MADEMOISELLE DELAPORTE
ans l'aimable tête decette ingénue
JL/ de théâtre, sans afféterie, simple, d'un charme mille fois plus pénétrant que le — joli — vulgaire, n'y a-t-il pas avec celle de la grande dame que j'esquissais tout à l'heure quelque chose comme un rapport vague, fugitif, trèsvrai pourtant, dont l'artiste a le droit de s'emparer? Oui, en leur âpre saveur, ces deux natures où domine la pensée, qui si rapidement transforme,
transfigure, éclaire, de loin se rappellent Tune l'autre et sont de la même famille; sans compter que lorsqu'il plaît à M. Meilhac de vêtir de robes triomphantes la jeune fille qui, elle aussi, a le droit d'être simple, elle porte avec la plus belle aisance magistrale ces joyaux, ces pierreries, ces rubans excessifs . ces flots de lourdes étoffes ruisselantes, — car, en ces matières, qui peut le moins peut le plus; et , quand on a su être reine et duchesse avec une robe unie et des cheveux en bandeaux, n'est-ce pas un jeu enfantin d'ennoblir les dentelles aériennes, les ruches, les rubans d'or, les nœuds d'émeraude et les lourds damas de pourpre vermeille !