Arch. Guerre, do Vienne. Dossier!». Pwcv
des Français faisait prendre au feld-maréchal Suvarow la résolution de rappeler la division du feld-maréchal-lieutenanl comte Bellegardo qui se trouvait près d'Acqui, d'abandonner à Tennemi les hauteurs de Novi et de concentrer toutes ses forces entre TOrba et la Scrivia.
Cette décision étant prise, le corps du feld-lieutenant-inaréchal baron de Kray se mettait en marche vers Fresonara. Dans ce bourg, il forma l'aile droite de Farmée alliée. Le centre était formé par les troupes impériales et royales russes du général Derfelden et l'aile gauche par le corps qui se trouvait près de Rivalta; et, après s'être assuré que Tennemi ne pouvait faire déboucher dans la plaine, toutes ses colonnes avec la même rapidité et dans un temps égal, il fut décidé qu'on les attaquerait avant leur réunion. En conséquence, le feld-lieutenant-maréchal baron Kray reçut l'ordre d'attaquer l'ennemi le 14 au matin, avec son corps, renforcé par la division Bellegarde. Mais la fatigue des troupes et la longueur des préparatifs nécessaires pour livrer combat forcèrent de remettre l'attaque au Jour suivant.
L'ennemi avait profilé de la journée du 14 pour rassembler ses colonnes et les placer dans une position si forte qu'elle était presque imprenable. Son aile gauche s'étendait jusqu'aux montagnes, près de Pasturana, protégée par un grand nombre de canons. Le centre tout entier se trouvait près les montagnes de Novi et Seravalle. Il devait couvrir la cité de Novi et les hauteurs immédiates. L'aile droite s'étendait depuis les montagnes jusqu'à Seravalle; elle était arrivée dans cette ville le 14 août.
Quoiqu'on eût, à la fin, décidé de ne pas empêcher la marche de l'ennemi vers la plaine, cela pour profiter d'un terrain favorable à l'artillerie et à la cavalerie, toutefois dans la crainte qu'il arrivât par la suite des événements fâcheux, le feld-maréchal décida qu'on attaquerait la position ennemie le 15.
D'après les dispositions prises, le feld-lieutenant-maréchal baron Kray, qui commandait l'aile droite de l'armée, devait attaquer l'aile gauche de l'ennemi et l'écarter pendant que 8 bataillons russes, laissant Novi à droite, menaceraient le
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flanc droit de Tennemi. Le corps d'année, campé à Rivalta, devait prendre aussi part à Tattaque en poussant quelques détachements sur le liane droit de Tennemi, sans cesser de m tenir en expectative pour assurer au besoin le résultat de Tattaque.
Le corps du feld-lieutenant-maréchal baron de Kray se mit en mouvement dans la soirée du 14 pour se trouver le lendemain, au lever du jour", en vue de Tennemi. Les avantpostes de Tennemi étaient, pendant la nuit, attaqués et repousses si loin par le colonel Dobay que, de bonne heure, le gros des deux partis se trouvèrent en présence.
Le feld-maréchal ordonna alors d'attaquer sur deux lignes. L'aile droite fut confiée au feld-maréchal-lieutenant comte Beilegarde; Taile gauche au feld-maréchal-lieutenant Ott. La cavalerie des deux ailes était placée sous le commandement du général-major comte Palfy.
Ce fut Taile droite, commandée par le feld-lieutenant-maréchal comte Bellegarde qui commença Tattaque; elle put s'eraprirer de bonnes positions prises par l'ennemi ; mais dans le moment où les troupes, électrisées par un premier suce es, voulaient encore avancer, le corps français qui se croyait seulement attaqué à son aile gauche, tira des troupes de sti droite et obligea le baron Kray à abandonner les positions conquises.
Penrlâut cette action, le corps impérial et royal russe, rondull par les généraux Bagration et Miloradowitch, était entré en ligne. Mais son action se limita à une attaque de front dirigée contre la ville de Novi et contre les hauteurs qui la couvrent. Le corps russe fut repoussé après avoir éprouvé de grosses pertes, et le corps du feld-lieutenant-maréchal baron Kray se vit obligé d'ajourner une attaque préparée et de garder le terrain qu'il occupait.
Comme le feld-maréchal reconnut la nécessité de renforcer les troupes engagées, on m'ordonna d'avancer au plus vite, avec le corps campé à Rivalta, pour favoriser une nouvelle attaque. Le corps laissé à Rivalta se composait de la division du feld-maréchal-lieutenant Frôhlich. D'abord, je disposai l'e corps en deux colonnes, la K' s'avancerait par la
rive gauche de la Scrivia; la 2* avancerait par la rive droite.
Les troupes impériales russes qui se trouvaient campées à Rival ta sous le commandement du général Derfelden furent envoyées à Novi pour appuyer Taction des autres troupes russes.
