‹ Les campagnes de 1799. Souvarow en ItalieChapitre 16 sur 112 · Visile du termin faUo le 21 nvril \M · texte numérisé non relu

Visile du termin faUo le 21 nvril \M

ëO LES CAMPAGNES DE 1799

entre les lignes brisées des fantassins ennemis et fut ramené aussi, par les hussards autrichiens, à neuf heures du matin.

A neuf heures et demie, Pijon descend, au pas ordinaire, du plateau de Somma Campagna, conduisant une brigade qui, souslesyeux deMoreau, aborde, entre Santa-Lucia etSan-Massimo, le beau

I régiment de Furstenberg. Ce régiment oppose une

I résistance acharnée aux bataillons qui le pressent;

néanmoins, il est traversé à la baïonnette, enveloppé, presque anéanti, et ses canons sont pris. Bientôt toute la chaussée est balayée par les coups de Tartillerie française. L'ennemi se trouvant en

I déroute, 6 bataillons vont occuper les deux villages

• rt désarmer 800 prisonniers.

Dans Tillusion à laquelle il s'abandonne, Moreau croit avoir déjà gagné la bataille. Ce n'est plus l'homme froid et méthodique des jours précédents, (lagné par Texaltation de ses ofliciers, grisé par les fumées de la poudre, à son ordre, les tambours dont plusieurs, éclopés, traînent la jambe, vont battant la charge, sur toute la ligne; et, àTinstant des centaines de groupes se meuvent, dans une forêt de baïonnettes, sous les nuages gris et bas. Os bataillons ressemblent aux phalanges héroïques de Fleurus et de Lodi.

Conduisant de gros renforts ^ le général Munkewitz sort de Vérone où l'alarme s'est répandue. Lorsqu'il débouche dans cette vallée qui, d'un large pli, ?^^'^pare la porte Neuve de la digue, le lô*" chasseurs

1. La division FWihlich était arrivée de Beviiacqua, pendant la bîitaille. (Happort de Kray à l'archiduc Charles, pièces 3-110. Arch. Guerre, de Vienne.)

reformé en escadrons, dévale encore la chaussée, à droite de San-Massimo, traverse une prairie entourée d'osiers, aborde les troupes fraîches et rompt leur ordre de bataille ; il les sabre et les poursuit jusqu'au moment où il est contraint lui-môme de s'arrêter et de se retirer, pour éviter les projectiles de l'arlillerie garaissant les remparts de la ville.

Pendant que le ib"" chasseurs fournissait une si belle charge, Hatry prolongeait la gauche de Victor vers Bussolengo. Pijon et Chambarlhac s'employaient à créneler San-Massimo. La légion polonaise se retranchait aussi dans Santa-Lucia. Plus tard, le champ de bataille serait tracé entre ces points et Vérone, car le général Kaira, effrayé par le succès de ses adversaires, veut les contraindre à reculer. Il réunissait 15. 000 hommes devant les glacis. L'imprudent qui allait engager même ses dernières réserves. Mais il arrêtait TotTeiisive, de nouveau.

Par l'action de ces réserves, San-Massimo est pris six fois. Six fois, les Républicains y rentrent à la baïonnette. Indescriptible et atroce est la lutte, sur ce point. Dans la cinquième attaque dirigée contre les Français, Kaim est blessé et tombe de cheval. On l'emporte. Le comte de Hohenzollern le remplace ; il charge comme un grenadier, crie et jure dans la mêlée ; il avance au milieoj d'un véritable carnage ; ses bottes sont rouges de sang, son uniforme n'est plus que lambeaux. 11 s'empare du gros du village ; et, lier du succès obtenu, car Moreau a reculé de 500 mètres, il veut tourner la chaussée, déborder la gauche de Hatry, prendre les Français à revers. Mais Hatry a déjà pu parer aux dangers que lui ferait courir un pareil mouvement; un bataillon,

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placé en potence, dans la plaine marécageuse, peut arrêter les Autrichiens. Alors Kaim se livre à une pareille manœuvre vers Tomba, sur la droite de Victor; par là, ce sont les dragons piémontais qui refoulent Tassaillant.

Le combat s'étend vers San-Giacomo, pays que les Français occupaient depuis le matin. A six heures, Moreau, qui voyait ses adversaires très fatigués, ordonna une nouvelle attaque, dût-elle se prolonger dans la nuit. Musnier vient d'annoncer (jue Scherer arrive, par le nord, aux portes de Vérone. Seconder son action est nécessaire ; et la troupe, usant sa dernière énergie, s'y emploie. Les Autrichiens qui se sont, un moment, cru victorieux, éprouvent une grande surprise à se voir chargés, expulsés des cassines, chassés des hameaux, puis des villages, poussés vigoureusement dans cette plaine qui longe la chaussée de Santa-Lucia, ils se serrent en bataillons compacts, sous les murs de Vérone. Et Hohenzollern ne put jouer ses dernières chances qu'en lançant une cavalerie fraîche sur San-Massimo.

