‹ Les Camées ParisiensChapitre 28 sur 54 · TROISIEME DOUZAINE · texte numérisé non relu

TROISIEME DOUZAINE

{Mesdames,

e reprends ma petite œuvre inachevée, après quatre années bien plus longues que quatre siècles, car depuis le temps où je m'amusais à ces babioles, des événements affreux ont changé lajace du monde, et un roi barbare, devenu empereur depuis lors, mais qui n'apprendra pas l'élégance parisienne, est venu ici coiffé d'une casquette, sur laquelle aucun statuaire, si habile yqu'il soit, ne par-

viendra jamais à arranger congruement la couronne de laurier. L'horrible Guerre au rouge panache mouvant a dévasté nos campagnes sanglantes; vieux, nous avons repris le fusil et le harnais du soldat; les meilleurs d'entre nous sont morts, hommes du peuple, ouvriers des métiers, princes aussi et ducs ayant dans leurs veines le brave sang de leurs aïeux, et aussi des artistes divins, tels que celui-là, si jeune, qui accourut pour remplir son devoir d'homme et de citoyen, rapportant dans sa prunelle Téblouissement de t Orient, et sous son front tout le choeur impatient des chefs-d'œuvre futurs. La balle qui Va frappé au front nous a tous éclaboussés de son sang; et ensuite, Paris a brûlé comme une allumette, sans même servir de prétexte à quelque Domitius à barbe de euwre rouge, désireux de chanter un poème lyrique sur la destruction d'IHos. { Continuons cependant de créer et de vivre selon nos petits moyens; car la meilleure vengeance que Paris puisse tirer de l Allemagne, c'est 4e s'obstiner à

être Paris, et le géomètre qui travaille pour le roi de Prusse n'obtiendra pas que ce monarque se fasse livrer l'esprit français, comme il s' est fait livrer, 6 douleur! la vaillante ouvrière Alsace, et le généreux pays sur lequel plane encore la figure de la guerrière Jeanne dArcl

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