MADAME DE METTERNICH
ne grande dame chez qui le plus
gracieux, le plus brillant, le plus imprévu, le plus excellent esprit s'allie à la noblesse de la naissance et à celle de l'âme, n'appartient-elle pas de droit à PArt et à la Poésie, et pouvons-nous oublier que dans cette soirée horrible du Tannhauser où deux cents gandins égorgeaient un Cygne, celle-ci, justement entourée de l'admiration et du respect de tous, protesta seule par son
attitude violemment indignée ? Aussi voudrais -je pouvoir ici, d'un outil assez industrieux et fin, ciseler son aimable visage, au grand front intelligent, aux petits traits que pare une grâce enfantine comme un peu âpre et sauvage, tout éclairé, illuminé et resplendissant d'un esprit d'ange! Par une élégance raffinée qui n'est pas permise à tout le monde, cette jolie tête aristocratique se passe d'une bouche aux lèvres trop minces, et se contente d'une balle chevelure coiffée en bandeaux légèrement ondés et crespelés, sans aucune de ces violences de toison introduite chez nous par une mode récente. O bonheur de posséder cette suprême distinction, la perle sans tache, qui permet d'être simple !