‹ Les campagnes de 1799. Souvarow en ItalieChapitre 30 sur 112 · Arch, Atr, clr. Registre 279, p · texte numérisé non relu

Arch, Atr, clr. Registre 279, p

2. Grouchy écrivait, le 1*' mars, à Sugny, commandant la place de Turin : « Dans les pays insurgés, on distribue au peuple des cocardes avec rcffîgie de Lcpelletier et de Marat; on répand qm; les Français veulent réunir le Piémont à la France pour ruiner le pays et détruire la religion. On persuade aux habitants des campagnes qu'on va faire marcher tous les hommes à la guerre. > (Arch. AU. étr. Registre 279, p. 343.)

tâê LES CAMPAfiNES DE 1799

D abord, les insurgés se montraient, en petites hamles, an nord de Turin ; ils fermaient successivement le chemin du Petit Saint-Bernard, la vallée d'Aosle, lo passage du Mont-Cenis, route par laquelU* Moreaii voulait faire défiler le grand parc resté h Aslî. Leurs signaux de ralliement ou d'attaque se répétaient chaque jour dans les montagni!» ; leurs cris terrorisaient le paysan resté neutre, l^e règne de la Terreur semblait revenu en ce mallieureux pays.

Musearoni, diplomate dévoué au parti monarcliique, représentait àTurin la République de Gênes. Il entretenait d es in tell igences avec les contre-ré volutionnairesd'Acqui cl leur envoyait, le 26 février 1799, Tordrr dVxterminer les jacobins du district. Le 1^' mars, les *< Boyaux » se formaient en 2 colonnes. La r% forte de 2(X) hommes, se portait vers Alexandrie; son chef, le médecin Porta, allait seul et sans armes devant les insurgés; il sommait tout Français rencontré de se rendre ; sa troupe pillait, dans trois villagt^s, les maisons des Républicains et des Juifs; 4Usoldat9 pif^niontais, des braves, sortisd'Alexandrie, prenaient Poila et 35 de ses partisans, lesquelsfurent înimédialemont fusillés^ Les autres prenaient la fuite. La 2' col y une, plus sanguinaire et plus nombreuse, luait le commandant de la place d'Acqui, blessait 7 volontaires, entourait et désarmait 1 bataillon de la '29* légère provisoire ; Tintervention de Tév^nc sauvait ces prisonniers quand la populace se préparait h les massacrer. On les enfermait

1. Le ifénéml noïli, habitant Alexandrie, était emprisonné, quoiqu'il u*ci\l poinl pn& pari au suulèveiuent. (Arch. d'Alexandrie.)

dans le fort. L'un d'eux, qui pouvait s'échapper, allait demander du secours.

Grouchy et Flavigny, qui avaient occupé Nizza la Paglia, conduisaient, le 2 mars, une troupe nombreuse devant Acqui. Ils trouvaient les portes fermées, les insurgés sur la défensive. Trois sommations faites au syndic ou maire étant restées sans réponse, les Français pénétraient par l'assaut, dans la vieille ville; 357 rebelles étaient pris et fusillés; du lieu d'exécution, élevé, le sang coulait dans les rues en pente. Dans ce sang, les vainqueurs et les soldats délivrés piétinaient, et les habitants étaient, pou rieur complicité dans la révolte, frappés de contributions. Strevi, qui avait fourni un fort contingent de rebelles, était saccagé et brûlé.

Enfin dévoilé, Muscaroni, resté inviolable comme ambassadeur, était contraint de quitter Turin le 6 germinal.

A Rivoli*, Prato, curé de Péglise collégiale, réunit les émigrés qui habitaient la ville, sur la place publique. D'un perron, il harangue ses auditeurs, les excite contre les Français pendant que son ami, le moine Caradossi, armait quiconque voulait gagner le ciel en tuant un jacobin. Les réclamations d'Aymar forçaient l'archevêque de Turin à destituer Prato, k l'éloigner. Le moine prit la fuite. Mais les habitants de Rivoli, qui voulaient garder leur curé, s'insurgèrent contre cette mesure disciplinaire et le gardèrent après avoir promis de déposer leurs armes.

La surveillance exercée autour du pape Pie VI,

1. C'est Rivoli-Pieinontése, entre le Mont-Cenis et Tarin. L'autre Rivoli est en Véronése,sur TAdige, le village où Bonaparte gagna, le 14 janvier 1797, une grande bataille.

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dirigé vers Grenoble, par ordre du Directoire, indigne aussi les Piémontais. Plusieurs forment le projet (le délivrer Tauguste captif représenté comme un martyr du plus violent arbitraire. Pie VI arri- Tait à Casale le 22 avril; il était accompagné des cardinaux SpinaetCaracciolo. Ses 4 carrosses étaient escortés par 25 hussards placés sous les ordres d'un capitaine. L'év<^clié lui servit de résidence. De toutes paris, des foules étaient accourues pour contempler le visage du Saint-Père. On circulait difficilement daos les rues. Craignant une révolte que les rumeurs du peuple semblaient annoncer, le chef de bataillon Vial, qui commandait la place, défendit à la municipalité de se rendre en corps auprès du pape. Chaque conseiller, qui pouvait s'yrendre individuellement, trouvait le palais épiscopal gardé par des piquets de la garde nationale. Le pape assistait, dans la cathédrale, à la messe de midi; ensuite il s'enfermait dans sestippartements, ne les quittait que le 23^ passait à Trino, traversait Chivasso et Turin pondant la nuit, sans cesser de bénir les fidèles agenouillés au bord delà route*, se créant ainsi de nouveaux partisans qui fomentèrent, contre les Républicains, des troubles sanglants.

Au milieu de cette période agitée, le commissaire Aymar fut remplacé par Musset, administrateur de la loterie nalionaie. Ce fonctionnaire révoqua les municipalités que des délateurs accusaient de royalisme, puis exigea de M^"" Buranzo, archevêque de Turin J'envoi d'une lettre pastorale dans laquelle ce prélat faisait l\Mogc de la République, où il établissait

1, Arch. ûù Casaie, Dûcumenli slovici del Monfevralo.

INSURRECTION DU PIÉMOM 169

la conformité de ce système avec celui deTEvangile*. Mais la partialité dont fit preuve, plusieurs fois, le commissaire, lui créa un grand nombre d'ennemis. Malgré eux, il resta à son poste, jusqu'au départ du Gouvernement provisoire qui, le 5 mai, transporta son siège à Lanslebourg-^.

Branda Luccioni, ancien officier autrichien, qui se disait « adjudant-général de la sainte Vierge », avait suivi la retraite des Français, depuis leur départ de Verceil ; 300 prêtres et des émigrés Tescortaient ; 40 hussards allemands étaient mis à sa disposition. Le 6 mai, il entrait à Chivasso et parlait au nom du maréchal Souvarov p. De Chivasso, illevait des contributions entre la Doire et la Stura, mais il se gardait bien de provoquer à un combat Tarrièregarde républicaine établie dans Settimo. Il appelait aux armes les jeunes gens et les réfractaires. Escorté d'une bande, il allait occuper Ivrée, y faisait bénir un drapeau par Tévéque Pochetti et se livrait à tant d'excentricités que M. de Mêlas se voyait contraint de rompre avec lui.

Déjà, le fort de Bard était au pouvoir des insurgés, cet inexpugnable château livré par un officier sans courage^. Alexandrie est mis en état de

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