Au jour finissant, droits sur leurs selles et sabre tm main, les cavaliers autrichiens forment, devant l'infanterie vaincue, une épaisse muraille dans laquelle les boulets tracent plusieurs sillons. Par escadrons, la troupe prit du champ. On vit bondir les chevaux et étinceler les armes. Ce fut, vers les l)aïonnettes françaises, rouges de sang, une épique chevauchée, au bruit éclatant des trompettes; mais la terre, mouillée, ne résonna point sous le galop de cette niasse de chevaux. Les dragons et les hussards impériaux purent, d'un élan, refouler Tinfan-

HATULLE Ot; VÉHOWE 03

lerie frani;aïse et reprendre la moitié de Han-MassiDio. Lours chevaux essoufflés, iasi eux-niômes de frapper, ils se repliivrenl derrière I infanterie nllemande, qni reprit pied ddns le village, à quelqnes mètres des llépubticains continuant à tirailler, pendant deiiK heures, des toits, des fcnrtres et des créneaux, sur deti adversaires mal abrités.

Moreau logeait dans une ferme, derrière San- Massimo, à droite d'un mamelon couvert d'artillerie. Ses troupes ftjrmaient une ligne presque droite, ayanl. pour appui, aux deux extrémités, San- MassiEno et Tomba, Lavietoire lui échappait.

Montrichard, dont le corps de balai lie formait la droite de Faruiée d'Italie, avait-il été plus heureux que Moreau dans ses opérations ? Non, La fatalité s*éLait acharnée également sur lui*

tl avait bivouaqué, le 2**3, en face des Autrichiens ' , Sadroite était placée devant Porto- Lejcnago, sanîi que sa gauche ait pu se relier k la division Viclor. Partie de ses bivouacs, à cinq heures du matin, ie 26, la division s'avançait devant b*s villages de San-Fietro, Hallo, Aui:iari et luttait jicndant deux heures pour s'assurer leur possession. A Irois reprises, Mon l richard tint charger T ennemi -,

1. Ui diviaiûti RkJiilrkljard QvaiL .i ^i^iiéiaux dtî biigade : \'\^ue. Gnrdaane et Hkhepanse ; S adjudiuits-gf^ni^riiux : Bu^el, PuUicid et Li? tache. Ses troupes étaient : I bai^illon de la l'>' légère ^ 1 baliuUon de la 1^' de bataille^ 3' cl U^ de jnhm* aritie, 1 baluiUua de la légion pol<nvaJsé que rnnduisait le ^t-uénd Uytukiewks, H règiifiênUi de cavalcfèe légère, H" biH^am^i, \i* et ili' l'hassêurs, 2 cornpagniei d'artillerk^ (Arc h- Guerre/)

2. Le régiment de Lattermann^ 1 l>atailli)n de Gyul^y, 1 de Kuratenbei^, 2 escadrons des dra^iins Wurmaer et 1 batterie rf'artillerie* (Arcti. de pnrto-Legna^^j.i Dans sou rapport a iurrhiduc Charles, de Kray dit qull avait là 3.OÛ0 hommeiâp (Arch. Guerre, de Vieûtic*)

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qui, à onze heures, ^*abritait dans les fossi^s creuses devant Legmigo. l{eaon(;anl à emporter ces retranchements, les Français remontaient les deux rives du canal liusse, vers Alharedo,

Le pays est, sur ce point, couvert de marécai^es et coupé de vinj^t ruisseaux. En effet, le canal Busse court paralit^lemenl H rAdijj;eetà 5(Xï mètres du fleuve. Large de In mèlres, ses rives sont très escarpées. Le grarid chemin de Legnago à lîonco, r^îcemment élargi, iouge la rive gauche, Angiari, où je me suis longtemps arrêté K est caché entre des bouquets d'ormes et de vieux saules. Son église et quelques vieilles maisons sont des édifices remarquables. Deux chemins reliaient di^'à, en 1799, Angiari à Cerea: ces chemins traversent cinq cours d'eau sur les (> kilomètres du parcours.

Le général de Kray, d<^nl les coninninicutîons avec Vérone pouvaient Ht\'^ coupées dans Albaredo, |Miisque les Fran<;ais, victorieux à San-l'ietro, traînaient, en convoi, un pont [*our passer FAdige, ordonna de faire une rléraunstration qui ramènerait Montrichard au sud ; et ses lieutenants appelaient à l'aide les 19.CKi^* hommes campés autour de Bevilacqua, à 4 un lies du lleuve.

Entre la redoute avancée de Legnago et les batteries françaises arrivées derrière le pont de San-Pietro, un duel d'ai-hllerie s'engageait ; il faisait quelques victimes. El^ pendant qu'on éçhangeail des boulets, GhasLeler formait 3 colonnes d'attaque qu'il plaçait sous les ordres des généraux Frohlich, Mercauliu et du colonel Somariva", A

l. Sùjour fait les 23 il n uvriî iti99, mai imù *'t 1901.

a. Ces colonnes étaitMit mmi ctunpoaée» i divition Frôhlicli

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