Miliutin, !•' Tol., p
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4- fourgons abandonnés par leur infanterie. Aux coups de canon partis de la redoute, ces cavaliers tirent soudain volte-face, et, laissant les voitures, ils accélèrent Tallure de leurs chevaux. Une muaic|Lie, jouant la Marseillaise y annonçait que la victoire restait aux Républicains; mais, le régiment si solide au feu, avait été imprudent au point d'user SCS dernières cartouches, car on ne pouvait se procurer ni poudre ni plomb à Lecco.
Dans la nuit. Soyez faisait évacuer les retranchements avancés. 11 faisait emporter 17 tués et 112 ble.ssés qu'on retira du bourg d'où partaient des cris hostiles. Le chef de brigade se demandait, après avoir posté ses troupes derrière TAdda, s'il arrêterait encore l'élan de Bagration se disposant à revenir avet: toutes ses forces, dans Tespoir de venger un éclu*c qui l'avait profondément humilié. Bagration pouvait s'établir dans l'île située en aval du pont, amener des barques sur ce point, et forcer le passage, Bans compter ses pertes.
Une estafette, envoyée par Guillet. se présentait à neuf heures du soir, annonçant : « Les Autrichiens sont arrivés au nombre de 10.000 sur la rive droite de l'Adda. L'adjudant-général Guillet se retire u Côme et vous laisse libre de vos mouvements. »
Ainsi, la droite de Soyez est tournée. Que se pHHS(!4-il au grand quartier général que Sérurier n'en revient pas et n'envoie pas d'ordres? En demeurant J'arme au bras, sur le pont de Lecco pour y attendre, sans cesser de regarder vers l'est, qu'un ennemi surgisse à Touestet vous tire dans le dos, on montrerait la plus coupable incurie.
Soyez ne voit plus d'autre moyen, pour sauver ses balaillons, que d'opérer une retraite ^par échelons.
L'action suit immédiatement la décision prise. Deux pelotons de dragons, du 9* régiment, vont explorer les chemins d'Erba et d'Oggiono pendant que les sapeurs chargeront une mine ; un cavalier rapporte que la route d'Erba est encore libre. Les ténèbres ont forcé, sans doute, les Autrichiens à s'arrêter. Les soldats piémontais, 1 compagnie de carabiniers et 2 batteries d'artillerie défilent vers Erba, A onze heures, il ne restait plus, derrière TAdda, que la 18' légère qui, infatigable, va veiller et repoussera, s'il le faut, une attaque nocturne.
Si les Autrichiens sont à Brivio, entre les divisions Grenier et Sérurier, ils pourront intercepter, le lendemain, la route de Cômc. Pour ne pas tomber dans une embuscade, la 18* légère prendra un autre chemin. Soyez a chargé le capitaine qui commande les 2 chaloupes canonnières du lac do ramasser, dans la nuit, toutes les barques des riverains ; cet officier en ramène 28; 9 sont très grandes: on organise une flottille.
« Avant le jour, écrit Soyez dans son rappori, ma demi-brigade était entièrement embarquée. Les postes et les avant-postes qui étaient restés pendant l'embarquement, se retirèrent en bon ordre; les sapeurs mirent le feu à la mine, qui coupa 2 arches du pont*. Les postes s'embarquèrent ensuite et vinrent nous rejoindre. L'opération a été faite avec tant d'exactitude et de soin que l'ennemi ne s'en est point aperçu. Nos troupes, parties de la veille, sont aussi arrivées à Côme sans avoir en aucun risque à courir. Je détachai, à 10 milles de Côme, une barque pour avoir des nouvelles de
1. On peut voir aujourd'hui, sur les deux arches du pont, las traces noires du coup de mine.
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IVnnemi. J'appris que cette place était totalement évacuée et qu'il était imprudent d'y arrivera »
Le lac de Lecco, qui n'est que !a branche méridionale du lac de Côrae, se termine en face du promontoire de Bellagio. Devant Bellaj^io, Soyez faisait arrêter sa flottille, ordonnait qu'on restât une lii^ure à Tancre, le temps nécessaire à s'assurer que l'iirrière-garde n'avait abandonné ni un homme ni un canon.
