Papiers du chevalier Doranovo
2(H) LES r.AMPVliNES DE i799
Palais, rioimondo désir du cosaque et du oiousquolaire. Les pièces d*or roulaient des poches crevées, s'éparpillaient sous les bottes des hommes qui cherchaient une nouvelle aventure. L'aube éclairait le sinistre tableau de plusieurs logis incendiés, des corps de vierges jetés à la fosse du Pô, des cadavres de prêtres traînés au seuil de leurs demeures, des maisons saccagées et d'ivrognes assoupis parmi les objets les plus disparates. Et des bandes continuaient à ravager.
Sollicité de s'interposer entre les scélérats et leurs victimes, l'évéque Grégorio Cerati dut forcer les portes du palais Scotti pour joindre Souvarow. « Il le trouva mal vêtu, un pied nu, mangeant des fruits. En apercevant le prélat, Souvarow se précipite h ses genoux et implore : Bénédiction ! Bénéf/iction. Mais l'évéque de Plaisance hésite, le sachant schismatique. Alors le marquis Bernardino Mandelli dit au pasteur : \on si benediscotio (tnc/ip lehrsfa. Cerati donna la bénédiction sollicitée, avant d'implorer la pitié du barbare, qui feignit de ne pas comprendre l'évéque, puis il déclara, comme pour donner une sanction à ses actes : Eniinencia tutti rien de Providencia, Et il se renferma chez lui ^ »
Le pillage de la ville, les violences exercées envers les particuliers, même le saccage des églises C(mtinuérent le 24. Quelques citoyens, indignés, fusillèrent, de leurs fenêtres, des soldats russes ; ils payèrent de la vie ce trait d'audace; on incendia leurs maisons et on réduisit leurs familles aux der-