‹ Les campagnes des armées françaises (1792-1815) [microform]Chapitre 14 sur 73 · LA DÉFENSE DES FRONTIÈRES · texte numérisé non relu

LA DÉFENSE DES FRONTIÈRES

blicain sur une stratégie surannée. Les jeunes chefs de la nouvelle armée allaient démontrer le sérieux de ces ^ phrases. Carnot sut les choisir et remplacer par eux l'ancien état-major presque exterminé; il sut aussi les écouter et les soutenir, même contre ses collègues du Comité. Les armées eurent, grâce hlui, des chefs tels que Pichegru, assez médiocre général, envieux et perfide, mais disciplinaire de premier ordre ; Jourdan, mercier à Limoges, chef d'un bataillon de volontaires nationaux, qui eut en l'an II sa belle année, et ne retrouva jamais plus son étoile de Wattignies et de Fleurus ; et bien audessus d'eux, Lazare Hoche, général de 25 ans, le génie le plus français de la Révolution, chef de guerre aux vues justes et rapides, grand entraîneur de troupes, capable d'être plus et mieux que cela et de devenir l'homme d'État de la jeune République, car lui seul parmi les militaires était de tète assez solide pour résister à la griserie des conquêtes illimitées et pour savoir poser des bornes, au nom de l'intérêt supérieur de la France et de la nouvelle religion des Droits de tJioinme. « Nous faisons une guerre d'imitations, disait Hoche, une guerre de marionnettes... Cessez de disperser vos forces, rassemblez-les en une masse imposante. )) Il faut ajouter que dans cet ordre d'idées, les paysans de la Vendée donnaient l'exemple aux jeunes généraux républicains : adroits tirailleurs, habiles à profiter du terrain pour faire tomber sur l'ennemi une pluie de balles, ils attendaient de l'avoir ébranlé par la fusillade, et l'écrasaient en le chargeant furieusement. Les brigands donnèrent aux républicains des leçons de guerre que ceux-ci mirent à profit contre la coalition.

La disjonction des Anglais et des Impériaux sur la frontière du Nord oflrit la première occasion d'une victoire.

Pendant que York et Cobourg séparaient leurs forces, le premier s'acheminant lentement vers Dunkerque, le second marchant sur le Quesnoy, les Français recevaient des renforts. Dès le 21 juillet, l'armée du Nord avait reçu

LES CAMPAGISES DES ARMfiES FRANÇAISES

21,000 hommes tirés des armées de la Moselle et des Ardennes. Le 10 août, Hoiichard remplaça Kilmainc à la tète de Tarmée. C'était un vieux soldat, brave, mais irrésolu, une sorte de Luckner. 11 fut toujours aiguillonné par les représentants, les ordres du Comité ou par ses aides de camp Vernon et Berthelmy. C'est ainsi que la décision prise de délivrer Dunkerque est une décision collective.

Le duc d'York avait mis le siège devant cette place le 23 août, avec 37,000 hommes protégés par le corps d'observation allemand de Frejtag. Hoche et Souham défendaient Dunkerqueavecénei'gie. L'inondation des environs, le manque de flottille de bombardement, les sorties de la garnison empêchèrent les Anglais d'agir vite. Les troupes de Ilouchard purent arriver à temps du camp de Cassel. Houchard marcha sur Dunkerque avec 22,000 hommes. Il avait le projet d'agir sur la gauche anglaise, de cerner et de couper York et Freytag. Pour cela il lallait s'emparer de Furnes, et avant tout déloger Freytag de ses positions à Ilondschoote. Le G septembre, Jourdan repoussa les avant-postes ennemis sur l'Yser. Mais la nuit suivante les alliés reprirent le village de Rexpoède : ils n'étaient nullement ébranlés et n'abandonnèrent pas Ilondschoote. Le 8, Houchard engagea toutes ses forces contre ce point important. Les Hanovriens, les Autrichiens et les Hessois firent une vaillante résistance, favorisés par la nature du terrain, coupé de digues, de fossés, de haies et de marécages. Enfin ils furent obligés de céder Ilondschoote avec une perte de 1,000 hommes; les Français se débandèrentet pillèrent au lieu de les poursuivre ; Houchard, toujours indécis, hésita à pousser sur Furnes ; "^ork eut le temps de lever le siège de Dunkerque et de se retirer le long de la cote. C'était de la part du général français une faute grave, et ce ne fut pas la seule. Le 13, Houchard se retournait contre le corps hollandais campé sur la Lys et s'emparait de Menin. Mais en même temps, il apprenait que, le 11, Cobourg

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