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nislre de la Guerre. S*il eut le bon esprit de rendre justice à Championnet, il commit l'imprudence, k ce moment, de lui confier le commandement d'une armée dite des Alpes. Par contre, il rappelle Moreau,qui est trop bon républicain pour consentir à servir jamais la cause du roi ; et le général Joubert, qui vient d'épouser la nièce du politicien Sémonville, va commander, de nouveau , Tarmée d'Italie.
Un nouveau plan de campagne est établi {^), Bernadolte veut gagner, comme Carnot, le titre d'organisateur de la victoire. Déjà le dévore l'ambition qui fera de lui un maréchal, puis un roi. Pour l'instant, son activité s'exerce à stimuler : le zèle de Brune placé en Hollande, pays qu'il vient de conquérir; et de Massena qui défend l'Helvétie contre la coalition. Il ordonne à Joubert d'aller au plus tôt rejoindre son poste et de livrer bataille immédiatement. Joubert encensé par les fôtards du Palais-Royal, se vantait de pouvoir montrera Souvarow de quelle façon un ancien lieutenant de Bonaparte le reconduirait sur TAdige, et il promettait à sa jeune femme, effrayée par les dangers de la guerre, de rentrer victorieux ou d'Mre rapporté mort: mais les douceurs du foyer le retenaient auprès d'elle, trop longtemps au gré du ministre, qui lui ordonne encore de partir K
1. « Le 22 inessîHor (i l juillet). — Je vous invite, citoyen général, à ne pas dillerer votre riépart : c'est le vœu du Directoire qui compte, avec tous les amis de la République, sur vos succès, dignes de votre réputation militaire. La gloire de mon ministère sera de seconder la vôtre et de favoriser vos opérations pour anéantir les peuples et barbares ennemis de notre patrie. » (Arch. Guerre.)
OPÉRATIONS 1»E MOHEAL* 3l5.
Joubert quitte Paris le 15 juillet. 11 s'arrête plusieurs jours dans son pays natal, h Pont-de- Veyle, ensuite à Lyon, oh étaient cantonnés des milliers île prisonniers renvoyés par les alliés, sur parole de ne plus servir contre eux; puis à Marseille, rempli des déserteurs de Tarmée d'Italie. Partout, il se vantait de pouvoir gagner la victoire. Prévenu contre Macdonald, il écrivait au Directoire de se refuser ù sanctionner les nominations faites à larmée de Naples, sur le champ de bataille ^ C'était une action indigne. A Nice, il indiquait à Championnet le passage du Mont-Ceuisque l'armée des Alpes devrait franchir pendant que Tarmée d'Italie ferait reculer Souvarow dans les plaines du Piémont.
Le 6 août, enlin, il arrivait à Cornegliano, s'étonnait de Tétat misérable des troupes qu'on lui présenta, qui vont lui obéir désormais. Il l'écrivit au ministre , mais celui-ci déplorait tout le premier le dénilmentde cette armée '. Jouberlretenait Moreau qui, ayant appris, le 2, son remplacement, alors que Macdonald obtenait un congé « pour rétablir sa
1. «De Nice, le 30 juillet. Au Ministre de la Guerre. — Il est essentiel .mon cher p'-uénil, que vous irapprouviez aucune des nominations faites sur-le-champ de bataille par Mardonald, et c|iio vous Tassiez ronnaitre sur-le-champ celte disposition. Le nombre en est si monstrueux qu'il met la confusion dans Tarmée et la prive d'un moyen d'émulation si important, lorsqu'il est bien employé, et si (lan);ereux lorsqu'on s'en sert de cette manière. » ( Arc h. "^ Guerre.)
2. Bernadotle ('crit au Directoire : « Les comptes que me rend le général Joubert, «le l'armée d'Italie, sont alarmants : 20.000 chevaux seraient nécessaires pour rétablir la cavalerie; les remontes sont nulles; point d'argent Le matériel de l'artillerie a besoin d'être réparé en entier; point d'alTùts: point de moyens de rechange, et les éauipages qui pourraient encore servir ne trouvent que des routes délabrées et enfoncées.
<i Les troupes qui mnrchent à l'ennemi manquent de subsis-
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santé », voulait s'éloigner de Gênes. En eflFet, Jouberl sentait bien quel besoin on pourrait fivoir de ses conseils et de Tappui d'un tel général au milieu d'une armée qu'il avait pu retenir sous les drapeaux au milieu des plus cruelles (épreuves. Ses condescendances étonnèrent Moroau, (jui, désigné pour servir à l'armée du Rhin, consentit néanmoins à rester près de lui.
Suchet était nommé chef d'état-major du nouveau commandant de Tarmée. C'était un officier de grande valeur. Joubert et Suchet quittaient Cornegliano le 6 août, «^ trois heures du soir^ Ils allaient à la Bocchetta, pour reconnaître un passage. Le 7, ils cherchaient, des hauteurs sur lesquelles le fort de Gavi est bâti, la position que les Austrollusses occupaient au pied de l'Apennin. Mais rien ne bougeait sur cette ligne.
Des espions, peu sûrs, rapportaient que Souvarow et Mêlas étaient à Novi. Kn réalité, ces généraux n'avaient fait qu'y passer la veille. Leur grand camp, ou 30.000 hommes étaient rassemblés, était clîibli entre la Scrivia <HlaBormida ; leurs réserves bivouaquaient à Hivalta di Scrivia; 4.000 cavaliers el quelques compagnies d'infanterie entouraient les hli) soldats du capitaine Ghenisier, bloqués dans le fort de Serravalle".
La division Watrin, chargée de pousser, le 4 août, une reconnaissance sur les deux rives de la Scrivia,
tances dans la roule; le^ étapes sont partout interrompues, et les suliials, éprouvés dans les batailles, se débandent. Quel exemple! Quel appel aux ronscrits que la faim et la nudité! » (Arch. nat., AF III, 79.)