Dans son bateau, quelques patriotes du Bergamesque s'étaient réfugiés, fuyant le joug autrichien et voulant éviter le supplice réservé aux hommes ayant élevé des statues à la déesse Raison; ils allaient partager les fatigues et les privations des Hépublicains, pendant leur retraite. A ceux qui se montraient abattus, Soyez prodiguait les consohi lions.
Ne voyant, sur les rives basses, ni pandours hongrois, ni cosaques en reconnaissance, informé que le prince Bagration s'attardait dans Lecco livré aux horreurs du pillage, Soyez fit lever l'ancre à neuf heures, et la flottille se dirigea vers Menaggio.
Les troupes, débarquées, se hâtèrent vers Lugano, eu suivant la route de Porlezza-\ Une insurrection vient d'éclater à Lugano. C'est le fait d'une bande de 2.00U paysans qui, armés de tromblons, de fourches, de bâtons aiguisés, étaient accourus, au signal du tocsin, des vallées voisines. Leur chef, un
i. Arch. Guerre. Rapport de Soyez à Vi^nolle.
2. Soyez dit dans son l'apport : « De Menag^yio, je partis sur le la€ de Lugano. » Cela semble indiquer que les barques passèrent du lac de Côœe dans celui de Lufjano. Mais les deux lacs sont nettement séparés par des hauteurs. 11 n'y a d'ailleurs point trace d'un canal dans la carte si complète du professeur Zatta, éditée a VuDise en 179(1. J'ai cherché moi-même, le 21 juillet 1902 , si un paiisage n'avait pas existé autrefois, sans rien découvrir.
omigré h la solde de l'Aulnche, demandait impérativement l'arrestation des autorités ayant constitué le gouvernement démocratique duTessin.
Une compagnie de soldats français chargeait les révoltés, balayait les rues de la ville. Cette opération terminée, des membres de la Chambre administrative venaient affirmera Soyez que le rassemblement, insolite il est vrai, était dirigé contre des brigands. Le chef de brigade, ne pouvant s'attarder à faire la police dans uneville^ quittait Lugano à cinq heures. Le soir même, il portait ses troupes devant Aviano.
La retraite des Français était, au pied du Gothard, le signal d'une insurrection générale. On criait partout : « Vive l'empereur ! » On harcelait les détachements de troupes républicaines. On égorgeait les traînards et les blessés. Au milieu des clameurs. Soyez réquisitionnait des barques. Le 29, le matin, sa demi-brigade allait à la voile, sur le lac Majeur-.
Les pilotes s'orientent au sud; mais il n'y a pas de vent. Le 30, les troupes, fatiguées d'avoir manœuvré l'aviron, débarquent près d'Arona où leur parvient un ordre de Guillet. Il faut se rendre h Lavino, sur la route de Novare à Milan. Et, le V^ mai. Soyez apprend que Moreau vient de subir un échec dans les plaines de Vaprio.
1. Le 29 avril, rimprimcrie Agnelli, le café Jacchini, situés sur la place de la Constitution sont saccagés, ainsi que plusieurs maisons appartenant h des Républicains. Au pied de l'arbre de la Liberté enguirlandé de lierre, orné à mi-hauteur de deux drapeaux et couronné d'un grand chapeau couvert de plumes tricolores, trois hommes qui avaient lutté et souffert pour assurer l'indépendance du Ticinèse : l'abbé Vanelli, l'avocat Fapi, rédacteur de ta Gazette de Lugano^ et le lieutenant Costelli furent massacrés, {Hicovdo del Primo Cenfenano délia Independenza Ticinèse, p. l.)