Pendant que je formais mes colonnes, le feld-lieutenantmaréchal baron Kray, appuyé par 2 bataillons russes, recommença Tattaqué; malgré toute la bravoure des soldats, il n'arriva point à s'emparer des hauteurs. Comme la seconde attaque des troupes russes avait été aussi repoussée, je reçus l'ordre, du feld-maréchal, d'avancer avec mes troupes contre Novi, de réunir aux miens les bataillons russes repoussés et de recommencer l'attaque, de front.
En observant les positions de l'ennemi, j'eus bientôt reconnu que son aile droite était, au centre, impossible à forcer. Alors, ne pouvant exécuter l'ordre reçu, je dirigeai seulement quelques bataillons sur Novi, et, du reste de ma division, je formai trois colonnes pour opérer dans le liane droit des Français.
Le général Nobili fut envoyé à Vignoleavec la \'^ colonne, pour observer la rive gauche de la Scrivia et délivrer la forteresse de Sera val le assiégée depuis deux jours et en tin occuper Arquata avec 1 bataillon. La 2" colonne, placée sous la direction du feld-maréchaUlieutenant Frôhlich, ayant les brigades Mitrowski, Lusignan et Landon, devait longer la rive droite de la Scrivia, et, après la réunion des troupes du général Nobili, s'avancer vers le chemin de Gavi pour couper la retraite à l'ennemi.
Le feld-maréchal ordonna la troisième attaque générale, et en vertu de cet ordre le feld-lieutenant-maréchal baron Kray ainsi que toutes les troupes russes se préparèrent à marcher. Mes colonnes avançant toujours vers les points que j'avais indiqués, le feld-maréchaUlieutenant Frôhlich se trouva engagé le premier avec l'ennemi. Le général Mitrowski, marchant contre le flanc droit de nos adversaires, s'empara des hauteurs les plus abruptes. Le général Landon, avec sa brigade de grenadiers, tournait le flanc droit de l'ennemi. La brigade du général comte Lusignan marchait sous un feu
terrible et prenait aussi des hauteurs. Le succès aurait été complet si le général Lusignan, après avoir reçu trois blessures et perdu son cheval, n'avait été fait prisonnier.
La colonne du centre, dont Je pris le commandement, attaqua de nouveau Tennemi qui s'était avancé jus(|u'au pied de la montagne. Avec le secours des troupes russes, nous refoulâmes les Français dans leur première position, ce qui permit aux autres colonnes de gagner aussi du terrain.
Le général prince Liechtenstein profita d'un moment favorable pour faire charger sa cavalerie ; il remporta de grands avantages sur Tenue mi. Lorsque ma colonne eut occupé une partie de la montagne, Je fis attaquer les hauteurs de Novi par le bataillon des grenadiers de Paar, lequel exécuta cette attaque sous mes yeux, en déployant la plus grande bravoure. Sous un feu roulant, il s'empara des hauteurs. Battu à son aile droite, l'ennemi se retira précipitamment par le chemin d'Ovada; et, comme le feld-lieutenant-maréchal baron Kray se trouvait, après notre succès, tout à fait dégagé, il recommençait l'attaque, avec avantage, cette fois.
Le commandant Devay, des hussards Archiduc-Joseph, le commandant Kees, des dragons impériaux, et le 3® bataillon Staray, placé sous les ordres du capitaine Pakony, qui avaient été employés depuis le commencement de l'action sur le flanc gauche de l'ennemi, tirèrent un grand profit de la confusion de celui-ci. En chargeant son arrière-garde, ils prirent 2.000 prisonniers avec le général Colli, plusieurs canons et voilures à munitions...
Mklas, Général de cavalerie.
Quartier générai île Felizzano, 20 août 1190.
JOUHNAL INÉDIT DE GIAMBONE^
(iènes était devenu h; dernier remparl, dans les Apennins, de l'armée d'Italie. Les événements qui s'y passèrent d'octobre à fin novembre 1799 ont été scrupuleusement notés par un témoin oculaire. Nous les donnons ici comme document :
« 2 OCTOBRE. — On dit que Goni (CuneoJ a été pris d'assaut par les Austro-Russes.
3. — Ce matin, mille soldats français, environ, sont entrés par la porte San-ïomaso et se sont divisés autour du fort de l'Eperon,^ San-Tecla, Camaldoni, etc. Un convoi a transporté des gros canons de la porte de Cariguano vers San- Tomaso. On dit que le prince Charles a jjris Manheim, sur le Rhin; on dit aussi que, sur la Rivière du Levant, les Austro- Russes sont arrivés. Depuis dîner sont entrés dans le port quelques petits bàliments chargés de vin et de grains; ils viennent du Ponente, ainsi que 500 Français.
4. — Ce matin, un petit bâtiment était sur la côte du Levant ; à midi, il n'y était plus.
