‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 61 sur 128 · NESTOR ROQUEPLAN · texte numérisé non relu

NESTOR ROQUEPLAN

Je songe aux célèbres canons de Hugo, que le fondeur avait faits en mettant dans son moule de sable* du ^cuivre et de Pétain, et... Poubli du vaincu ! De même, pour faire le visage de Nestor Roqueplan, le fondeur a mis dans son moule de la chair bien vivante et saine, — et de Pesprit, et de Pesprit, et de Pesprit, et encore de Pesprit. Ce visage exprime,ce n'est pas assez dédire qu'il exprime, il est— Phorreur du lieu

commun ! Le front est beau sans développement excessif, pour ne pas poser Au poète; l'œil est vif, rapide, fabuleusement intelligent, mais sans brasier de flammes, pour ne pas poser au penseur; le nez, la bouche, la ligne des joues, d'une élégance parfaite, sont en même temps d'un modelé ferme, presque violent, et le visage aime mieux être franchement rouge que de tomber dans la pâleur du cabotin et du malade! On voit le mot spirituel, comme une traînée de fluide, d'abord étinceler dans l'œil, frémir vaguement sur la ligne du nez, puis imperceptiblement éclairer les lèvres, où il va éclore comme une fleur de feu. Roqueplan, qui a évité tous les ridicules, est chevelu dans un siècle de gens chauves.

Il a été question de supprimer l'Académie... française, et de la remplacer par une Académie des gens d'esprit, qui aurait été composée de Roqueplan et de Laurent-Jan, mais ce projet n'a pas eu de suites !

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