LYON, TOULON ET LA VENDÉE
concentration en pleine Vendée : les Mayencais partirent de Nantes et se dirigèrent vers Mortagne ; les divisions de Saumur et de Fontenay se réunirent sous les ordres de Chalbos, marchèrent sur Châtillon, prirent et brûlèrent ce centre de la révolte (10 octobre). Le 14, les colonnes mayençaises et saumuroises faisaient leur jonction. Ces marches, facilitées par les discordes des Vendéens, se firent sous les yeux de la grande armée catholiqueroyale rassemblée autour de Cholet. Les républicains entrèrent dans cette ville. Peu à peu, les Vendéens étaient poussés vers la Loire. Quelques-uns de leurs chefs, entre autres le prince de Talmont, voulaient la passer de suite pour porter la guerre en Bretagne, et pour entrer en communication au port de Granville avec les Anglais. C'est dans ce but que Talmont fit forcer et occuper, le 17, le poste de Varades, sur le fieuve. Toutefois, la plupart des chefs comprenaient que, hors de chez elle, la Vendée ne serait plus la Vendée : ils tentèrent un effort suprême en se jetant soudainement sur les lignes républicaines (17 octobre). Mais les soldats de Kleber n'étaient plus ceux de Berruyer et de Rossignol. Après une longue lutte soutenue par Beaupuy, la réserve mayençaise tomba sur les Vendéens déjà fatigués du combat ; puis la cavalerie donna à son tour et sabra ces masses confuses, peu habituées à la lutte en rangs serrés. D'Elbée, Bonchamp, Lescure furent grièvement ou mortellement frappés ; les Vendéens s'enfuirent vers Beaupréau ; c'était à qui arriverait le premier à Saint-Florentsur-Loire; le Heuve, dont les eaux étaient très basses, fut traversé le 18 et le 19 octobre par 80,000 individus, hommes, femmes et enfants, pressés de fuir leur pays ruiné et incendié, jetés sur la rive droite avec le vague espoir du soulèvement de la Bretagne et des secours de l'Angleterre. La Vendée était déracinée : la masse des exilés était vouée tôt ou tard à l'extermination.
Le moment fatal delà ruine fut retardé pour la grande armée catholique royale par les fausses mesures et la fai-