‹ Les camées parisiens (volume 2)Chapitre 67 sur 128 · ALEXANDRE DUMAS · texte numérisé non relu

ALEXANDRE DUMAS

u'il y a eu de Dumas ! plus in-

n ombrables que les feuilles des bois et que les vagues de la mer, depuis celui de Henri III et de Christine à Fontainebleau, jusqu'à celui des Conférences, — et tous si gais, si inépuisables, si bons enfants! Mais le plus original, le plus spirituel de tous n'est-il pas celui qui est représenté en pied dans une estampe, aujourd'hui rarissime, de son ami Devéria? La tête presque enfantine est aimable, jolie, souriante, ornée d'une chevelure en nuage et d'une toute petite barbe noire, folle, éparse, tendre comme un duvet naissant; le nez est encore vague, la bouche est celle d'un adolescent qui voit l'aurore! Dumas, étendu sur un

de ces lits de repos dont les Devéria avaient le secret, moitié grec, moitié hôtel garni, nous regarde avec la sérénité d'un jeune combattant avide de blessures qui, sans fatigue, vivra mille vies et écrira mille volumes.

Mince comme undandy-poëtepris tout vif dans une page des Jeune-France^ il est vêtu de l'amusant costume de i83o; habit droit avec collet à la Gœthe, gilet dont la partie inférieure étend des ailes, lorgnon suspendu à une longue chaîne , pantalon moitié collant et flottant. Un des bras est levé et la main caresse les cheveux, l'autre bras s'envole avec un des coussins au bout de l'estampe et au bout du monde! En ce temps fabuleux, Dumas avait déjà écrit trop de livres pour ne pas s'être fermé irrévocablement l'Académie française ; mais comme ces gens-là, poètes et dessinateurs, avaient l'aspect sain et vigoureux de révolutionnaires qui ont une révolution à faire et qui la feront ! car alors chacun, tout simplement et avec bonne humeur, — faisait son ouvrage.

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