Visite du terrain faite le 18 avril
iâO LES CAMPAGNES DE 1799
12 pièces d'artillerie que Soyez avait placé : 8 dans une redoute et 4 derrière des épaulements dont l'approche était difficile. Sous les décharges, les cohortes de lassaillant s'arrêtent, tourbillonnent et se débandent. Pour les rallier derrière une masure le prince Bagralion essaie de stimuler leurcourage :
« — Soldats d'Ismaël, auriez-vous donc peur? »
Une décharge de mousqueterie couvre sa voix. Derrière lui, à un pope qui prêche la guerre sainte et montre des icônes, une balle laboure le visage. Pendant qu'on l'emportait, il hurlait de douleur et se répandait en malédictions contre les athées. Apeurée et décimée, la troupe moscovite reculait encore, traversait un ravin et se tenait hors la portée des projectiles.
Le premier combat du 27 était terminé à dix heures du malin. Les Russes devaient attendre, pour s'avancer de nouveau, que se produisît, parmi les Français si bien postés, reflet d'une diversion que Wukassowich devait tenter, sans tarder, a Brivio, Mais, de ce côté, sur Tindication de (juillet. Soyez avait envoyé 2 compagnies de greoadiers qui pourraient, en se retranchant, couvrir son liane droit.
l'our ïLssurer une résistance aussi longue qu'efficace, ou munitioiuiuitrartillerie française, dans le temps où la 3VP de bataille, arrivée de Côme, demandait parquelle route elle pouvait rejoindre la division Victor, Soyez aurait pu l'employer comme réserve; il lenvoyait garder à Vleina un poste important, la grossissait d'une troupe de dragons, d'une compagnie de carabiniers et d'un obusier. Mais son chel" retournait à Côme sans se préoccu-
perdes conséquences que pouvait entraîner sa désobéissance à Soyez, devant Tennemi.
Pendant que s'opéraient de tels mouvements de troupes, du côté des Français, Bagration avait fait venir de Bergame le gros de la brigade Miloradowitch et reçu de Souvarow Tordre réitéré d'emporter Lecco, à quelque prix que ce fût. Il se préparait de nouveau, vers midi, à celte tâcbe difficile. A deux heures, le bataillon de Rosenberg s'avançait, rangs serrés et baïonnettes hautes, contre les retranchements des Républicains; 2 compagnies de carabiniers, commandées par le capitaine Letort, en défendaient l'approche, chargeaient et culbutaient Tassaillant.
Il y eut, sur ce point, dans la prairie, une horrible mêlée. Le combat, qui ne dura que vingt-cinq minutes, fut un égorgement. Si les Français perdirent des escouades entières, les Russes, pressés entre des arbres, tassés à Tetlort de leurs ennemis, un moment entourés, tombèrent par groupes, sous l'arme blanche. Les officiers moscovites se sacrifièrent héroïquement. Du bataillon Rosenberg, 150 hommes périrent, pour la plupart des vétérans médaillés, et 360 tombèrent gravement blessés ^ Au milieu de cette confusion et trop éloignés du lieu du combat, Miloradowiich et Rosenberg ne purent voler au secours du premier échelon imprudemment engagé.
Entre les cadavres amoncelés derrière une haie, un sergent planta le drapeau de la 18" légère et défia les cosaques de venir le prendre; eux, tentaient d emmener, dans le grand chemin de San-Pietro,