Visite du terrain, faite ie '2\i mai
Turc, combattu côte à côte; puis il Tentraînait dans la salle basse de Talbergo, s'asseyait sans avoir parlé à Thôte et se faisait apporter, par son service de bouche, une épaisse bouillie de maïs froid et du mouton couvert de graisse. C'était son dîner, auquel le chef d'état-major autrichien était 5*eul invité. Les autres officiers allemands restèrent k la porto; groupés, ils parurent inquiets de l'indifférenci» d'un homme qui les conduirait désormais.
Le dîner terminé, M. de Chasteler remit au maréchal un état mentionnant les cantonnements de Farmée autrichienne. Ensuite, il déploya une carte et montra qui*lles positions les Français occupaient. Puis, ayant indiqué ce. que pouvait faire M. de Mêlas afm de tourner l'ennemi, il renseigna :
t< — ^ L'armée de S. M. François II — sans compter les garnisons ni le corps franc de Kleneau, estimé à iJyi')0 hommes, ni celui de Wakassovvich, de 8»0(3t) hommes, et qui va rejoindre notre droite dans le Brescian — est de 42.68i^ combattants K
i' Nos ennemis, postés maintenant vers l'Oglio, avaient, le 25 mars, 55.000 hommes. Du 26 mars au 5 avril, ils ont perdu 15.000 hommes. Les garT nisons quHIs ont jetées dansPeschieraet dansMantoue et les troupes ayant passé le Pô peuvent être évaluées à 12 ou 13.000 hommes. Il ne leur reste plus maintenant que 27 ou 28.00<3 combattants. »
Souvarow répondit :
*< — Les Autrichiens ont 42.000 hommes et 8.000 de Wakassovvich. J'amène 20.000 Russes. Il faut donc, sans perdre un instant, attaquer 27 à
i. Çahhf Chanieler, p. 'SI.
L£S ACTES DU GÉNÉKÂLISSIME 107
28.(XX) Français avec 70.000 hommes et les détruire. » Il dit à Chasteler, qui lui demandait quel était son plan :
« — Je le ferai en route. »
Il prit du café et remonta dans sa voiture; 200 cosaques du régiment Grekotf précédaient l'équipage, que Chasteler et les officiers autrichiens suivirent à cheval. Et pendant un trajet de 34 kilomètres, fait au trot, sur une route défoncée, Souvarow écrivit, en français, ses instructions :
« Il faut attaquer! î !
Armes blanches, baïonnettes, sabres, sans perdre le moment, terrasser et prendre, vaincre toutes les difficultés au-delà de l'imaginable, poursuivre à talon, ruiner jusqu'au dernier homme. C'est aux cosaques d'emporter les fuyards commandant dans leur légèreté et tout leur bagage. Alors on ne se repose plus pour avancer les opérations et profiter de la victoire •.
Heure du berger, attaquer, renverser ce que l'on trouve en place sans attendre le reste.
Ordre de bataille, aille Chasteler sans trop charger'-.
Perdre quelque peu de temps pour les exercices seuls à l'arme blanche.
Le général Chasteler tâchera le lendemain, si ce n'est le môme jour, d'en faire voir les effets provisionnels à Souvarow par corps, détachements,