5. — Aujourd'hui, les Français ont pris possession de la porte de l'Arco. Après dîner est sortie une proclamation du général Massol, commandant la Ligurie. Cette proclamation dit que les citoyens sont placés sous la sauvegarde de Tainiée française.
6. — Le Moniteur Liijuve d'hier confirme l'arrivée à Livourne du roi de Sardaigne et de sa famille. Le journal dit que les Français et les Hollandais ont plusieurs fois attaqué les Anglais en Hollande, sans résultat décisif. Hier sont passés à Seslri de Ponente 3.000 hommes environ. Français et Polonais, allant vers Gènes.
1. Ce manuscrit appartient à M. le prince d'Essling. Le texte de l'original est en Italien, que j*ai traduit.
4>it) APPENDICE
A midi, est sortie une proclamation annonçant une victoire du géDi'^ral Massena. Des grains sont arrivés de Grasse et du vin df* Marseille.
7- — ^ La nuit passée, 400 Français sont sortis par la porte de TArco. On dit que les Autrichiens ne sont plus à Novi. A dix heures, d**ux b:Uiments croisaient devant le Ponente ; plus tard, iwn .
8. — On a reçu une lettre, par la voie ordinaire, annonçant que les Autrichiens ne logent plus à Novi. A trois heures de Taprès-midi, une salve d'artillerie fut tirée pour célébi-er la vicloire dn général Massena ; les Français ont pris une colonne russf' vers Zurich; peu après est sortie une proclamation qui annonce que 2 généraux et un quartier-maître furent tuf\s, un général prisonnier et 20.000 Russes sont morts, blessiis ou prisonniers; on a pris 150 canons ou voitures, Ltj soir, une troupe de citoyens a parcouru la ville, bannières déployées.
0. — Aujourd'hui, proclamation du ministre de la police, qui ordonne aux citoyens d'illuminer, trois soirs de suite^ pour célébrer ïa victoire. Aujourd'hui, on a supprimé paie et pain à toui» les employés des deux hôpitaux pour cause d'indiscipline. Lp soir, manifestations dans la rue.
10. — L;i miil dernière, des Français et des Liguriens sont allés au Levant. Le soir, la cité fut illuminée.
iî. — Le.s Autrichiens sont rentrés de nouveau à Novi.
12. — Ui nuit dernière, La Gff/ca et d'autres bûtiments armés Sijut parlîs pour Camogli. Parterre, 1.500 Français, Polonais et Lî^uiieii^ sont allés vers Fontanabuona. Le soir, retour de La Gfifea avec les autres bateaux. 11 n'a paru qu'un bâtiment au l^evcint.
1:l — l.e matin, on voit plusieurs b.UimenIs de guerre au LevanL De neuf à dix heures, ils entrèrent dans le pori ; là, débarquèrent:j.500 hommes. Français, Polonais, Liguriens, qui revimaikMii du Levant sans avoir rien tenté. Sortie une proeJîuriiJitiMh annonçant l'arrivée de Bonaparte àFréjus.
H. - l^i'ocliimation annonçant une victoire des Français dans la réf^iou du Levant. Ils ont fait 800 prisonniers.
lo, — Autre proclamation disant qu'à Sarzana les Autiû-
chiens ont abandonné i .200 prisonniers. Les Français ayant pris le commissaire autrichien de Chiavari, Tont envoyé à Gênes. Sur mer, un bâtiment ligurien vient de capturer plusieurs bateaux ennemis chargés de provisions.
16. — Ce matin, salve de 16 coups de canon tirés dans le port pour fêter la prise des bâtiments ennemis. La flotte génoise va coopérer aux opérations des Français dans la Rivière du Levant. Le bruit court que le quartier général français sera établi à Nice.
17. — Le Moniteur Ligure annonce que les Anglais et les Russes ont été vaincus en Hollande; en une année, ils avaient attaqué et pris la place forte de Alkimaer et Horn.
18. — Hier, sont entrés parla porte de TArco 800 prisonniers autrichiens et plus de 2.000 Français.
19. — Proclamation annonçant une vict(»ire du général Championnet. Les prisonniers autrichiens sont retournés au Levant, par étapes.
20. — Le Moniteur Ligure annonce que Souvarow a «Hé blessé, a perdu un bras, et, sur son corps de 16.000 hommes, 10.000 sont restés prisonniers dans le canton suisse de Glarus. D'autre part, les Français ont réoccupé le Sainl-Gothard après la prise de Zurich.
2 i. — Aujourd'hui, réquisition de toutes les bêtes de bât.
22. — Ce matin, nouvelles réquisitions de chevaux, de mulets, d'ânes. Un seul bâtiment s'est montré au Levant. Tne proclamation dit qu*avec Bonaparte un ambassadeur turc a débarqué en France; cent navires suivaient Bonaparte.