‹ Les campagnes de 1799. Souvarow en ItalieChapitre 49 sur 112 · MANŒUVRES DE SOUVAROW · texte numérisé non relu

MANŒUVRES DE SOUVAROW

— « L'ennemi est proche ! II faut que vous conduisiez Tavanl-garde au secours du général Utt. Partez vite ! »

Chasteler, toujours actif, partit dans le brouillard qui couvrait la vallée. II traversa tout le camp autrichien, encore éclairé des feux de bivouac, et s'orienta, à travers le camp russe, jusqu'à la tente du prince Bagration. Le prince maugréa d'être dérangé de si grand matin; mais il se leva «par respect pour la discipline seulement ». Et il prépara le départ d'une colonne russe.

Le quartier-maître était bientôt de retour parmi les Autrichiens. Au point du jour, il faisait soiiuei' le boute-selle dans les escadrons du régiment Karatschay-dragons ; 12 pièces d'artillerie à cheval allaient suivre ces dragons, puis 1 bataillon des grenadiers de Wouwermann et 3 bataillons de Frôhlich.

A cinq heures, les dragons partirent au trot, défilèrent le long du Pô, arrivèrent dans Stradella à sept heures. Là, 200 cavaliers mirent pied à terre, véri lièrent l'amorce de leurs carabines, et, en exécution des instructions reçues, s'éparpillèrent par pelotons, à travers l'Apennin, vers Monte-Gabi et Torre-di-Sachetti ; ils en vinrent à tirailler contre des éclaireurs français venus de Bobbio^ Des patrouilles furent chargées de visiter Doneluaca, Torre-Lasio et le Belvédère. Entre les pelotouf^ de cavalerie et les patrouilles d'infanterie, ChasLeler plaçait 2 pièces de canon et 1 obusier.

1. Le général Lapoype occupait Bobbio avec des troupes Iranyaises et ligurieoues,

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Ainâi, les instriicttao^i donnt^eâ par Souvarow, à liùUo, II' 16 avriL *^ii ce qui concerne le service d*éclaireurâ, qu'il interdisait alors, ne sont plu.s ab^^crvées.

A huil heurei^ du matin, le?* grenadier!^ de WoiiweriJiann rejoignaient K ara l>chay-<J rayons, sans qu*on eut <*nti*ndu le caiiun vers la gauche, ni m^me rei;ii des nouvelles de Oit. Le brouillard avait disparu sous le^ rayons du soleiL La chaleur accablait des hommes si pressés d avancer. Admirable d'entrain, comme s'il allait à une fôte, au lieu daller à la bataille, le 1*' bataillon de Fruhlich, ï^avançait dans Torre-di-Sachetti. Deux autres bataillons du nu^meenrps allaient rouvrir Stradetia* s^Haldir derrière le Versa,

llerriere cette avant-garde subissant 1 impulsion rie Cbaî^teler, Souvarow poussait brutalement le gros de 1 arni^*e austrn-rus*e. Eclopés et traînards qui osaient mur murer /îtaieat frappés à coups de baguette de TusiL En queue de chaque bataillon^ les cosaques faisaient la police. Ils se plaisaient surtout à insulter les Autricliiens harassés. Les divisions Frohlich et Schwi^ikowski marchaient alors sur six colonnes; rartrtierie et les bagages, placés au centre, suivaient la grande route de Tortone u Plaisance.

Ue Stradella, le gctiéralissime envoya Chasteler à Castel San-Giovaiini, afin ïjull pûl secourir Ott, qui se trouvait cngagtH'o ni rc des forces supérieures aux siennes. L'avant-garde parcourut, en 3 heures, le chemin long tJe [2 kilomètres et tracé, comme il lest encore au]ourd*liuî, à travers les ondulations di* r Apennin, Ensuite, elle se rendit à Sarmato,

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renforça d'abord de 6 compagnies* le centre autrichien engagé depuis le matin et repoussa Rusca, pendant que le bataillon Wouwermann était, à gauche, écrasé par les dragons français; mais Frôhlich le faisait remplacer et forçait enfin, par de grands efforts, Victor à se retirer.

Souvarow, arrivé à Ponte-Tidone, au coucher du soleil, parut étonné qu'on n'eût pas fait aux Français un plus grand nombre de prisonniers. M. de Mêlas vanta, pour justifier sa conduite, la bravoure des Républicains, que neuf charges de cavalerie n'avaient pu entamer, et il déclara qu'il fallait se louer d'avoir remporté un succès avec des troupes qui venaient de parcourir 80 kilomètres en deux jours. Souvarow, toujours partial, attribua la victoire aux Russes de Rosenberg et se promit d'anéantir, le lendemain, Tarmée que Macdonald commandait, afin de pouvoir se retourner, au plus vite, contre Moreau, s'il quittait Gènes, pour s'avancer, avec quelques milliers de soldats, vers Casteggio.

Ce fut dans une tiède soirée, quand l'incendie allumé par les canons dévorait les hautes broussailles, à droite de la chaussée de Plaisance, que l'armée austro-russe, qui se traînait à grand'peine, tant la fatigue l'avait alourdie, envahissait la plaine immense et traçait ses bivouacs. Elle campait dans l'ordre suivant : le corps du général Ott derrière le Tidon, formant des lignes denses entre la rive gauche du Pô et Ponte-Tidone ; la division Frôhlich en réserve devant Castel San-Giovanni,

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