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mais par la levée de 300 mille hommes, décrétée par la Convention, le 26 février 1793. Les gens de l'Ouest, fort braves chez eux, avaient aussi peu de goût pour le service militaire lointain que pour la messe constitulionlicile : la Convention les appelant aux frontières, ils pensèrent que, puisqu'il fallait se battre, mieux valait se battre en Vendée même contre les patriotes détestés ; chose facile alors, car la République n'avait d'antres forces dans rOuest que les gardes nationales urbaines et quelques brigades de gendarmerie. Des insurrections éclatèrent dans le courant de mars, partout où se faisaient les opérations de recrutement : les paysans du Bocage et du Marais dispersaient les autorités!^ les gardes nationaux, les gendarmes, s'emparaient des armes et des munitions, et gagnaient le premier fourré. Bientôt les républicains, bloqués dans les villes, leur laissèrent le champ libre dans les petites communes et dans les hameaux, où Tinsurgé vendéen continuait ii habiter tranquillement, quand il ne faisait pas le coup de feu. Le son du tocsin^ signe de la révolte, se propagea de paroisse en paroisse. La plus grave rébellion éclata le 10 mars, à Saint-Florent-sur-Loire, en Anjou. Chaque groupe de brigands, comme les appelaient les patriotes, se donna soîi chef sans s'inquiéter du groupe voisin ; et le chef n'eut point sur ses hommes l'autorité d'un commandant de troupes ordinaire. L'instinct démocratique était assez fort chez ces paysans d'ancien régime, puisqu'ils mirent à leur tête des paysans aussi bien que des nobles. Si les Maraichms reconnurent Tautorité du lieutenant de vaisseau Charette, les Angevins saluèrent avec enthousiasme le voiturier Cathelineau ; si les gens des Maucres obéirent à d Elbée et à Bonchamp, ceux du pays des Sables obéirent à Joly, d'autres suivirent le garde-chasse Stoiïlet. Tous ne demandaient que deux choses, qu'on ne les menât point à la frontière et qu'on leur permît d'entendre la messe qui leur plaisait. Ce n'est que dans l'esprit des chefs nobles ou prêtres, et notamment chez Bernier,