‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 21 sur 128 · AURIOL · texte numérisé non relu

AURIOL

Débarbouillez cette face blanchie, semée de pois écarlates, bleu de ciel, jaune vif, et regardez. Une vieille femme, à petites moustaches follement noires, ridée comme une peau d'éléphant ! En la voyant, on a l'idée qu'une mine de poudre, placée dans ses entrailles, vient d'être allumée, et que la vieille femme va sauter en l'air : ce n'est pas une vieille femme, c'est un clown, c'est Auriol! Ne riez pas du gilet de velours mordoré et céleste, des six

chaînes d'or, de corail, d'argent, de ces montres, de ces cassolettes, de ces épingles, de ces bagues! Sans cela pas de clowns : c'est le symbole témoignant que leur profession est toute physique. Le petit œil est de feu, la bouche étincelle, si habituée à penser vite, car lorsque le clown prendra son élan pour disparaître par une trappe anglaise pas plus grande que son chapeau, et qui à l'appel de son pied s'ouvre tout au plus une seconde d'avance, il se briserait le front sur les planches, sans cet éclair de pensée rapide !

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