SCENE XVI
LES PRÉcÉDENs, EUGENE, LE COMTE.
Tous se rangent sur une même ligne et tirent leurs
mouchoirs de leurs pochés.
TOUS
Aie : Ah ! ah .' ah !
Oh! oh! ah ! ah! je Siinglotte hélas ! Et ce n'est point par tlatterie Oh ! oh! ah ! ah! je sanglotte hé)asî Un mouchoir n'y suffira pas.
MAD. GUILLEMAIN
.Nous n'avions pas l'honneur de connoitre madame votre tante, il est vrai : mais quand une femme de bien cesse d'exister, n'est-ce pas un deuil pour tous les honnêtes pjens ?
LE COMTE
Messieurs , je-suis sensible,...
ADOLPHE
Elle fut tendre épouse , bonne mère
LE COMTE
EUe n'a jamais été mariée !
PRUDENT, vivement.
Mais elle fut l'appui des malheureux ; sa mémoire leur sera toujours chère.
EMILIE
Permettez-nous de donner un libre coursa nos larmes.
ANGÉLIQUE , très-haut à sa tante.
Ma tante , est-ce ici que je dois pleurer ?
M AD. GUILLEMAIN
Voulez-vous bien vous taire ?
TOUS , pleurant.
Ah ! ah! ah!
LE COMTE
Messieurs . je vous remercie de ces témoignages d'intérêt , croyez que j'en sens tout le prix. Tant de sensibilité vous honore.
MAD. GUILLEMAIN 5 pleurant.
. Ah! ah ! ah i.iemme respectable ! l'honneur de notre sexe ! tu n'es plus !
TOUS
Ah ! ah ! ah !
LE COMTE
Messieurs, permettez....
PRUDENT
Laissez parler Monseigneur.
LE COMTE
Pourquoi faut-il que tout tn'accable à la Fois ? pourquoi ne m'est-il plus permis de m'acquitter envers vous } L'envie s'est attachée à moi ; la calomnie m'a poursuivi , et je viens d'être disgracié.
TOUS
Disgracié ! "
( Sur le mot disgracié ils remettent tous leurs mouchoirs dans leurs poches).
LE COMTE
Je ne peux plus vous être d'aucune utilité j celui qui me remplace est mon plus cruel ennemi. Il a mis tant d'acharnement et de promptitude à accélérer ma chute, que déjà il organise mes bureaux. C'est lui qui va vou:? donner audience.
( Sur cette dernière phrase ils se dépêchent d'ôter le crêpe de leurs chapeaux ).
Messieurs , agréez mes regrets ; et comptez sur ma reconnoissance éternelle. // 6ort.