‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 60 sur 128 · MARIE DORVAL · texte numérisé non relu

MARIE DORVAL

On a dit qu'elle était laide, le front trop grand et plein de pensées pour celui d'une femme, le visage un peu court, ramassé, écrasé, la bouche grande. O douleur, beauté, génie, extases de la poésie vertigineuse, qui ne se rappelle l'expression divine, surhumaine de ce visage désolé, ces lèvres folles de passion, ces yeux brûlés de larmes, ce corps tremblant, palpitant, ces bras minces, pâles, brisés par la

fièvre, et l'idéale musique de cette voix quand elle disait: Hernani^ je vous aime et vous pardonne, et n'ai que de l'amour pour vous! Hélas, je revois encore ces longs bandeaux châtains, la rose rose sur le côté, et la gracieuse tête, penchée comme une fleur! O Tisbe, Kitty Bell, muse, martyre, voix éloquente, chère morte sacrée !

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