif-argent, bondit, s'envole, se jette lui-même par-dessus les moulins, et crève l'azur! Il a la foi : il croit à sa pesanteur, à ses hélices, à ses plans inclinés, et tutoie Porage , comme le ballon de Nadar !

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