‹ Les campagnes de 1799. Souvarow en ItalieChapitre 13 sur 112 · CHAPITRE III BATAILLE DE VÉRONE · texte numérisé non relu

CHAPITRE III BATAILLE DE VÉRONE

lalrigues du minislre Thuffut. — Armements considérables de l'Autriche. — Formation d'une armée d'Italie. — M. de Mêlas en reçoit le commandement. — Marche et concentration des troupes. — Dispositions militaires prises par M. de Kray. — La nuit du 25 au 26 mars. — Le général Séiiirier occupe Rivoli. — Marche des Français, qui enlèvent le camp de Pastrcngo. — Combat de San-Massimo. — Moreau est repoussé. — Succès et revers de la division Montrichard. — Pertes subies par les deux armées. — Observations de Chasteler.

Les conditions du traité de Campo-Formio, c'està-dire Tabandondela Belgique et la perte des provinces italiennes; les triomphes de la Nation française, qui réclamait la mort des rois, après avoir guillotiné le sien; les armements précipités de la République cisalpine; Tagitation entretenue à Venise; l'expédition du général Berthier à Rome; puis, enfin, loccupation de Naples parles Français, en tallait-il davantage pour que, mécontent et effrayé, François II écoutât la voix du parti de la guerre, qui croyait l'heure venue de prendre, sur les généraux de la République, une revanche.

Thugut se louait des suites d'un événement ayant éloigné Bernadotte de Vienne. Les faits ont été diversement racontés. Par le parti français qui fit imprimer :

« Les habitants de Vienne avaient demandé à

TEmpereur la permission de célébrer l'anniversaire de Tarmement de leurs volontaires, Tannée dernière, pour défendre la ville menacée par l'approche des Français et que l'Empereur la leur avait accordée ; que Bernadotte avait représenté qu'il ne verrait pas cette fête de bon œil; que l'Empereur avait répondu qu'il était le maître de permettre à ses sujets de célébrer le souvenir des marques de leur attachement ; qu'en conséquence le général avait déclaré qu'il donnerait aussi de son côté une fête ce jour-là en mémoire de la victoire des Français; que le ministre de la police de Vienne l'avait engagé à ne pas placer sa fête le niAme jour, crainte de malheur; mais que l'ambassadeur avait persisté et que ce jour étant venu, il avait fait arborer on dehors de son hôtel un grand drapeau tricolore, avec cette inscription Liberté et Égalité; que les habitants de Vienne, dans l'ivresse du vin ou de la joie, s'étaient assemblés devant l'hôtel de France, demandant à grands cris que le ministre fit disparaître le drapeau tricolore; que celui-ci avait refusé. On ajoute que la multitude, ayant voulu forcer l'hôtel, plusieurs coups de fusil avaient été tirés sur les assaillants ; que quelques-uns d'entre eux avaient été atteints et tués; que les autres, plus furieux encore, avaient continué leurs excès pendant plusieurs heures et avaient tout brisé dans l'hôtel de l'ambassade. On supposait que Tinfluence des ministres de certaines cours n'avait pas été étrangère à ces désordres, au moins, pour les augmenter et les prolonger'. »

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