‹ Les campagnes de 1799. Souvarow en ItalieChapitre 20 sur 112 · Portrait que nous donnons dans ce volume · texte numérisé non relu

Portrait que nous donnons dans ce volume

2. Avant son départ, François II l'avait nommô feld-maréchal du Saint-Empire Romain. {Wiener Zeilung, du 6 avril.)

|<H LBS CAMPAGNES DE 1799

point admiratif, mais seulement pressé. N'a-t-il pas VLi, au cours de sa carrière déjà longue, des gorges, des vallées, des torrents semblables? Le 8, il trouva les troupes de Rosenberg cantonnées autour de Friesach^ Sa curiosité le porta, de ce lieu, sur le champ de bataille où Massena avait, deux ans plus tôt, brisé la résistance de Tarchiduc Charles.

Dans Friesach, ses soldats Tacclamèrent; et ils passèrent derrière lui les Alpes Carniques. Ce fut l'ïtvant-garde du corps de Fôrster qui précéda sa voiture dans le trajet de Tarvis à Ûdine, ville où il coucha. De là, il ordonnait de doubler les étapes, se plaignant à maintes reprises des lenteurs de son iïifanterie. Arrivés le 13 à Vicence, les Russes sont dirigés le 14, de grand matin, vers Vérone.

Entre Tavernelle et Montebello du Véronèse, à 1.300 mètres de Montebello, dans une immense et belle vallée que les murailles des Alpes ferment au nord, les troupes se trouvèrent tout à coup arrêtées. Le torrent Guà, qui, roulant sur un lit large de 80 mètres, entre des berges élevées, du système Leonardo, avait éventré sa digue, à droite, et une nappe d'eau immense, sortie par cette brèche, inondait les prairies se déroulant jusqu'au lit du

U Les Russes marchaient très lentement. Partis le 15 mars de Saint-Polten, ils allaient à Perschling, étape de 2 milles ; le 16 à Sir^^hardskirchen, 2 milles; le 17, repos; le 18, à Buckcrsdorf, '■I milles; le 19, à Bertholsdorf, 2 milles; le 20, repos: le 21, à Dmskirchen, 2 milles; le 22, à Ncustadt, 3 milles; le 23, repos; Je 24, à Neunkirchen, 3 milles ; le 25, à Schottwien, 3 milles; le 26, repos ; le 27, àMûrzuschlaç, 3 milles : le 28, ù Hindberg, 3 milles et iJtsnii; le29, repos; le 30, àBrûck, 3 milles; le 31, tiLéoben, 2 milles; le l" avril, repos; le 2, à Knittetfeld, 4 milles; le 3, à Judenburg, A milles ; le 4, repos ; le 5, àUnzmark, 2 milles ; le 6, à Neumarkt, "2 milles; le 7, repos; le 8, à Friesach, 2 milles; le 9, àSaint-Weit, 2 jiïilles; le 10, repos; le 11, à Feldkirchen, 3 milles ; le 12, à VVilloeh, 3 milles.

Ghampio, un autre torrent. Alors, il fallait que rinfanterie marchât dans 3 pieds d'eau, car, par ordre du généralissime, la chaussée qui domine l'estuaire était réservée aux équipages.

A 100 mètres du pont du Guà et h gauche de la route, s'élevait alors une chapelle; à 200 mètres, et sur le même plan, c'était une auberge, une maison grise, aux fenêtres basses et grillées, où l'eau n'avait pas pénétré. Cette maison est encore debout ^

Sur la rive gauche, Souvarow descendit de voiture pour encourager les fantassins. A ceux-ci, des officiers répétaient : « Savez-vous que vous allez en France?» Mots magiques, qui donnèrent de l'élan aux premières compagnies; mais dans d'autres, quelques hommes hésitant, on eut recours, contre ces soldats, à des arguments plus frappants. Des cannes s'abattirent sur leurs épaules et Souvarow ne fut pas des derniers à user du bâton. En s'arrêtant devant l'auberge, il vit arriver, à huit heureis du matin, Chasteler et les aides de camp de Mêlas, chargés de saluer « l'invincible ».

Ces politesses étaient faites cérémonieusement entre les compagnies harassées du bataillon Forster. Le maréchal, qui éprouvait de la répugnance à entendre tout discours, tournait le dos au colonel débitant une longue harangue, et, prenant familièrement le bras de Chasteler, il lui rappelait quelques souvenirs des batailles de Focksen, de Rimnik et du terrible assaut d'Ismaël, où ils avaient, l'Autriche et la Russie étant alliés contre le Grand

Page 1