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LA DÉFENSE DES FRONTIÈRES

wick ne fit rien pour le stimuler. Au contraire, il lui conseilla de se contenter du blocus de Landau et de la prise de Fort-Vauban sur le Rhin. Les Impériaux enlevèrent le 14 novembre cette citadelle, dont la possession ne leur importait guère.

Pendant qu'ils piétinaient ainsi, les Français s'organisaient enfin pour la lutte. Le 2 novembre, Iloche vint prendre le commandement de l'armée de la Moselle. Il reçut comme renforts 8 bataillons de l'armée des Ardennés. Pichegru fut mis à la tète de l'armée du Rhin. Saint- Just et Lebas vinrent en Alsace faire marcher la Terreur et exécuter les ordres du Comité. Ils découvrirent à Strasbourg le complot ourdi par Wurmser et prononcèrent 70 condamnations à mort. Les Impériaux durent renoncer à entrer par trahison dans la capitale de l'Alsace. D'autre part, Brunswick ayant échoué dans un coup de main sur Bitche (17 novembre). Prussiens et Aul richiens resserrèrent leurs cantonnements pour conserver leurs communications et se replièrent les premiers sur FErbach, les autres sur la Moder.

Les républicains ne tardèrent pas à les attaquer. Le 17 novembre, Iloclie débouchait de la vallée de la Sarre avec 35,000 hommes, qui repoussèrent devant eux les premiers corps prussiens jusqu'au delà de Blieskastel. Le

fénéral français avait le projet de gagner l'extrême roite de l'ennemi et de le rejeter dans la vallée du Rhin. Mais il se trompa sur la véritable position de Brunswick, tâtonna et chercha pendant huit jours du côté de Pirmasens, tandis que Brunswick se retranchait à Kaiserslautern. Enfin, le 28, par un temps affreux et au milieu de chemins défoncés, Hoche essayait une attaque en trois colonnes sur les positions ennemies. Sa gauche seule fut engagée et repoussée, tandis que lui-même s'enlisait dans la boue des chemins. Le lendemain, l'attaque recommençait : cette fois, ce fut la gauche qui s'égara. Hoche échoua encore contre les positions solides et depuis longtemps étudiées du général prussien. Après une nouvelle

et inutile tentative, le 30, il se retira avec une perte de 3,000 hommes sur Deux-Ponts.

Cet échec instruisit Hoche et le détermina à combiner ses efforts avec ceux de l'armée du Rhin pour délivrer Landau, mouvement qui assura en dernier lieu le succès de la campagne. Il résolut de laisser la plus grande partie de son armée vers Deux-Ponts pour observer Brunswick, et de tomber avec 12,000 hommes sur la droite de Wurmser. Il attendit, pour s'engager, l'arrivée de 10,000 hommes de renfort, qui lui parvinrent le 19 décembre.

L'armée du Rhin facilita l'exécution du plan de Hoche en se liant plus étroitement avec l'armée de la Moselle. Depuis le 18 novembre, Pichegru et son lieutenantDesaix lançaient tous les jours leurs troupes à l'assaut des positions autrichiennes. C'étaient des luttes acharnées, très meurtrières pour les Français, souvent dépourvues de résultat visible, utiles en fait aux sans-culottes, car les troupes s'endurcissaient et se disciplinaient au feu du combat. Cependant Wurmser opposait derrière ses retranchements, de Reichshoffen à Bischwiller, une résistance opiniâtre. Le 9 décembre seulement, sa droite composée d'émigrés était forcée vers Reichshoffen. Le même jour Taponier, lieutenant de Hoche, apparaissait dans les Vosges vers Niederbronn, avec une avant-garde. Les deux armées françaises allaient désormais unir leurs

efforts.

Les alliés aperçurent le danger et ne surent pas le conjurer. Brunswick échelonna quelques corps dans les Vosges, tout en laissant la moitié de son armée à Kaiserslautern. Il semblait ne pas se soucier d'aider les Impériaux. Ceux-ci eurent bientôt à supporter le choc des deux armées républicaines. Hoche déboucha des Vosges le 22 décembre, accabh\ à Wœrth le corps autrichien de Hotzeet rejeta un corps prussien sur le col du Pigeonnier. Du coup Wurmser, craignant d'être coupé, ht retraite sur Wissembourg. Hoche proposa aux représen- . tants et à Pichegru de réunir les deux armées pour cnle-

ver aux Impériaux les derniers postes sur le territoire français et pour débloquer Landau. Pichegru, jaloux de la gloire de son collègue, et le soupçonneux Saint-Just, failliront faire avorter ce plan. Hoche offrait, dans un élan de patriotisme, de réaliser ses idées en sous-ordre, comme subordonné de Pichegru. Mais les représentants revinrent à une appréciation plus juste du mérite des généraux, et ce fut Hoche qui reçut le commandement suprême des deux armées {'2b décembre). Il ne perdit pas un instant pour attiiquer les Impériaux. Ses soldats étaient grisés par leurs rapides succès ; rien ne devait plus les arrêter jusqu'à Landau : « Landau ou la mort! w Hoche marcha le 26 sur le Geisberg et sur Wissembourg, et emporta aisément ces positions. Les Impériaux repassèrent la Lauter ; Landau fut débloqué le *28 décembre ; Wurmser reprocha ses déboires à Brunswick, Brunswick accusa la lenteur et l'incapacité de Wurmser : les Autrichiens franchirent le Rhin, les Prussiens se retirèrent »ur Mayence, et l'armée républicaine hiverna dans le Palatinat. La frontière d'Alsace était reconquise.

Sur les frontières moins menacées, l'effort des républicains était moins énergique et les succès se balançaient. Vers les Alpes, les rébellions de Lyon et de Toulon paralysèrent longtemps les deux armées des Alpes et du Var. Les Piémontais en profitèrent pour rentrer en Savoie (18 août). Kellermann les repoussa en septembre jusqu'à la crête des Alpes, à l'aide des gardes nationaux du Dauphiné. Sur le Var, l'armée était commandée par Dumerbion, vieux et faible, dont le plus énergique lieutenant, Dugommier, alla bientôt diriger le siège de Toulon. Les Piémontais parvinrent, en novembre, à couper la communication entre le centre et la gauche. Masséna se distingua alors pour la première fois. 11 délogea Pennemi de Gineste (29 novembre) et rétablit la communication interceptée.

Sur les Pyrénées, les Espagnols gardèrent la supériorité jusqu'à la fin de la campagne. Dagobert, vieux et

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