L'Arl militaire, \iar lUislow, l"vol., p
quand la chaliMir atteignait 45"*. Et Priignon laissait faire.
Renforcé par 1 bataillon Staray, que commandait le capitaine Pakony, ravitaillé en vivres et pourvu de munitions, de Kray formait, à une heure du soir, 4 nouvelles colonnes, qui attaquèrent au son des musiques. Ces vaillants soldats culbutèrent la brigade Seras, dont les bataillons s'enfuirent le long de rOrba. Mais les brigades Charpentier et Grandjean arrêtèrent Tassaillant, lui tuèrent tant de monde qu'il dut reculer et se mettre à son tour sur la défensive. A deux heures, couvert par son artillerie, de Kray attendit, avant de s'engager pour la huitième fois, que les grosses réserves que conduisait M. de Mêlas eussent débordé la droite des Républicains, forcé Péri gnon à se tasser vers Test, ce qui permettrait enfin aux Allemands d'occuper Pasturana et la route de Novi.
A la droite, car, dans celte armée, il n'y avait pas de centre proprement dit, Dombrowski devait garder les deux rives de laScrivia. Watrin avait placé, à minuit, son avant-garde dans San-Bartholomeo occupé et retranché la route reliant G(^nes à Tortone, au point où cette route est croisée par le chemin de communication ouvert de Cassano-Spinola à Novi; et, comme Laboissière se massait à gauche de Novi, Watrin s'était déplacé. Il avait obliqué, à sept heures du matin ^ laissant aux Polonais le soin de garder Betole. A neuf heures, Saint-Cyr prenait de nouvelles dispositions. Aussitôt, Watrin abandonnait la plaine pour établir sa droite au faîte
i. Rapport de Watrin. (Arch. Guerre.)
des contreforts qui s'étagent entre Novi et Serravalle.
Déjà, une colonne russe, conduite par Bagration et forte de 6 bataillons, avait attaqué, près de Novi, la gauche du général Watrin. Les 30* et 78* de bataille Tarrôtèrent net ; elle recula, pour prendre du champ et s'élancer de nouveau. Cris sauvages, hymnes de guerre, chevauchée burlesque des cosaques furent autant d'excitations inutiles. Devant la ténacité des Républicains, une nouvelle charge d'infanterie s'arrêta ; lorsque cette infanterie restait immobile, la brigade Calvin s'enfonça dans son flanc gauche, y fit un horrible carnage. Aussi, ces bataillons russes, arrivés superbes et l'arme au bras, dans la zone du feu, se retirèrent dans un désordre inexprimable pour annoncer à Souvarow que, devant la vaillance de tels adversaires, ils ne pouvaient tenir davantage.
Cette reculade exaspéra le maréchal. Descendu de la tour du Castel, comme toujours, dans un accoutrement bizarre : en chemise, la grand'croix de Sainte-Anne au cou, botté d'une seule jambe, l'homme du Nord, qu'une chaleur tropicale incommodait fort, et qui, dans sa suffisance, repoussait môme la pensée d'un échec à la fin de cette journée, envoyait réitérer à M. de Mêlas Tordre formel de quitter Rivalta avec la réserve, d'assaillir et d'enfoncer la droite française, de tourner Novi pendant que Bagration attaquerait la ville de front. Le généralissime croyait avoir 20.000 ennemis à combattre sur ce point.
Toutefois, aux pressantes demandes du général de Kray, il fallait obtempérer, tout de suite, sous peine de voir la droite des alliés anéantie ou tour-
Bataille de novi 369
née avant que de Mêlas ait paru devant Serravalle. Une colonne de grenadiers partit. Derfelden empêcha Souvarow de se mettre en tête.
Placé à la maison du Belveder, derrière Novi, Saint-Cyr pouvait voir de ce point tous les mouvements de Fennemi. .A huit heures, il faisait passer la réserve de cavalerie sur le plateau qui était derrière lui, la tassait plus à gauche, de manière à ce que Guérin, son chef, pût seconder, le cas échéant, les soldats du général Grouchy. « En même temps la 106'' de bataille se rangeait sur un long mamelon s'élevant à droite de Novi, et, de là, elle dominait toute la plaine ouverte entre Betole, Serravalle et TApennin; 4 pièces de canon flanquaient sa gauche, couvraient en quelque sorte la 3" demibrigade de bataille, puis les 3* et 18* régiments de cavalerie, ceux-ci appuyant leur droite au fossé d'une route reliant Novi k Gènes. Dans cette seconde position, défendue encore par 4 bouches à feu qui battaient parfaitement la première, on était resserré sur ce point et on avait à sa disposition toutes les troupes qui s'y trouvaient et qui, dans un instant, pouvaient être portées où le besoin l'exigeait ^ »
Là, Saint-Cyr se révélait comme un habile manœuvrier. Alors que Pérignon immobilisait Tartillerie de ses 2 divisions, il allait faire de la sienne le meilleur emploi. 11 avait, de plus, dans le courage de ses troupes une confiance qui manquait à Grouchy. En vérité, la division Watrin, composée des soldats de l'ancienne armée de Naples, était