LYON, TOULON ET LA VENDÉE
Carte n° 3. — La Vendée.
deux reprises, le 30 juillet et le l i août, la petite division de 4,000 hommes commandée par Tuncq mettait en déroute à Luçon de forts rassembb'ments de Vendéens. Ceux-ci, occupés par la moisson, ne vengèrent pas ces défaites ; la division Tuncq s'avança jusqu'à Chantonnay. Mais elle était isolée et en grand danger en plein centre insurrectionnel.
Le nouveau Comité de salut public et la Convention prirent des mesures radicales pour guérir la plaie ven-
déenne. Le \^^ août, la Convention décréta une guerre d'extermination ; elle ordonna le transport rapide de 20,000 hommes de la garnison de Mayence en Vendée : elle constitua deux armées, une à Nantes, commandée par Canclaux, sous le nom d'armée des cotes de Brest, une autre à Saumur, commandée par Rossignol, sous le nom d'armée des cotes de La Rochelle. C'était une faute, car cette division de commandement favorisa les querelles et empêcha tout accord véritable dans les opérations. La faction hébcrtiste, qui trônait à Saumur, et dont Rossignol était l'agent inconscient, prétendit tout conduire, malgré la sottise bien connue et la scandaleuse conduite de ses meneurs.
Le 2 septembre, après l'arrivée de l'armée de Mayence, un conseil de guerre se réunit à Saumur pour fixer le plan de campagne. Sur l'avis de Canclaux, et malgré Rossignol, il fut décidé que la Vendée, attaquée concentriquement en partant de Nantes, de Saumur, des Sables et de Luçon, recevrait les principaux coups du coté de Nantes, d'où les Mayençais devaient déboucher avec l'armée des cotes de Brest. Cette armée devait se mettre en marche le 10 septembre sur trois colonnes. Les divisions des Sables et de Luçon prononceraient de suite leur mouvement. Celles de Saumur devaient marcher de l'avant dès que l'armée des cotes de Brest serait à Mortagne.
Ce plan pouvait réussir s'il demeurait secret, et s'il était exécuté loyalement par tous les chefs. Mais ni l'une ni l'autre de ces conditions ne fut remplie. Retirés dans leur repaire central, les royalistes n'ignoraient aucun des projets des républicains, tandis que les républicains ne soupçonnèrent jamais les leurs. Ils étaient sur leurs gardes contre les Mayençais et contre l'invasion projetée à Saumur. Ils commencèrent par écraser (5 septembre) la division imprudemment aventurée à Chantonnay. D'autre part, les conseillers de Rossignol, furieux de voir leurs plans rejetés, commirent une ineptie qui ressem-
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blait fort à une trahison : ils envoyèrent inopinément aux divisions des Sables et de Luron (15 septembre^ l'ordre de la retraite. Canclaux commençait alors ses opérations.
Mais l'armée des cotes de Brest, aventurée seule au sud de la Loire, fut accablée par toute la grande armée catholique-rovale. Les Mayencais refoulèrent d'abord les postes vendéens. Leur audace leur coûta cher. Kiebor et l'avant-garde furent presque cernés à Torfou (19 septembre), et ne durent leur salut qu'à la fermeté du général et au dévouement de Chevardin, commandant des chasseurs de Saône-et-Loire. Le 21, la colonne de Bevsser était h son tour mise en déroute à Montaigu ; Charette jetait ses prisonniers dans le puits du château. Le 22, la division des Sables, mise trop tard en mouvement, succombait aussi à Saint-Fulgent. De Saumur, Rossignol et ses lieutenants Santerre et Bonsin avaient tenté de marcher sur Cholet : ils furent arrêtés et mis en fuite, le 18, à Coron. Le plan de Saumur avait complètement échoué, malgré la valeur des Mayencais exposés un contre cinq aux coups des royalistes.
Les mauvaises nouvelles de l'Ouest exaspérèrent le Comité de salut public. Il prit encore des mesures violentes, parmi lesquelles une seule était bonne, la réunion des deux armées en une, sous le nom d'armée de l'Ouest. Mais il la mit sous les ordres de l'inepte Léchelle ; il fit l'épuration du haut commandement à tort et à travers, en rappelant pèle-mèle (Canclaux, Rossignol, Dubayet ; il fit signifier par la Convention aux généraux d'avoir à terminer la guerre avant le 20 octobre. Par toutes ses n^esures, il montrait qu'il n'entendait rien à la guerre de Vendée, V inexplicable Vendée, comme Barère lui-même la qualifiait du haut de la tribune.
Cependant, la ferme direction des chefs mayencais et particulièrement de Klebcr, ainsi que les talents du* jeune Marceau, neutralisèrent quelque temps les effets de l'incapacité de Léchelle, dont ils étaient les conseillers ordinaires. Les généraux républicains refirent un plan de