Le perron de la Bourse
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vaste champ pour les conjurés qui attribucnL au Gouvernement français tous les désastres publics et particuliers, eiïets de la mauvaise foi di^ rusurier; et les coupables, après avoir oiifîinté tous les ressentiments, paraissent s'etonner que nous n'ayons pas conquis l'amour des peuples soumis à nos armes; ils onl {^ontlf? leurs âmes d'indijrnation, et pour nous persuader sans doute que la partie nWolutionnaire de Tltalie est indigoe d'un bon traitement, ils onl poursuivi le cours de leurs déprédations; ils sappnHent à le poursuivre dans Naples, dans Parme, dans le Piémont, la Toscane, parce que, apparemment, ils n'ont pas encore assez englouti de trésurs et parce que le Gouvenienient français n'est pas encore assex haï pour qu'on puisse compter sur un coup décisif,
« Dépouiller, vexer, colérer les Italiens, faire ce qu'on appelle ses affaires^ désigner, écarter, proscrire comme un sot, comme un imbécile, comme un être dangereux ci^lui qui ne /es faif pas et (jui se souille du crime d'empêcher les autres de les faire, voila le superbe système que j'ai trouvé eïi vigueur. »
Le ciloyen Joseph Fouchê, ambassadeur k Milan, pour la France, s'était, en mauvais exarque, livré aux pires abus. On dénonçait sa conduite el on demandait au Gouvernement de le rappeler. Quand, pressé dagir, le Direrloire reuilLiit, le 24 frimaire an \ni, im arrêté Texpulî^ant du territoire d<^ la République cisalpine, on lui réservait, à Paris, le posti^ de ministre de la police.
Son successeur, Fran<;ois Rivaud, ancien député de la Haute- Vienne, s'employait, le 3 ventôse, à
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dénoncer les abus commis autour de lui par le pouvoir militaire :
i* L'état des choses en ce pays, encore plus que la disposition a la guerre, m'avait fait sentir que je ne devais pas presser le m orne ut de faire présenter au peuple cisalpin sa Constitution K Et cela sera impossible tant que le chef de rétat-major et le général Poujet, qui eoninrandent à Milan, ne prendront conseil que des Porro, des Fan loin et surtout de Salvador, qui fut juré du tribunal révolutionnaire 9n France, après avoir été condamné ici aux galères et qui n'en est pas moins le conseiller intime de Tétat-major (où il a trouve asile contre Tordre de larrôter), comme il l'ut celui du général Brune.
« L'armée a des fournisseurs qui ont grand soin d'attirer à eux tous les fonds, mais qui ne trouvent presque jamais le moyen de faire leurs fournitures que par réquisition.^ sur les propriélaircïs, desquels ils peuvent racheter h vil prix les dilTérentes parties de ces fournitures. Ils ont trouvé un moyen de s'assurer un bénéfice considérable sur les achats de grains qu'ils peuvent faire en obtenant du général en chef une défense de laisser sortir du pays même le fromage. C'est en vain qu'on a voulu faire remarquer au général que lexcédent de la consommation du pays surpassait intiuiment les besoins de l'armée.
<( Des vexations d*un autre genre se joignent à celles-là et pèsent sans nécessité sur le trésor de la Cisalpine et sur les citoyens. Par exemple, on a
i. Aroh. nat. A F in, 12, Rel, ext.
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mis en réquisition tous les bateaux existant sur le. Pô et le Tésin, sans en excepter môme ceux qui font pour Tcitat le transport du sel, dont le monopole fait une branche importante du revenu de la République, évalué, malgré sa réduction, à plus de cinq millions. C'est en vain que le Directoire exécutin sollicite de l'état-major une exemption pour ciîKi bateaux seulement, bien marqués et patentés, pour prévenir Tabus et sans lesquels le peuple manquera de sel.
« Le domaine et les droits sur les consommations qui formaient ensemble, dans le revenu public, un revenu de dix-sept millions, sont sans aucun rapport par l'impunité des militaires qui servent de sauvegarde à la contrebande, au point qu'un seul, monté sur une voiture du pays, a le droit d'en empêcher la visite.
H Enfin, le logement des militaires est devenu dans Milan un moyen de vexation incroyable. Chaque général, de tout grade, à qui, dans le principe, un appartement suffirait, s'accommode à peine d'une maison ordinaire ; quelques-uns ont délogé les possesseurs. J'ai devant ma fenêtre un de ces loi^enients appartenant à un ci-devant prince de Belgioso^, dont le propriétaire a été obligé de rester à Fauberge avec ses gens; il est vrai que c'est un palais magnifique. A l'égard des grades inférieurs, la complaisance du commandant de la place est telle qu'on a vu ici 2.0U0 officiers logés chez riuibilant lorsqu'il n'y avait pas dans la place ^.UOU hommes de troupes, et remarquez que le plus
!. lie la République cisalpine.