LYON, TOULON ET LA VENDÉE
* habitants se réfugièrent sur la flotte pour échapper aux vengeances des Jacobins. L'armée républicaine fit le 19 décembre son entrée à Toulon. Cette entrée donna le signal des exécutions et des mitraillades en masse.
Si graves qu'elles fussent, les rébellions de Lyon et de Toulon n'avaient pas mis en jeu l'avenir de la Révolution et l'existence de la République. Il n'en fut pas de même de l'insurrection catholique-royale delà Yendée^
Entre Nantes et Niort, Saumur et les Sables d'Olonne, dans le Bocage coupé de fossés, de haies vives et de chemins creux, et les Marais breton et poitevin couverts comme les polders d'un lacis de canaux et de rigoles, vivait en 1789 une population de mœurs simples, attachée avant tout a ses foyers et à ses prêtres, point antipathique à ses nobles, q\ii vivaient au milieu d'elle sans trop l'exploiter, et se contentaient, grâce au régime du métayage, de partager avec les cultivateurs les produits du sol. L'état social de ce peuple le destinait à être réfractaire à la Révolution. Il ne souffrait guère des abus de l'ancien régime, mais il souffrit des premières innovations, surtout lorsque la Constituante organisa civilement le clero-é. Pour les Vendéens, ou plus exactement pour les habitants du Poitou et de l'Anjou, le curé constitutionnel était l'envoyé du diable : ils lui firent mille misères, quand ils ne' tirèrent pas sur lui; ils regardèrent comme seule bonne la messe que le réfractaire leur disait dans les champs et dans les bois. En 1791 et en 1792, la guerre civile est à l'état latent dans l'Ouest : elle se révèle de temps à autre par des menées suspectes, des conciliabules de nobles, des rixes, des coups de fusil ; les esprits s'échauffent contre les patriotes ; les campagnes royalistes et religieuses s'ameutent partout contre les villes républicaines. Tout se prépare pour une lutte ou-
verte .
Le signal fut donné, non par l'exécution de Louis X\T,