LYON, TOULON ET LA VENDÉE
blesse numérique des républicains. Sur la rive droite de la Loire, les Vendéens purent respirer : ils ne rencontrèrent d'abord aucune force capable de leur tenir tête. Ils nommèrent généralissime le jeune Henri de la Rochejaquelein à la place de d'Fllbée : ce généralissime ne dirigea point, et se contenta de suivre les indications de son conseil. 11 marcha sur Granville par Laval ; il occupa aisément cette dernière ville (23 octobre), et s'y arrêta pour faire reposer la tribu errante qui le suivait. Il espérait aussi, sur les assurances de Talmont, un soulèvement général du Maine et de la Bretagne. Les républicains, qui avaient perdu du temps à faire un long détour, les uns par Nantes, les autres par Angers, parurent enfin dans la vallée de la Mayenne. Le maladroit Léchelle fit tout ce qu'il fallait pour être battu : il fractionna ses troupes sur les deux rives de la Mayenne ; il les fit combattre en colonnes de marche au lieu de les déployer : il fut écrasé à Entrâmes (20 octobre) et rejeté sur Craon et Rennes. Cet échec eut au moins le résultat de faire destituer Léchelle, qui mourut de douleur peu après ; mais la faction hébertiste le fit remplacer par Rossignol, dont l'ignojance ne le cédait en rien à celle de Léchelle.
De leur coté, les Vendéens, après avoir reçu le renfort de quelques milliers de chouans de la Bretagne et du Maine, s'étaient portés sur Fougères (4 novembre). Si de Fougères ils avaient marché rapidement sur Granville, la place surprise tombait sans coup férir. Au lieu de se hâter, ils demeurèrent quatre jours à Fougères ; ils passèrent sans raison sérieuse par Dol et Pontorson en marchant sur Granville ; ce retard et ce circuit inutiles les perdirent. Lorsque après l'occupation d'Avranches ils arrivèrent devant Granville (14 novembre), la place était en mesure de les repousser : ils n'avaient aucun moyen de faire un siège régulier, et ne pouvaient compter que sur une surprise. Pourtant ils tentèrent Tescalade ; les républicains les repoussèrent avec perte.
Aucune flotte anglaise ne se montrait à l'horizon. Découragée, l'armée royale abandonna Granville. Tous les Vendéens, depuis les chefs jusqu'au dernier soldat, comprenaient la faute qu'on avait commise en passant la Loire ; tous voulaient rentrer chez eux. A Avranches éclata une mutinerie au seul bruit que certains chefs voulaient percer sur Caen. Tous, plutôt suivis que commandés par La Rochejaquelein, reprirent la route de la
Loire.
Comme pendant la marche sur Granville, ils passèrent par Pontorson et Dol. Les républicains, remis de la déroute d'Entrames, voulurent leur barrer la route. Le 20 novembre, au premier combat d'Antrain, les républicains ne se laissèrent pas entamer ; les Vendéens se rejetèrent en désordre vers Dol. Mais ils étaient réduits à la nécessité de s'ouvrir un passage coûte que coûte ; ils revinrent à la charge, tête baissée, sur les bataillons qui gardaient le pont d'Antrain (21 novembre) : les volontaires, pris d'une terreur panique, se sauvèrent malgré les cris et les menaces de Rossignol ; les républicains furent encore repoussés sur Rennes. L'armée royaliste se remit lentement en marche vers Angers ; la dernière panique de ses ennemis lui assura un repos de quinze
jours.
Enfin Rossignol, sentant son incapacité, donna sa démission en déclarant (ju'il n était pas /!... de commander une armée ; il fut remplacé provisoirement par Marceau, et celui-ci combina toutes les opérations avec Kleber. Toutes les forces au nord de la Loire furent concentrées dans leurs mains ; ils se préparèrent à donner le coup de grâce à la Vendée.
Encombrés par les voitures, les bagages, les femmes et les vieillards qui les suivaient, les royalistes ne parurent que le 4 décembre devant Angers. Cette fois, ils la trouvèrent bien gardée. Toute la ligne de la Loire était occupée fortement. En vain les Vendéens se heurtèrent aux murs d'Angers : ils échouèrent comme devant Graii-